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Le 22 septembre 2008

Un trop plein d’air dans une boîte de fer


Il faut absolument que je revienne sur ce qui s’est passé vendredi passé ! D’abord, le jeudi soir, j’allais souper chez mes parents qui revenaient d’un voyage en France. Ils ont bien aimé leur périple et m’ont raconté toutes les anecdotes possibles de leur parcours. Tout s’est bien passé, on s’est amusé, j’ai dormi là-bas et je me suis dit que pour le lendemain, j’allais me réveiller en même temps que mon père, histoire de ne pas prendre l’autobus. Cela me ferait gagner du temps et de l’argent.

Donc je me lève en ce beau vendredi matin qui annonçait une journée prometteuse. Je mange, ma mère s’en va travailler, puis mon père tarde un peu, comme d’habitude quoi ! Au final, il est huit heures lorsque l’on quitte la maison. Avant de passer la porte d’entrée, il me donne une mallette noire en me disant d’y faire bien attention, car c’est son portable du bureau. « Oui oui papa… » Mon dieu qu’il a peur qu’on brise son petit matériel lol. J’ai horreur que mon chum me dise que j’ai aussi ce côté de mon père ! (Je sais que c’est vrai en plus !) Bref… Mon père a une camionnette, donc il entre, j’entre de mon côté, puis là il me dit de mettre la mallette derrière mon banc. Donc j’avance mon banc, je pose la mallette derrière le banc et je recule le banc. Je m’assois. Et là, mes jambes arrivaient un peu trop collé dans le pare-brise, donc mon père me suggère de reculer mon banc pour avoir plus d’espace pour mes jambes. Je recule donc mon banc jusqu’à ce que j’entende un petit déclic, puis un « pssssshhhh ». Je regarde mon père avec effroi. C’est comme si on venait de lancer une grenade qui va exploser d’une seconde à l’autre. Mon père me fixe avec une incompréhension aussi identique que la mienne. Moi, je crois que je viens de briser quelque chose à l’intérieur de sa mallette de portable. Mais soudain, mon père se rend compte de ce qu’il s’agit et il hurle : « OUVRE LA PORTE DE LA VOITURE !!!!! », alors j’ouvre la porte, très surpris, ne sachant si je dois sortir moi aussi ou non. Je le vois lancer quelque chose dehors, mais mon temps de réaction est lent, car je cherche à comprendre et voir ce qu’il a lancé. Lorsque je le vois (et que je le sens !), je me mets à gueuler des « TABARNAK » et là mon père me hurle de fermer la porte. J’obéis.

Et là, mes yeux s’abaissent sur mes bras, mes jambes, mon corps en entier. Je me regarde même dans le rétroviseur. Je suis… orange fluo. Carrément. Mon visage est une pluie d’orange fluo sous lequel se cache mes yeux et ma bouche !! La boîte de la camionnette, surtout du côté passager, est complètement imbibée d’orange fluo. En reculant mon siège, j’ai percé une canette aérosol de peinture orange fluo. Mais bordel !!!!!!!! Qui garde une cannette aérosol derrière un siège, et je devrais même dire ; SOUS UN SIÈGE ! C’est comme chercher le trouble pour le plaisir !

Entk, je peux vous dire que du plaisir à laver, on en a eu en masse ! Ça nous a pris deux heures pour nettoyer tout ce qu’on a pu. Car il en reste et il en restera incontestablement ! Mes beaux jeans neufs étaient très sales. Heureusement, tout est parti. Par contre, mes souliers et mon sac à dos sont tachés à jamais. Et que dire du manteau que je portais lors de l’événement. C’était celui de mon chum bien sûr. J’ai eu beau frotter, les taches sont restées par endroits, comme incrustées dans le noir. Quand j’ai raconté l’histoire à mon chum, j’ai omis de dire que je portais son manteau. Puis, plus tard le lendemain, je lui ai demandé de me vendre son manteau. Je croyais que ça allait être plus difficile que ça, mais finalement, il me l’a laissé pour 40$. Quand je lui ai appris ce qui s’était passé, au moins, il ne pouvait pas chialer puisque c’était rendu mon manteau ! Belle ruse de ma part sur ce coup-là haha !

Mais bon, quel drôle de moment père/fils que nous avons vécu ce matin-là. Ça faisait longtemps que je n’avais pas partagé une folie du genre avec mon père. Même si je ne riais pas au début, j’ai fini par trouver ça cocasse et même hilarant. De voir notre expression en entendant ce petit déclic et cette sortie rapide d’air (qui annonçait la pluie de peinture !), ça valait presque le coup.

