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30 novembre 2009

Morning Mist



Je voulais tout expliquer en détail, mais j’arrive devant l’écran et plus rien ne veut sortir. À quoi bon, après tout? À quoi bon continuer ce téléroman sur ma vie intime ? Tout se résume souvent au même point : j’aime les personnes autodestructives, parce qu’elles me montrent le propre reflet de mon intérieur et de moi-même.

De vendredi à samedi, à passer la soirée seul dans un appartement trop grand. À attendre un retour qui ne viendra pas. Jusqu’à 4h du matin. Et l’attente perdure. Encore et toujours. Jusqu’à 16h00. Il arrive, ne fait que passer, et je le détaille, et je ressens tout de suite cette nervosité, cet agacement; il vient me voir, complètement nu, comme s’il voulait attirer mon regard, mon attention. Puis il me dit qu’il dort ce soir chez son mec. On parle toujours du même mec, celui qu’il m’avait présenté deux jours avant de me laisser. En se préparant, il me surprend, mon ami « Captain Morgan » à la main. Plongé dans l’alcool. Encore. Une soirée vide. Vide de sens. Mais finalement, une soirée qui allait m’en apprendre plus.

Il est à peine 19h00 lorsque son mec se connecte sur facebook. Eh oui, c’est la nouvelle technologie qui aura trahi. Je décide de lui parler. Je lui demande si Luc couche bien chez lui ce soir. Il me répond que Luc n’est pas avec lui, qu’il ne dort pas chez lui. Il lui a dit qu’il allait faire la fête chez UNE amie. Et puis voilà. Tout est clair, tout est dit. Luc voit une troisième personne. Assoiffé de plaire, assoiffé de sexe ou en fait, simplement perdu dans la vie. La soirée passe doucement, je reçois quelques invitations très gentilles, mais l’alcool a déjà fait son chemin et je me sens abruti. J’accepte quand même de voir ma cousine, car elle m’a vu en de bien pires états. Petite soirée tranquille, où j’aurai fait profiter de mon rhum aux autres. Soirée qui m’a aussi prouvé que je peux maintenant supporter la vue des autres fumeurs autour de moi, sans même utiliser mon inhalateur. Les choses s’améliorent… de ce côté-là. Bientôt 3 semaines sans fumée.

Durant la nuit, j’essaie de réaliser des plans. Mais je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à décider comment faire souffrir mon ex, comment lui montrer qu’il ne peut pas jouer aussi facilement avec les gens. Mais je me rends compte que la vengeance ne sert à rien. Elle sera aussi souffrante après coup. Dimanche, 13h00. Je pars m’entraîner, et évidemment, juste quand je sors, je le rencontre; il revient. Je lui demande si sa soirée avec son mec a bien été : il me répond que oui; premier mensonge.

Je reviens de l’entraînement. Je fais comme si de rien n’était. Je pose encore quelques questions sur sa soirée de la veille, et il enchaine les mensonges. Il finit par me montrer son sexe. Son sexe qui est enflé, qui a trop travaillé. Je lui demande combien de fois il a baisé la veille. Et il me répond : « deux ». Je laisse tomber que son mec doit être heureux. Il murmure un oui… Nous baisons tout de même. Et je lui présente un condom. Je vois la déception passer dans ses yeux, mais je reste de glace. « Pourquoi? » me demande-t-il. « Parce que c’est comme ça » que je lui réponds. On baise, on baise avec un certain plaisir, mais je sens le condom qui freine vraiment mon abandon. Il jouit. Il est si beau quand il jouit. Il se perd. Il s’oublie. On dirait presqu’il espère cesser d’exciter après ce moment.

