Eh bien ça y est. J’en suis à quelques heures à peine avant de prendre un avion, de traverser l’océan et d’aller voir si je peux me reconstruire ailleurs. Les derniers jours ont été étranges, et lorsque j’y repense, je n’ai que des images de notre intimité. Comme si parce que les heures étaient comptées, je me devais de me rapprocher de lui, avant de l’oublier pour de bon, avant de dire au revoir pour de bon. Avant de dire adieu. Adieu à son corps, adieu à ses yeux, adieu à ses yeux, adieu à son sexe.
Nous nous sommes retrouvés au lit durant les trois derniers jours, à faire l’amour sauvagement, comme si nous étions des bêtes. À faire l’amour comme si l’apocalypse arrivait. Mais tout ça, c’est dans ma tête, dans ma réinterprétation des choses, car je sais bien que ça ne devait pas être aussi intense pour lui. J’ai la mauvaise habitude de tout vivre à l’extrême, dont les ruptures de couple. Une petite minute, collés par ici, coucher dans le même lit par-là, se sourire, rire, s’embrasser, même s’il se détachait, même s’il m’a lancé dans le feu de l’action qu’on n’embrassait pas les gens comme moi.
Fin de parcours. Fin de l’histoire. Hier, j’ai fais une réunion pour remettre mon dernier roman. Avec les amis proches, et au final, la soirée s’est bien passée, et même si 3 personnes ne pouvaient pas venir, elles se sont arrangées pour passer faire un tour. Et de voir Thomas, qui me dit qu’il ne sait plus quoi me dire pour que j’oublie mon ex. Moi non plus je ne sais plus quoi me dire, je ne sais plus quoi me faire. Alors je pars. Je quitte. J’espère. J’espère fortement que ces deux semaines seront salvatrices. Je sais qu’elles n’arrangeront pas tout, mais au moins, j’espère que je vais l’oublier un peu plus.
Je lui avais envoyé mon roman par courriel. Et j’ai vu qu’il l’avait supprimé. Directement dans la poubelle de son compte. Et hier, comme ça ne faisait pas son affaire que je reçoive des gens pendant sa semaine d’examen à l’école, il a lancé sur msn : « Y’en a marre des connards. » Et moi, de répondre, en ne sachant pas que je suis visé. Moi, de l’encourager dans ses études, d’avoir encore cette foutue affection pour lui. Il m’a avoué qu’il me visait quand je lui ai demandé ce qui s’était passé. Je ne l’ai pas mal pris. Ça fait partie de ses sautes d’humeurs. Ça ne m’a pas fait grand-chose en fait. Ce mec ne me mérite pas, ne me respecte pas. Et on dirait que c’est plus fort que moi. Plus on se fait repousser, plus on court vers ceux qui nous rejettent. Stupidité de la vie.
Dans moins de 24 heures, je serai livré à l’inconnu. Seul. Et même si j’appréhende ce choc, je sais qu’il m’est nécessaire. Mais je ne peux m’empêcher de me souvenir de mon dernier départ vers la France. En 2005. Alors que notre histoire ne faisait que commencer, alors qu’il était venu avec moi à l’aéroport, pour me serrer dans ses bras, pour me dire : « J’ai confiance en toi. » 4 petits mots qui m’avaient fait fondre en larmes. Les temps changent. Les temps changent et on ne change pas.
Il m’a encore répété combien il aimait passer du temps avec son nouveau mec, combien il s’accrochait à leur histoire, combien je me faisais mal, là, à le coller, à vouloir le serrer dans mes bras. Mais que puis-je y faire ? Je pars. Voilà. C’est ma seule et unique solution pour tenter de régler mon problème. Car oui, c’est uniquement mon problème. Peu importe qui nous entoure. On est toujours seul dans la vie.
Le 24 octobre 2009
Pas encore
Eh non, pas encore fait le deuil. Chaque fois que je le vois sous mes yeux, c’est comme si c’était plus fort que moi, il faut que l’amour renaisse dans mon cœur. Et pourtant, chaque geste amoureux est repoussé avec vigueur. Il me dit que je devrais cesser tout sentiment. Qu’il serait génial de baiser avec moi si je n’avais aucune attache. Ce serait tellement plus facile. Plus facile pour lui. Parce qu’il ne verrait pas mes larmes.
J’ai rencontré un Luc II ce soit. Je n’aime pas comparer les gens, mais ils ont les mêmes intérêts, ils se ressemblent, ils pourraient me faire craquer tous les deux. Et pourtant, si j’avais à choisir, je reviendrais vers lui, à coup sûr, malgré la douleur qui pourrait s’en suivre.