Sinon, sur une tout autre note, je viens d’envoyer mon premier chapitre de roman à mon ami Guillaume. Ce sera le premier qui va lire une petite partie de ce roman. Et je suis rempli de doutes quant à mon talent à raconter cette histoire. J’ai vraiment peur que mon ami trouve ça nul et que je suis vraiment dans une mauvaise passe, car je dois présenter l’histoire le 30 septembre… et écrire une nouvelle de 15 pages qui a du sens en une semaine… c’est quasiment impossible. Bref, je suis donc dans l’attente. Les prochaines semaines seront complètement folles. J’ai tant de travail à faire que je ne sais même pas comment je vais réussir à abattre tout ça en une seule session. Avec le travail de prof en plus (ça va très bien de ce côté-là, même si c’est très long préparer les cours), et le travail sur le web qui me prend beaucoup de temps (mais qui rapporte au moins !) ; j’ai l’impression que je n’aurai pas une minute à moi.

Ça tombe bien, j’ai décidé d’arrêter de boire de l’alcool la semaine. De même, je rererererearrête la cigarette. C’est vraiment un combat de tous les jours. Les jours de froids arrivent d’ailleurs, ce ne sera pas les « activités » intérieures qui vont me manquer, croyez-moi !

Maxime Collins, 22/09/08 20:20 PM



Le 15 septembre 2008

Une vie d'adulte


Eh bien ça y est. Je suis entré dans ma vie adulte, dans la vie que j’ai souvent regardé maintes fois dans mon adolescence avec une peur et un désir étrange. Aujourd’hui, j’accepte cette vie et ces nouveaux défis. Il n’y a pas à redire, elle me rend heureux, et ce, même si la richesse n’est pas au rendez-vous.

J’ai commencé à donner des cours en tant que professeur de français, et je me rends d’abord compte que cela est beaucoup plus difficile que je ne le croyais. D’abord, je dois vraiment réviser mon français, car malgré tout, je possède plusieurs lacunes qui sont compliquées à expliquer ici.

Reste que j’aime beaucoup mon rôle, cet espace de suprématie de la connaissance. Ça me plaît, ça me plaît surtout avec des anglais, car c’est comme si mes paroles étaient de l’encre. Elles sont importantes, je crois qu’elles restent imprégnées dans la tête de mes étudiants.

Je viens de terminer le premier jet de mon roman, présenté comme mémoire de création. Le doute m’assaille. On dit que c’est toujours ainsi. Le doute qui perturbe l’écrivain. J’ai écris quelque chose de très dramatique, et je me demande où est la lumière dans mon écriture. Certes, je la sens, elle est diffuse, mais elle est bien là. Dans mon roman, elle y est sous forme thématique, celle de l’amitié, puisque l’amour déçoit trop souvent. Mais au final, comme l’amour, l’amitié offre ses secrets bien dissimulés.

Me voilà grandissant dans la vie adulte. Je ne sais toujours pas ce que sera mon avenir, vers où je vais, comment je fais faire pour rembourser mes prêts, pour devenir un homme indépendant. Mais j’ai l’habitude de ne pas m’en faire, de tenir tête aux dettes, de me respecter dans mes désirs.

Pour l’instant, mes échéances sont bien précises. Terminer la correction de mon mémoire de création, commencer mon mémoire critique. Tout cela en continuant à travailler comme professeur, en suivant un cours de création pour la session, en travaillant aussi sur Internet, comme je l’ai toujours fait. Est-ce le reflet de ma vie pour toujours ? Je n’en sais rien. Quand je regarde les autres qui avancent si rapidement dans leurs cours de comptabilité, je me sens un peu vain, un peu vain dans ma situation précaire d’artiste, mais finalement, je me rends compte que je n’ai pas envie de plus. Que je suis prêt à accepter la difficulté d’avoir à bouclé certains mois, que mes finances soient comme la bourse, avec ses hauts et ses bas. Ça fait parti de la vie. Et je suppose que ça me construit.

Maxime Collins, 15/09/08 19:20 PM



Le 02 septembre 2008

La folie de la rentrée


Avez-vous remarqué qu’à chaque rentrée, on se dit toujours qu’on n’y arrivera pas. Que le lot de travail que l’on se met sur les épaules est juste trop immense et que la vie ne nous permettra plus un seul écart de temps libre avant la folie du mois de décembre. C’est vrai et c’est faux à la fois, car la plupart du temps, on se retrouve en janvier et on a accompli l’automne avec fierté, avec des prouesses assez « limites » parfois, mais on y est arrivé quand même. C’est un peu ce que je me dis pour ce qui m’arrive.