Je sors de sa chambre, et il me suit dans le couloir. On s’arrête, comme ça, dans le noir, avec une simple lueur qui provient de la salle de bain. Je me répète. Je lui fais jurer ses mensonges. Il confirme qu’il était avec son mec la veille. J’entoure mes mains derrière sa nuque, et je dépose un baiser sur ses lèvres. Puis je m’éloigne de lui. Et voilà qu’il avoue à demi. Il me dit que vendredi, il n’était pas chez son mec, mais que samedi il y était. Je reviens vers lui, le sourire aux lèvres, puis je lui lance : « Pourtant, j’ai parlé à ton mec hier soir sur facebook. Il m’a dit que tu n’étais pas avec lui. » Et vlan. J’ai l’art du « timing ». Pour une fois. Je me vois de l’extérieur, comme si j’étais dans une pièce de théâtre ou dans un film. Et puis je lance : « C’est Jeff ou David ? » (parce qu’il y en a plus d’un, évidemment). Il confirme avec l’un des deux. Et très vite, il est au bord des larmes. Je garde mon sérieux; j’ai assez donné dans le drame auparavant. Je crois qu’il est surpris que je ne m’emporte pas. Ça le déstabilise, car il doit tout à coup creuser plus loin que la colère ou la chicane pour se sortir de ce pétrin. Il comprend enfin que la vérité reste encore la chose la plus facile à faire. Et s’en suive les « je me sens coupable, j’ai honte de moi, je suis perdu, etc. » Il veut se coucher pour dormir. Il n’est que six heures du soir. Je m’étends à côté de lui, je l’écoute me parler de ses nombreux « black out », de cette façon dont il a de se comporter, sans penser aux autres, sans penser aux conséquences. Il trouve qu’il blesse beaucoup trop de gens. Je lui demande ce qu’il va faire avec ça. Il n’en sait rien. Il est perdu. Et sa détresse est belle. C’est une détresse pure, sans les nombreuses barrières qu’il y a eu entre nous. Il me demande de le serrer dans ses bras. Et je me laisse aller au jeu. Parce que je suis lâche, parce que même s’il m’a menti, même s’il me fait vivre des choses négatives, je me vois dans la beauté dans cette âme perdue. Par contre, j’ai cessé d’être dupe ce soir-là. En le serrant dans mes bras, je lui ai dit clairement : « On ne reviendra jamais ensemble, Luc. Mais je garderai toujours une petite place dans mon cœur pour toi. » Du romantisme de gros con vous me direz. Peut-être. Je dis souvent des choses pour la poésie des mots. Cette fois-ci, je le pensais sincèrement. On pourrait continuer à baiser. On pourrait continuer à jouer aux couples, à s’appeler chéri entre nous, à s’occuper l’un de l’autre quand on est malade, à se rendre des services, à se prêter de l’argent, mais plus jamais nous ne reviendrons officiellement ensemble. Plus jamais je ne voudrai voir la déception dans les yeux de mes amis, de mes parents, de ma famille, de tous ceux qui ont eu à supporter mes larmes, de tous ceux qui ont eu à me voir plonger dans l’autodestruction, dans le noir, dans un abysse où j’ai souvent donné l’impression de me noyer.

Lorsque je ne serai plus en appartement avec lui, je ne crois pas qu’on pourra rester amis. Pas tout de suite du moins. Il faudra du temps. Au moins 5 ans. Peut-être 10 années avant de réussir à se voir sans vouloir se déshabiller. Nous sommes deux âmes destructrices qui ne s’aiment que lors de l’accouplement. Le seul moment où il n’y a pas de problème. Le seul moment où l’on est uni. Parce que je suis soumis. Parce que je le laisse prendre le contrôle. Et pourtant, j’ai cette impression que même si je le quitte pour de bon, il reviendra au bout d’un temps. Par curiosité, par désir de plaire ou simplement parce que la baise « était si bonne, si sale ». Voilà pourquoi je dois partir à l’autre bout du monde.

Hier, malgré la peine de Luc, je ne me suis pas fait d’illusions. Il m’a proposé de venir lire au lit avec lui. Mais dès que j’ai senti le sommeil, je suis retourné dans ma chambre.