Beaucoup de blabla avec lui. Il m’a dit qu’il me voulait vraiment la première fois. J’étais comme un défi pour lui. Différent des autres mecs. Différents aussi parce que je proclamais ma bisexualité. Un défi. Voilà ce que j’étais. Je lui ai demandé pourquoi il était revenu avec moi après 2 ans alors. Il m’a dit que c’était parce qu’il sentait que ce n’était pas fini, qu’il avait encore un manque de moi physiquement. Et de le voir prononcer : « C’était juste sexuel finalement. » Allez. Tape sur le marteau. Enfonce le clou dans ma tête. En l’observant ce soir, je l’imaginais souvent avec une balle en pleine tête. Une tache rouge sur son chandail blanc. Tuer par-derrière. Il me semble que ce serait moins souffrant de le voir mort que de le voir vivre sous mes yeux, mais sans moi.
La mort, je n’en ai pas envie. Je veux continuer à vivre. J’ai peut-être beaucoup trop d’espoir sur mes deux semaines en Europe. Je songe déjà à l’oublier. Après ce voyage. Comme s’il était un inconnu. Mais il ne faut pas que je me fasse trop d’idées. Il me dit que lui ne changera pas. Que ce sera à moi de changer. Je lui ai dit que je le souhaitais. C’est fou comme des fois la douleur pourrait être moindre si l’autre se faisait tuer devant nos yeux. Si l’autre arrêtait de respirer. On pourrait garder le souvenir intact. Se souvenir de ces moments flash; un premier baiser dans une cour d’école, un premier rendez-vous officiel pour faire l’amour, un premier départ déchirant, une première retrouvaille magique. Tous les souvenirs à tuer. Tout le passé à effacer. Je ne vais pas bien. Je ne vais pas bien et j’en parle très peu aux gens autour de moi. À la question : « Ça va ? », je réponds toujours « Super. » Même mes parents ne savent pas ce que je vis. Je ne veux pas me sentir pathétique, me répéter sur une histoire déjà morte depuis 2 ans.
Hier, une soirée ensemble. À faire tout pour oublier. À faire tout pour éviter de voir la réalité en face. Mushrooms, cachets, relaxant musculaire, joints… Tout pour se brouiller, tout pour éviter de voir la réalité, de l’avoir en pleine face. 2009 n’aura pas été très très lumineux pour moi au final. Il y a des années comme ça, je suppose.
Hâte de partir. Peur aussi. Mais hâte. Hâte de ne plus avoir le choix. De devoir me dire qu’il est à 10 000 km de moi. Qu’il n’y a aucune possibilité de le surprendre nu. De rire avec lui. D’observer son corps. De vouloir son sexe. Il m’a dit qu’il ne croyait pas à l’amour. Qu’il n’avait jamais ressenti cette sensation d’être seulement complet grâce à l’autre. Il sera probablement malheureux toute sa vie. Mais pour l’instant, c’est moi qui souffre.
Le 20 octobre 2009
The End of love
On y arrive. Tranquillement. La fin de l’amour, la fin du couple. Même l’excitation s’affaiblit. Je lui ai demandé comment il pouvait effacer les 4 dernières années aussi facilement. Il m’a répondu avec précision, faisant un portrait parfait de moi. Moi, je vis dans le passé. Mais je vis dans un passé recomposé. Ce ne sont pas les événements du passé qui m’intéressent, mais plutôt ma réinterprétation de ceux-ci. Et il plonge dans le mille. Même mes écrits sont une réinterprétation de ce que j’ai ressenti ou de ce que j’ai vécu comme émotion. Le premier amour, le trio, la première blonde, les rencontres décisives; tout est vicié. Tout est vicié par mon interprétation des choses. Je vis dans un roman, je fais de ma vie le roman que j’aimerais bien. Je ne m’accroche pas aux événements, je m’accroche à mes perceptions. Voilà pourquoi il m’est si difficile de me détacher de mon ex. Je ne vis pas notre présent, je suis constamment dans les souvenirs heureux du passé, dans les souvenirs qui sont tellement heureux qu’ils me font mal, car je ne comprends pas pourquoi ce n’est plus ainsi. Mais voilà la vérité, ça n’a jamais été ainsi. Chaque pensée du passé est une idéalisation de mes perceptions, de mes réactions. Je suis l’ombre de moi-même, car j’ai beau me souvenir, je n’arrive jamais à vivre le moment. Et même quand je le vis, lorsque j’y reviens, j’y fabule des choses, des émotions, des fausses vérités de la vie.
Il m’a dit que ce n’était pas facile tous les jours, mais que l’évidence était venue d’elle-même. Il était prêt à passer à autre chose, à vivre autre chose avec quelqu’un d’autre. Je ne crois pas être aussi prêt que lui, mais c’est surtout parce que je me rappelle le Luc des débuts, celui que j’aimais vraiment, celui qui était mon complice, et non mon ennemi. Il m’a demandé de revenir vers 10h30 ce soir. Pas avant. Pour pouvoir avoir le temps de baiser avec l’autre. De faire l’amour devrais-je dire. J’ai accepté la demande. Qu’est-ce que je peux bien y faire ? Lui mettre des bâtons dans les roues ne servira à rien. Je ne peux qu’accepter. Pas pour lui faire plaisir. Non. Simplement pour me libérer un peu plus. M’éloigner encore un peu. Pour peut-être me lever un matin, et me dire officiellement que j’ai fini de souffrir, que c’est terminé pour de bon.