Je viens d’obtenir 2 contrats d’enseignement du français. C’est confirmé et officiel. J’aurais même pu en avoir 3, mais j’ai refusé le dernier, histoire de savoir d’abord si c’était vraiment ma branche. En y repensant, j’aurais dû en prendre juste un, pour ne pas avoir trop de pression au début. Too late. C’est trop tard pour revenir sur ma décision. Je donnerai donc des heures de cours le lundi et le mercredi. J’ai eu ma formation (au téléphone !) et c’est beaucoup à apprendre, mais comme je l’ai déjà dit, je m’y avance avec confiance, en souhaitant aimer cela, et pour la suite, eh bien on verra. Reste que cet emploi va un peu écorcher ma bourse. Je suppose qu’il faut faire des concessions parfois. Alors, on avisera en temps et lieu.

Là, je reviens tout juste de mon cours de création littéraire à l’université. C’est le dernier cours de ma formation. Disons que j’ai fait exprès l’année passée de ne pas suivre mon 3e cours afin d’avoir une formation de plus en création cette année. J’appréhendais un peu, puisque coûte que coûte, je n’ai pas le choix de suivre ce cours. Après avoir assisté au séminaire, je peux dire que j’ai bien fait mon choix (pour l’instant du moins !). Nous sommes une classe de douze étudiants. Sur le lot, j’en connais déjà trois qui ont déjà suivi des cours avec moi. Et je dois avouer aussi que je reste surpris ; il y a cinq hommes dans le cours ! D’ailleurs, il y en a un vraiment cute que j’ai regardé quelquefois dans les yeux lorsqu’il parlait haha ! Je me suis moi-même surpris à prendre la parole un peu plus qu’à mon habitude (je ne sais pas encore si c’est une bonne chose). Bref, un cours de création est tout de même beaucoup de travail, car ce n’est pas structuré comme un cours « normal ». J’ai un essai, un recueil de nouvelles et un roman à lire. Je dois tenir un carnet d’écriture. Il y aura des exercices d’écritures, et aussi 2 nouvelles à remettre. Le « problème » reste encore le même. Que faire ? Des nouvelles inédites ? Ou me servir des nouvelles que je compte présenter dans mon mémoire, histoire de les retravailler encore plus et d’en obtenir une qualité encore plus intéressante. Je reste en réflexion pour l’instant. J’aimerais quand même bien avoir un avis extérieur, autre que celui de ma directrice de mémoire, sur mes écrits que je compte insérer dans mon mémoire. À suivre donc…

Dans ce cours, j’ai même reconnu un visage qui m’a souri. Une fille, avec qui je crois à 95% que j’ai suivi un cours de Rabelais avec elle lors de mon voyage à Aix-en-Provence ! Ce sera à confirmer au prochain cours, je n’ai pas eu l’occasion de lui parler ce soir. C’était « drôle » de revoir ce visage, de repenser encore une fois aux études en France, de me rendre compte que le périple est loin, très loin déjà. L’Europe me manque, c’est fou.

Et dans tous ces événements, prendre conscience que je vieillis, que ce n’est plus l’heure de devenir adulte, car cette heure est déjà là depuis un bon moment. Une saison qui s’annonce occupée donc, et j’espère être à la hauteur. Pour l’instant, je bois un verre, histoire d’arrêter d’escalader l’ivresse de la nouvelle rentrée 2008.

Je prépare déjà mon horaire mentalement ; lundi : enseignement. Mardi : cours de création. Mercredi : enseignement. Jeudi et vendredi : travail mémoire. Samedi et dimanche : vivre un peu, tout en préparant mes cours. Il faut aussi ajouter mon 2e travail que j’ai délaissé un peu à cause de la rentrée, mais il ne m’a jamais autant rapporté depuis !

Je ne peux pas dire que je suis angoissé. Si je regarde l’an dernier, à pareille date, j’étais dans une tristesse confuse, célibataire, récemment seul en appartement, pas prêt du tout à affronter le monstre de la littérature. Aujourd’hui, je me sens un peu plus mature, j’accepte l’arrivée de ces nouveaux défis avec un grain de sel, mais toujours avec un sérieux honnête. J’ai presque hâte au mois de janvier pour voir comment je m’en suis sorti.

Maxime Collins, 02/09/08 10:00 PM