Au petit matin, le téléphone sonne, c’est son mec. Au lieu de suivre ce qu’il avait dit la veille (le laisser tomber), il lui dit que je ne savais pas de quoi je parlais quand je lui ai adressé la parole samedi soir. Encore un mensonge. Et voilà que Luc, après l’appel, ose me dire que son mec n’est pas si mal, qu’il est compréhensible et gentil. La culpabilité du taureau fait vite place à l’orgueil. Eh bien je lui ai lancé d’aller le rejoindre dans ce cas. De vivre encore des soirées vides pendant 3 ou 4 mois… Luc ne sait pas ce qu’il veut, et il va finir par tuer quelqu’un à force de faire tomber des gens dans son sillage. Ce soir, il m’a demandé de l’accompagner… pour déposer un chèque ! Et durant le long de notre marche, il m’a parlé de David, son nouveau coup de cœur. Il désire prendre son temps avec, ne pas précipiter les choses. Parce qu’il s’intéresse vraiment à lui. Et moi, d’écouter, de me perdre dans ces mots, puisque c’est tout ce que je peux faire : l’écouter en silence, l’écouter jusqu’à ne plus en être capable, l’écouter jusqu’à ce que je vomisse moi-même ses bonnes paroles envers les autres, mais pas envers moi. Oui, je suis l’objet. L’objet physique, mais aussi l’objet qui reçoit le discours, l’objet inutile qu’il est bon d’avoir sous la main. Mais au final, j’ai compris bien des choses. J’ai encore de l’importance dans le cœur de Luc (et je ne me raconte pas d’histoires ou de contes de fées ici). Il ne m’aime pas d’amour. Non. Je le sais. Mais il voudrait que cette relation étrange perdure. Parce que finalement, je suis sa boussole. Je suis son point d’ancrage, celui qui lui dit si ce qu’il fait est bon ou idiot. Je suis comme un tuteur. Un professeur. Un père. C’est moi qui le gronde, c’est moi qui tente de placer les limites qu’il va dépasser de toute façon. Mais à mon âge, ce qu’il n’a pas compris, c’est que je n’ai pas besoin d’un fils. J’ai envie d’un partenaire. Quelqu’un qui peut marcher à mes côtés dans la vie. Pas quelqu’un que je dois traîner par la main. Et même si les rôles s’inversent au lit, ce n’est pas assez sain. Parfois, je me lance la réflexion : « Pourquoi je ne l’ai pas encore mis à la porte ? Pourquoi je supporte encore sa cruelle jeunesse; son innocence envers la vie et les relations humaines ? » Je crois que c’est parce que je suis resté un enfant moi aussi. En résumé, nous sommes deux bébés qui cherchent à obtenir un peu de contrôle, qui hurlent quand ça ne fait pas notre affaire; deux nouveau-nés qui voudraient faire régner leurs lois, mais qui n’y arrivent pas, parce que personne ne peut prendre de décision pour eux. Voilà le portrait de mon ancien couple : une relation où les décisions de l’un n’ont jamais été acceptées par l’autre. Et après, on se demande pourquoi on se comprend seulement au niveau sexuel. La réponse est encore une fois toute simple : parce que là, quand les membres s’érigent, le cerveau s’embrouille, et tout à coup « Everything is in the right place »; les rôles sont prédéterminés. Tout est joué d’avance.

Dans un autre ordre d’idées, je suis maintenant Master es Arts ! Malgré plusieurs points négatifs soulevés ici et là dans mon mémoire (surtout de création), j’ai passé ma maîtrise avec la mention « Très bien ». Il y a toujours ça de bon.