Je pars dans moins de 10 jours. Et je sais très bien que ce sera le grand trait sous le mot « fin ». L’envie de vivre avec lui est de moins en moins présente. Plus envie de chercher des indices, plus envie d’attendre son retour, plus envie d’avoir ces discussions où il me dit comment son nouvel homme aime se faire mettre, ne plus voir cette fierté dans ses yeux, cette fierté d’être libre, de pouvoir faire ce qu’il veut sans se « rapporter » à moi. C’est comme si j’étais sa prison, c’est comme s’il avait décidé de voler la clé de sa cellule pour s’en aller. Et chaque jour qui passe le fait partir un peu plus. Pourtant, le voir vivre sous mes yeux le ramène sans cesse dans ma tête. Il est passé à autre chose, c’est à mon tour de faire de même. Qu’est-ce qui sera le détail ultime qui me fera sauter l’obstacle de la perte ? Seul l’avenir le dira. Et un jour, je regarderai en arrière, et je verrai ce que j’ai vu pour tous les autres; des souvenirs réinterprétés, des moments qui me reviennent en tête, des trucs que je modifie consciemment ou inconsciemment; le roman qui poursuit son cours. Et il y aura peut-être une autre personne. Quelques années de bonheur. Une autre rupture. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que le livre de ma vie se referme. Et quand je regarderai vers l’arrière, ces torrents de larmes me paraîtront peut-être idiots. Mais j’y verrai surtout de la naïveté, de l’inexpérience.
Pour l’instant, je verse encore quelques larmes chaque jour. Ça surprend comme une vague inattendue. Ça dure parfois quelques minutes, d’autres fois quelques secondes. Je me suis fait larguer. La vie continue quand même. Et il faut que je cesse de me détruire pour me punir de ne pas avoir réussi à garder l’homme aimé près de moi. Cette boule à travers la gorge, j’ai tellement hâte qu’elle s’effrite, qu’elle se désintègre. Mais je sais que ça ne se fera pas tout seul. Je sais bien que tant que je le verrai vivre sous mes yeux, il y aura toujours une part de mélancolie, de nostalgie.
Ça prend parfois des semaines, voire des mois pour construire un couple stable. Ça prend une simple seconde pour que tout s’écroule, pour que tous les efforts soient annulés. Je crois que je m’en veux d’avoir fait tant d’efforts, tant de compromis et de sacrifices pour en arriver là. Je ne peux m’en prendre qu’à moi-même, et pourtant, je n’ai pas le regret d’être revenu avec lui, il y a deux ans, le 12 novembre, jour de ma fête. Cette année, le 12 novembre, je le vivrai entre deux océans. Je ne sais pas encore si je vais être heureux ou triste. J’espère seulement être en paix avec moi-même, avoir compris que c’est lui qui a pris la bonne décision, que nous, ce n’était pas ça, ce n’était pas sain, ce n’était plus le nous d’autrefois.
Tout ce que je souhaite au fond, c’est être heureux et être moi-même, dans un couple rempli d’amour, de conversation et de bonne entente. Mais n’est-ce pas le rêve de tous ? Un jour peut-être, un jour la bonne personne sera là, à m’attendre, à me surprendre, à me comprendre. Ou peut-être que c’est une utopie. Combien d’amour faut-il vivre avant de se rendre compte qu’on a perdu le seul vrai amour de notre vie ? J’espère seulement que ce n’était pas lui.
Le 19 octobre 2009
Comme si de rien n'était (Soundtrack)
Pour ceux que ça intéressent, voici les pièces musicales associées aux chapitres de mon nouveau roman "Comme si de rien n'était".
Oui, ça sonne très dramatique, comme le texte en tant que tel !
Le 18 octobre 2009
Le coeur qui saute un battement
Plus les jours avancent, et plus je me perds. Encore et toujours dans un tourbillon artificiel. Si je me voyais. Si je pouvais m’observer de loin pendant ces moments d’étourdissements. Peut-être que je me rendrais compte que la vie a pris une tournure un peu sombre pour moi. Peut-être qu’il serait temps que je me rende à l’évidence, que je cesse de repousser le moment fatidique. Hier soir, son homme est venu le chercher en auto. Il lui avait fait une part de tarte au chocolat. Il est rentré dans la voiture. Ils se sont embrassés. Et je regarde la scène. Et je vois la naissance de cet amour, et la perte de la nôtre, comme la soie qui file au vent et que l’on ne peut rattraper. Une caresse du bout des doigts, envolée. Il y a des décisions à prendre. Je ne veux pas les prendre, mais je pense que je vais bientôt devoir le faire pour ma santé mentale. Parce que j’ai l’impression de continuer à vivre avec quelqu’un qui est mort. Toujours à la recherche de la complicité, à la recherche du petit quelque chose qui pourrait me faire penser qu’il fait un geste de bonté, qu’il ne profite pas de moi. Mais je m’aveugle, les yeux pleins de larmes, mais aussi la tête remplie de mensonges.
Je compte les jours. Les jours avant la séparation. Celle où je prendrai un avion. Où j’installerai une distance de deux semaines entre nous. Où ensuite, plus rien ne sera comme avant. Deux semaines c’est court, mais en amour, ça peut tout changer. La route sera froide, peut-être glaciale, mais je suis au pied du mur, il faut que je l’emprunte. Il faut que cesse de me retourner sur mon épaule, de voir l’homme que j’ai aimé, l’homme que j’aime encore. Ça fait trop mal. Tout fait trop mal.
Petite fête entre amis hier soir. Annie et moi, sur le divan, à boire et à attendre les invités. 3h30 à parler, à parler du futur, à discuter de nos appréhensions, des vides dans nos vies, de ce qui nous manque, de nos peurs et de nos regrets. Arrivée des premiers invités vers 10h. Et en cinq minutes, tout le monde était là. Remplir la cuisine. Entendre des rires, de la joie, des conversations. Retour de mon ex vers 10h30. Il était seulement allé souper finalement. Et faire autre chose bien sûr… Mais il disparait bien vite dans son bureau. Je laisse aller. Mais viens un moment où je vais le voir, où je lui demande ce qui ne va pas. Il ne dit rien, mais je sens qu’il se sent à part, et moi, je lui dis qu’il est le bienvenu, qu’il peut venir, car je l’aime, car comme un idiot je ferais tout pour le rendre heureux. Il dit qu’il va y penser. Et je le laisse là. Mais il finit par se pointer, par boire mon alcool, par fumer le joint des autres. Et moi, à moitié saoul, je lui mets une main dans les cheveux, je ris de bon cœur avec lui, comme avant. Comme si c’était une soirée comme les autres où on était toujours un couple. Au coin de sa chambre, baisé volé. Et encore ce sentiment d’euphorie; repousser la petite voix qui me dit que tout ça n’est plus, que ce n’est pas réel, tout est une illusion.
Soirée au final bien amusante avec les amis. On était avec les gens que j’avais envie de voir. Tant mieux que les autres ne soient pas venus. C’était parfait ainsi. Mais il y a toujours des petits moments échappés, des trucs qui nous reviennent en tête le lendemain. Aller aux toilettes à trois. Sentir les mains de mon ex et y distinguer l’odeur de sexe de son mec. Acheter des champignons magiques pour s’étourdir davantage. Chaque rupture semble me ramener dans un mode adolescent, dans le mode « détruisons-nous pour éviter de ressentir la douleur et le mal ». Ou pour s’en infliger encore davantage.
Mon ex sera probablement très choqué à son retour ce soir. Et ça, c’est s’il revient ici ce soir. Il m’avait fait jurer que la fête se terminerait à minuit, car il travaillait le lendemain. La sauce a été étirée jusqu’à une heure du matin. Ce n’est pas si évident que ça « mettre les gens dehors ». Je lui ai écrit un courriel (pour m’excuser, encore et toujours m’excuser, je suis presque rendu à m’excuser de vivre devant lui). Je n’ai pas eu de réponse. Je n’en aurai probablement pas non plus. En fait, chaque petite déception que je lui cause lui donne une arme supplémentaire pour me détester encore plus. Et en me détestant, peut-être qu’il va y arriver, peut-être qu’il va tellement être désagréable avec moi que je vais commencer à le haïr à mon tour. Peut-être qu’un jour on éteindra réellement les dernières braises dans la cendre.
Le 14 octobre 2009
Mon ex-copine dort dans mon lit
Mon Dieu que c’est étrange la vie. Le simple fait de réunir des personnes différentes au même endroit, c’est juste trop weird. Oui, mon ex-blonde dort présentement dans mon lit. Non, il ne s’est rien passé. Outre les moments étranges quand j’ai dit : « Luc voici Tania. Tania, Luc. » Et de les voir se saluer, poliment. « Frisson dans le dos ». Ne pas savoir quoi faire. Aller voir Luc pour passer un peu de temps encore, pour prendre de ses nouvelles, le questionner, en faire une obsession. Ou rester avec Tania, assise sur le divan, qui m’attend pour rire. Je choisis Luc, car je sais qu’il ne fait que prendre quelques trucs pour partir voir son mec. Coup de poignard dans le cœur. Ça me tue toujours autant. Malgré la scène qu’il m’a faite cet avant-midi. Il pensait que j’avais mangé sa pointe de pizza dans le frigo. Mais il n’a pas ouvert les yeux. La veille, je lui avais cuisiné un gâteau aux bananes. Je lui en avais laissé une part sur son bureau. Et de voir mon gâteau intact, remis sur le comptoir, avec ma note écrite, complètement barbouillée, pour lire plus bas : « Calice ! Tu as mangé ma pizza ! »… J’ai trouvé ça injuste. Injuste parce que je n’avais rien fait. Injuste qu’il ait laissé mon gâteau là, comme pour me faire mal, comme par vengeance parce que j’avais mangé sa pointe de pizza… Bref…
Mon ex-copine est arrivée vers 17 h. Bon souper, bon vin, bonnes discussions. Un peu de passé. Un peu de reproches, mais pas tant que ça. On commence à être capable de parler ouvertement de nos couples. On revient légèrement sur notre trio. Très légèrement. Je trouve quand même étrange que je la voie là, et que dans 2 semaines, je verrai Sébastien en France. Trio réuni, mais pas en même temps.