27 novembre 2009

Les garçons



Oui, tu parles d’un titre ! C’est que c’est un peu la semaine des garçons. Être célibataire, ça ouvre les yeux, sans qu’il y ait cette petite culpabilité envers l’autre dans le couple. On peut regarder, on peut apprécier, on peut le dire à haute voix. Par contre, vaut mieux pas trop en faire part à l’ex, parce que sinon ça peut dégringoler. Luc est encore allé voir un nouveau mec hier soir. Et cette fois-ci, ils se sont appréciés mutuellement. Ils se sont trouvés beaux. Et ils se reverront sûrement pour plus d’intimités. J’en suis à un point où j’accepte. Tout simplement. J’accepte parce qu’il n’y a rien à faire, parce que plus les jours passent, et plus je me rends compte que Luc n’était pas l’homme de ma vie de toute façon. Mais est-ce que l’homme d’une vie existe ? J’ai beaucoup de difficulté à le croire. Surtout dans notre milieu, où on se tanne de l’autre pour un détail ou deux. Et j’ai eu droit aux explications de ce détail ! Hier, alors que Luc terminait la crème glacée napolitaine que j’avais moi-même payée, il m’a pointé le fond en me disant : « C’est pour cette raison aussi que je t’ai laissé. » Oh drame ! J’avais mangé tout le côté au chocolat, ne lui laissant qu’un peu de vanille et de fraise !! Il m’a dit que « ça », c’était un comportement d’enfant inacceptable. Et si on parlait de ses comportements à lui ? …mais non, ça ne mène à rien du tout. Il faut le prendre avec philosophie. On est encore capable de cohabiter dans le même appart, de passer des soirées ensemble, comme si on était un couple encore, de se parler de nos journées… et en prime, des garçons qui passent dans nos vies. Mais moi, au final, je ne dis rien. Je ne dis rien des garçons qui passent, et ce n’est pas par pudeur ni par respect. C’est simplement que je n’ai pas envie de lui faire ça, de lui raconter les mêmes détails qu’il peut me dire à propos de ses mecs qui défilent dans sa vie. Et hier, je lui ai demandé ce qu’il cherchait vraiment. Il n’a pas su répondre, mais au fond, c’était bien évident. Luc ne recherche pas de fuckfriend, il recherche réellement un sentiment, un amour, quelque chose qui lui fasse encore une fois ramollir les jambes. Quelque chose qui puisse me remplacer; un homme dont il soit fier, un homme qui sera plus beau, plus riche, plus gentil, plus intéressant que moi. Et pourtant, je pressens très bien que dans un mois ou deux, ce sera encore à recommencer, avec un nouvel homme, une nouvelle liste de rencontres. Alors hier, quand j’embrassais son ventre et son sexe, je le faisais encore un peu plus par nostalgie, comme un adieu ou un deuil dont on se détache tranquillement, pour éviter qu’il se rappelle violemment à nous. Je n’ai pas versé une larme depuis mon retour de France. Je ne compte plus en verser une seule pour lui. La seule larme que je lui réserve encore, c’est celle que je verserai lorsqu’il m’annoncera qu’il a finalement couché avec un nouveau garçon. Ce sera la larme finale, celle de l’éloignement total, celle qui mettra le point noir et gras.

C’est fait. J’ai tout rempli. Ça m’aura pris moins d’une semaine pour demander des lettres de recommandation, pour refaire mon CV, pour écrire deux lettres de motivation, faire un budget, rédiger une proposition de cours (qui a été salué par ma directrice de mémoire ! Qui aurait cru que j’aurais pu bâtir un schéma de cours aussi facilement ?). J’ai envoyé une demande de bourse en prime. J’ai eu l’air du mec super motivé. Et pourtant, chaque fois que je me couchais le soir dans mon lit; l’angoisse. Qu’est-ce que je suis en train de faire là ? Qu’est-ce que Luc est en train de me faire faire ? La vie nous entraîne parfois sur des chemins où l’on ne pensait pas aller. Je l’ai fait par défi. Parce que j’avais besoin d’un coup de poing en plein visage. J’ai ce besoin d’angoisser, d’avoir peur, d’être terrorisé par mes projets. C’est le seul moyen de me sentir vivant. Alors, j’ai tout posté hier soir. Il y a 80% des chances que je parte enseigner dans une université du Brésil dans moins de trois mois. L’angoisse, tu dis ? Je ne veux même plus y penser pour l’instant. Je recevrai la réponse en janvier. Et ce sera le destin qui décidera. J’ai fait ma part. En même temps, dans ma tête, je ne sais même pas ce que je désire réellement. Je fais confiance à la vie. À elle de me dire vers où je vais aller. Je pense que c’est le seul moyen de ne pas faire une crise de panique. Je ne croyais vraiment pas que j’allais m’embarquer dans un second projet d’exil de si tôt. Sérieusement, je m’étonne moi-même. Parfois les blessures d’amour se révèlent peut-être positives ?