C’était tellement étrange. Tellement étrange. Luc qui entre dans l’appart. Qui vient chercher quelques trucs avant de retourner chez son mec. Lui présenter Tania, mon ex-blonde. Il ne s’était jamais vu. Et là je me rends compte que ce sont finalement deux exs que je présente. Malaise. Mais encore plus un malaise pour moi. Moi qui reste accroché à Luc. Qui n’a envie que de lui. Qui est convaincu maintenant que pour moi, ce sont les hommes qui m’intéressent. C’est comme ça, je n’y peux rien du tout.
J’ai suivi Luc… il y avait un malaise… et tout ce que j’avais envie, c’était de rester accroché à lui. Je ne voulais pas qu’il parte. Je ne voulais pas qu’il aille rejoindre l’autre. Arg. Je suis frustré contre moi. Je m’ennuie de lui. Encore. Comme un Con, oui je sais. C’est vraiment dur sérieusement. Plus dur que je pensais même. Bref…
Le 12 octobre 2009
De la haine
quelques segments de ce texte ont été censurés
Je le dis. On ne s’aime plus. On s’attache à la personne avec qui l’on a vécu. Avec qui on a dressé une quotidienneté, avec qui on a vécu les vas et viens de la vie. Sans ça, il n’y a rien. J’écoutais Tout le monde en parle dimanche soir, et je trouvais que les citations de F. Beigbeder étaient réelles. Le désir est quelque chose de volatile. On ne peut pas avoir le désir et l’amour à la fois. Le désir est quelque chose qui nous échappe. Quelque chose qui s’échappe, un impossible à atteindre. On ressent le désir quand l’autre nous fuit. Si l’on est en couple avec ce dernier, si on vit une relation amoureuse, le désir s’estompe automatiquement, parce que l’autre est acquis. Bon Dieu que le moment où je vivrai avec mon prochain amour semble loin. C’est comme un but irréalisable. J’aimerais bien rencontrer quelqu’un qui préfère garder son appart, son intimité. Ça aiderait à augmenter le désir, à vivre vraiment un amour puissant. Il n’y a plus d’amour dans ma vie, pas même de l’espoir.
Le 08 octobre 2009
Puisqu'on est condamné
Je ne vais pas bien. Encore. L’alcool est un fleuve, je navigue sur cette eau empoisonnée. Et chaque fois que l’ivresse s’amène, c’est la tristesse, les pleurs, l’incompréhension. Impression d’être devenu un bibelot dans l’appartement. Le chat reçoit plus d’attention que moi. Tout ça me donne envie de disparaitre, de continuer à maigrir continuellement, pour me faire de plus en plus petit, pour m’effacer pour me protéger de la douleur toujours constante de la perte de l’amour. Même si les amis sont parfois là, ils ne sont pas assez forts pour repousser ce mal-être dans ma peau.
Un mois déjà. Un mois passé, où le matin du 7 septembre, j’ai tenté de le prendre dans mes bras dans notre lit, mais il m’a repoussé pour m’annoncer notre fin. Un mois à broyer du noir, à me détruire un peu plus chaque jour, à espérer un miracle vainc. Je ne suis plus aimé. Je ne suis plus aimé par celui que j’aime. C’est perdu. Pour de bon. Pas de retour en arrière. Anéanti.
Je me rappelle, il y a un peu plus d’un mois. Une nuit chez les beaux-parents, alors que j’avais tout plein de projets. Le mémoire, la job du net, l’enseignement, la correction du gouvernement. Tout arrivait en même temps. Tout me submergeait à la fois. Mais l’impression de vivre comme jamais était là. J’ai passé une nuit blanche, à atteindre que le soleil se lève, à travailler sur mon roman, à réviser des corrections. Quand l’aube est arrivée, je suis sorti dans la cour extérieure, et je me souviens, j’écoutais « All my colors » de Echo and the Bunnymen, repris par Nouvelle Vague. Je me disais combien j’étais heureux, combien j’avais bâti ma vie comme je le voulais, comme je l’entendais. Tout était parfait. La vie de couple, l’appartement, les amis, les études, l’argent, la famille, le travail. Et je me rappelle m’être dit : « Tu es tellement heureux, max. C’est sûr que ça ne durera pas. » En effet, ces vagues de bonheur ne durent jamais longtemps. À peine quelques jours, quelques semaines tout au plus.
Cette nuit, j’ai rêvé d’un homme. Un homme inconnu, rencontré sur le bord d’une route. Il a arrêté sa voiture et m’a offert de monter. Il était beau, jeune et j’ai senti mon cœur chaviré, tout de suite, directement. Dans le rêve, il m’a amené dans un endroit étrange. Une espèce de grange où une vingtaine de ses amis s’étaient réunis. Puis tout de suite, le plaisir envers cet homme s’est transformé. Il a sorti des cachets d’ecstasy de sa poche, en offrant à tous ceux qui en voulaient. Mais je me suis vu les refuser. Parce que je suis rendu ailleurs. Parce que je n’ai pas envie d’un mec du genre. Sa beauté s’est rapidement fanée et les portes de la grange se sont refermées. Je suis devenu claustrophobe. Fin du rêve.
Vous avez été nombreux à m’écrire pour me dire que mon dernier billet vous avait touché. C’est étrange de recommencer à avoir du feedback sur ce journal, parce que depuis des années, j’ai toujours eu l’impression de ne plus être lu, d’être un simple fantôme de blog, sans retour sur mes réflexions. Dans vos courriels, plusieurs m’ont dit que ça leur avait pris des années se remettre de leur rupture. Je sais oui. Je sais. Mais je ne veux pas entendre cela pour l’instant. La douleur est trop vive, trop récente pour que je puisse penser à un autre amour, à une place pour quelqu’un d’autre un jour. Je suis perdu. Complètement. Je ne sais plus à quoi je sers, je ne sais plus si je sers réellement à quelque chose. C’est comme si j’étais condamné à être enfermé dans ce mal, dans cette bulle éloignée du monde. Chaque jour ressemble au précédent. J’attends. J’attends son retour. J’attends d’écouter les histoires actives de sa vie. J’attends de vivre par procuration. J’attends pour 20 jours encore.
Le 04 octobre 2009
Let it go
Ouf. Le week-end a été particulièrement intense en émotions fortes. Pire que les montagnes russes. À en perdre la raison. À sourire, puis à pleurer deux secondes plus tard. J’avais oublié ce que sortir signifiait. J’avais oublié ce que la musique forte me faisait comme effet. Une de mes amies m’a écrit vendredi matin pour me dire qu’elle me donnait 8 billets pour aller voir Tiesto au Centre-Bell. J’ai invité la gang et c’était parti pour une nuit étrange. Oui, vraiment étrange.
J’avais d’abord invité un ami que je connais depuis peu. Tout me semblait bien se passer, jusqu’à ce qu’on arrive devant le Centre-Bell. On s’était donné rendez-vous à mon ancien appartement, chez Annie. Et évidemment, qui dit grosse soirée, dit souvent substances illicites. Ce n’était pas dans mes plans, mais vous commencez sûrement à me connaître; on m’en offre, je me fais influencer et me revoilà dans un monde que j’avais quitté pour de bon. On a donc pris un demi-cachet avant de partir, mais mon nouvel ami n’en avait pas pris. Je crois qu’il a peut-être été un peu déstabilisé de me connaître sous ce jour (un jour rare, il faut le dire). Bref, devant le Centre-Bell, le voilà qu’il nous dit qu’il ne feel plus bien, qu’il ne veut plus venir, et à peine quelques secondes s’écoulent avant qu’il s’écroule directement au sol, se frappant le derrière de la tête deux fois. J’ai vraiment eu peur. On a appelé les secours, mais le temps qu’ils arrivent, mon ami s’était déjà semi relevé, encore un peu sonné, mais capable de répondre aux questions. Évidemment, on lui a demandé ce qu’il avait pris. Et on l’a soupçonné d’avoir abusé de substances. Mais la seule chose qu’il avait prise, c’était du vin et 2 cafés. Il est donc reparti chez lui, et il va bien maintenant. Cet événement a donné la couleur à la soirée. Tiesto était nul à chier (ça, on le savait déjà), mais bon, c’était vraiment pire que je pensais et je suis bien heureux de ne pas avoir déboursé un seul sou pour cet événement ! On était un peu coincé, à danser devant nos bancs du Centre-Bell (chose que je trouve ridicule!). Évidemment, de mon côté, je feelais mal une fois sur deux. Toujours avec cette impression que moi aussi je pourrais m’évanouir à tout moment. Une amie m’a aidé à me laisser aller un peu. À faire le vide. Mais il a suffi d’une musique un peu triste pour que je prenne une pause à deux heures du matin, à regarder l’écran hypnotisant, et à pleurer à chaudes larmes, mes soupirs submergés par les basses trop fortes du Dj. Ça n’a duré qu’une minute, le temps du mix, puis je me suis relevé pour danser. Durant cette minute, j’ai revu les moments heureux avec lui. Notre première rencontre sous la neige. Notre première nuit à l’hôtel. Nos moments à regarder les feux d’artifice sur le toit. Son arrivée à Aix en Provence. Nos moments de confidences sous extasy. Nos étreintes dans la mer en Grèce. Nos moments simples à se serrer dans nos bras. Sa tête contre ma poitrine au moment du coucher. Nos réveils communs entrelacés. Mes baisers dans son cou qui le faisait tant rire. Les petits mots d’amour. Babe. Chéri. Mon amour. Bébé.
Le « faux rave » s’est terminé pour nous vers 2h45 du matin. On en avait assez. En sortant du Centre-Bell, devant nous, une belle altercation entre un ivrogne et trois policiers. Ces derniers ont sauté sur l’homme à trois, un tentant de lui retenir les bras, l’autre plaçant son coude sur le cou de l’homme pour l’étranger, et en le plaquant par terre, une femme poussée qui s’écrase durement contre le sol. Violence gratuite. Violence inutile. Et tous ceux autour de nous, à sortir leur téléphone cellulaire pour filmer la scène.
On a marché longtemps sous la pluie. Pour finir par pendre un taxi et revenir chez Annie. J’ai passé la soirée à parler, ou plutôt à écouter les autres parler de leur problème d’emploi. Chose que je ne connais plus vraiment. Chose qui m’a fait me rendre compte que je ne sais toujours pas quoi faire de ma vie. J’ai fumé avec le copain d’Annie, parlé en anglais sans problème. C’était très bien. Je suis parti vers sept heures du matin. Marcher dans le froid jusqu’à l’appartement. Me demander si mon ex est là. Parce que la veille, ses parents étaient venus le voir. Ils avaient apporté de la bière. On en a pris une, tout ensemble dans la cuisine, comme si rien n’avait changé. Et alors que mon ex était parti aux toilettes, son père m’a demandé si je les accompagnais pour souper. J’ai retenu un sanglot, répondant que non, car mon ex allait probablement leur présenter quelqu’un ce soir. Je n’en ai pas dit plus. Et son père a compris. Ce fut fait. Ils sont allés manger au restaurant, avec le nouvel « ami » de mon ex. Après trois semaines de séparation, et autant de temps de fréquentation. Il est déjà présenté à ses parents. Et mon ex, de me dire qu’il l’a seulement présenté comme un ami. Comme si c’était réellement possible que ses parents ne voient pas plus loin…
Quand je suis revenu à sept heures le matin, mon ex dormait dans son lit. Seul. Mais je savais que son nouvel ami était venu se glisser dans son lit durant mon absence. Qu’ils avaient baisé dans ces draps. Je suis allé me coucher, mais je n’ai pas réussi à dormir. Vers 10h, mon ex s’est levé et j’ai décidé de me rendre dans son lit, car son bureau est adjacent, et on pouvait parler. Il a été très laconique sur la soirée de la veille et sur la réaction de ses parents. Mais j’ai fini par savoir que les draps où je me trouvais avaient servi. J’ai demandé à mon ex de revenir à l’appartement ce soir. Tout en ne sachant pas s’il allait le faire. Durant la journée, j’ai su que j’allais être comme une merde. À entrecouper mes moments de détente, de maux de tête et de pleurs. Pas mangé depuis des heures. Pas dormi non plus. Je me suis pesé pour obtenir le seul plaisir que je connais ces temps-ci : perdu 13 livres.
La journée a été longue et je n’ai pas été capable de dormir. Mon ex est revenu à l’appartement vers 8h30 du soir. Et je n’avais qu’une envie; le coller, me serrer contre lui, l’embrasser. Pour qu’il me réconforte un peu, pour qu’il me donne un peu d’amitié-amour. Il a refusé, bien évidemment. Et les larmes me sont venues aux yeux une autre fois. J’ai tenté de retenir. Il m’a dit qu’il ne comprenait pas comment je pouvais avoir si peu d’orgueil. Je lui ai dit que je me crissais de l’orgueil, que tout ce que j’avais besoin, c’était d’une dernière nuit dans ses bras. Un dernier moment. Parce que là, je n’avais pas dormi depuis trop longtemps, et tout ce qui pourrait me soulager serrait ses bras. Ça lui a pris du temps avant de finalement accepter, avant de me dire que ce n’était pas pour me faire du bien, et qu’au contraire, ça allait surtout me faire encore plus mal. Je lui ai dit que je m’en foutais. Que tout ce que j’avais envie, c’était de faire comme si rien n’était arrivé. Ne plus réfléchir. Ne plus penser.
Nous nous sommes couchés. Il est resté tout habillé. Et je l’ai serré contre mon corps, laissant couler les larmes sur l’oreiller, en silence. Il m’a demandé si je pleurais, et j’ai calmé ma respiration pour lui dire « non, non ». On est resté ainsi 15 minutes. 15 minutes avant que le téléphone sonne vers minuit quarante. Ne jamais répondre à un téléphone qui sonne en pleine nuit. Ça ne peut être que des mauvaises nouvelles. C’était une amie de cégep, que j’avais vu quelques jours plus tôt. Elle était en panique, dans des rues qu’elle ne connaissait pas. J’ai du prendre vingt minutes pour la calmer et la convaincre de prendre un taxi.
Quand je suis retourné me coucher, ça faisait près de 40 heures que je n’avais pas fermé l’œil, mais je ne voulais surtout pas tomber comme une buche et dormir directement dans le lit. Je voulais encore le coller. Le sentir sous mes doigts. Sa peau douce, sa poitrine imberbe, la douceur de ses fesses. Car il avait enlevé son short. J’ai promis de ne pas toucher son sexe. Et j’ai respecté ma promesse. Mais je n’ai pu m’empêcher de flatter ses fesses, de descendre y poser un baiser. Puis j’ai attendu qu’il dorme pour lui chuchoter mon amour. Un « Je t’aime » rempli d’impuissance, comme si je le soufflais doucement avant de me jeter dans le vide. Il ne dormait pas. Il s’est tourné sur le dos. Et j’ai continué à parler. « Tu auras toujours une petite place dans mon cœur. » « J’espère que tu ne croyais vraiment pas que je t’aimais seulement pour ta queue. » Il a répondu qu’il blaguait. Mais déjà le train était en marche, et plus je parlais, et plus la respiration me manquait. Les « I love you » se sont succédé avec les soupirs. « Je veux seulement que tu sois heureux. Et même si ça me tue, je veux ton bonheur. Alors je vais accepter de te laisser partir vers lui. Parce que je t’aime. » Tout à coup, son corps s’est tourné, et c’est lui qui m’a pris dans ses bras, qui m’a serré fort. J’ai posé l’oreille sur son torse, j’ai entendu son cœur qui battait à tout rompre. Lui aussi vivait sa dernière fois. Un peu comme le dernier soubresaut de quelqu’un qui vient de mourir. Un geste nerveux, une réaction qui s’éveille pour quelques secondes. Mais cette nuit-là, les secondes se sont transformées en minutes. On s’est serré dans nos bras, fort fort fort, comme si on le savait réellement; c’était la dernière fois que nos corps allaient s’offrir cette petite tendresse, cette chose si essentielle à l’humain; un peu d’amour, un peu de calin, un peu de réconfort.
J’ai repoussé le sommeil jusqu’au dernier moment. Encore à cinq heures du matin, j’étais toujours en train de le flatter, de laisser courir mes doigts partout, pour tenter de m’imprégner de ce corps, pour tenter de ne pas oublier au réveil, pour tenter de me sentir bien et aimé jusqu’à la toute dernière seconde qui allait m’être enlevé par le sommeil. Je le serrais si fort qu’à l’aube, il a dû me demander de me détendre, car il avait besoin de dormir. J’ai cessé de le caresser. Puis je me suis enfin endormi. Au réveil, le cadran nous a tirés du sommeil de façon brusque. Et je n’ai pas eu quinze secondes pour me rapprocher. Il était déjà levé, tirant une croix officielle sur notre intimité, sur les quatre années passées. La fin.
J’ai promis de ne plus chercher à le toucher. De ne plus faire de gestes amoureux. De ne plus vouloir le prendre dans mes bras. Dresser une espèce de barrière invisible. Faire comme s’il ne m’avait jamais aimé, comme si on n’avait jamais partagé un moment unique ensemble. Avant de fermer l’œil à l’aube, je lui ai chuchoté un dernier « I love you », puis un « goodbye », comme si on ne se reverrait plus jamais. Et on ne se reverra plus jamais du même œil.
Il l’aime. Il lui a déjà dit « Je t’aime ». Ils s’appellent « mon amour, mon chéri, babe ». Ils se disent qu’ils sont bien ensemble, qu’ils ont hâte de se revoir, qu’ils se sentent confortables. Ce n’est pas des « Je t’aime beaucoup » ou « Je t’aime bien ». C’est déjà des « Je t’aime » net. Des « Je t’aime » qui ne laissent aucune chance à quelqu’un de s’immiscer entre eux. Ils vivent une nouvelle histoire d’amour, et j’en suis témoin, recherchant le maximum d’informations, comme si ça allait m’apaiser, mais en réalité, ça fait toujours plus mal.
Nous avons vécu notre dernière nuit ensemble. Et pourtant, j’en prendrais encore mille ainsi. Mais avant, je ne me rendais pas compte de l’importance de tous ces moments. Ils étaient acquis. Beaucoup trop acquit. Et ce n’est qu’à moi que je peux m’en prendre. Parce que j’avais déjà vécu la même histoire. La même douleur de la perte. Et pourtant, après quelques mois, je n’ai pas su me rendre compte une seconde fois que j’allais perdre ce que j’avais de plus cher dans mon cœur.
Il n’y a plus de tendresse. Plus d’amour. Tout ce que je peux être à présent est un objet qui paie.