J’avais un souper de famille du côté de mon père en fin de semaine dernière. J’y vais toujours à reculons habituellement, parce que j’ai toujours l’impression que c’est une épreuve. Mais je dois avouer que j’ai eu du bon temps. À discuter avec mon cousin et sa copine. À me revoir dans leurs yeux; début de l’âge adulte, à peine sorti de l’adolescence. On a parlé beaucoup de sexualité. Mon cousin ne connaît pas encore vraiment son attrait sexuel. Il dégage vraiment une sexualité intense. Et on dirait qu’elle est encore plus attirante puisqu’il n’a pas l’air de s’en rendre compte. Luc tripait d’ailleurs sur lui assez gravement ! Autour de la table, avec la famille, on a continué à parler un peu de sexe, puis on en est venu à parler des exs. Et évidemment, la famille est revenue sur Luc; sur son comportement, sur son côté « pogné » ou timide, et mon père de se lancer sur une tirade en disant qu’il n’était pas sympathique. Je ne dis pas qu’il a tort, mais sur le coup, je lui ai lancé un truc du genre : « C’est parce que mon père n’accepte pas encore complètement mon homosexualité. » Comment lâcher une bombe en pleine famille. Mon père a rétorqué que ça n’avait pas de rapport, et moi de dire : « Ce n’est pas grave. Ça prend du temps à accepter. C’est normal. » Puis la conversation a dérivé… J’espère que je n’ai pas été trop direct, parce que ce n’était pas mon but. Je sais quand même que ce n’est pas facile pour lui, et je ne veux pas forcer les choses. En même temps, c’est à moi de prouver à mes parents que leur gendre pourrait être quelqu’un de social et de super sympathique.

Et c’est justement un homme gentil et familial qu’il me faudrait. J’ai entrevu mon homme parfait à la piscine mercredi, avec Annie. On nageait et il y avait un mec sur le bord de la piscine, sur un matelas, à faire des exercices physiques. Imberbe, musclé sec, belle petite gueule; il faisait des push-up renversés (donc au lieu d’être penché vers l’avant, il descend le dos vers le sol), bref on peut dire que son mouvement était suggestif, et que je n’écoutais plus du tout ce qu’Annie me racontait. Mais comment trouver un mec du genre, comment l’aborder, comment réussir à attirer son attention, à se faire aimer de lui, et à finalement en faire son compagnon de vie ? Ça me semble complètement essoufflant; trop d’étapes avant d’être heureux pour peut-être quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. C’est difficile de trouver quelqu’un qui nous plait à qui l’on plait. Et je ne parle pas de premiers jugements, mais bien d’une personne qu’on apprend à connaître et qu’on continue d’apprécier. Les gens nous déçoivent trop vite. Ou peut-être qu’on se fait trop d’attentes rapidement. C’est un peu le problème des rencontres avec Internet. On se crée tout un monde qui s’écroule assez rapidement quand on rencontre l’autre. Mais parfois, il faut laisser une chance. C’est important.

Je sors peu à peu de ma peine. J’ai envie de rencontrer d’autres personnes. J’ai envie d’avoir du désir pour un autre, de ne plus avoir mon ex en tête chaque fois que je m’intéresse à un autre corps. De ne plus comparer surtout. Hier soir, je suis sorti avec Émilie et Annie. J’avais un petit plan en tête. Un mec que j’avais vu il y a près de 7 ans. De bonnes conversations sur MSN. Un chanteur dans un band. Il faisait un concert près de chez moi. Comme il connaissait déjà Émilie, ce fut facilement de convaincre les filles de ces retrouvailles. On s’est présenté devant le bar. Il était déjà dehors. Il m’a reconnu de loin (ou peut-être a-t-il reconnu Émilie avant ?). Il a dit qu’il avait un petit espoir qu’on vienne. J’ai trouvé ça cute. Mais bon, il y avait beaucoup trop d’action autour de nous, trop de conversations de souvenirs, et j’avais peut-être bu un peu trop pour être rapide dans mes répliques. Ce fut sympa, même si je ne l’ai pas vu chanter. J’aurais vraiment aimé par contre. J’ai écouté des chansons de son groupe, et je dois avouer que j’ai bien aimé. Et n’y a-t-il pas quelque chose de romantique à tomber amoureux d’un chanteur de band ? Bon, je mêle peut-être romantique et sexuel !! En partant, je lui ai présenté ma main, mais finalement, on s’est donné deux becs sur les jours, comme les Français. J’ai bien aimé cette petite soirée. On verra bien pour la suite. Le mec a une attitude que j’aime, reste à voir ce que ça donnerait dans une rencontre à deux.

Et puis mercredi, j’ai revu mon ami Benoit, celui que j’avais vu en France avec son copain. Ils sont mignons ensemble. Ils veulent s’installer à Montréal et ils sont venus faire du repérage. On s’est promené dans mon quartier, puis je les ai amenés manger une « poutine ». C’était bien sympathique. C’est drôle quand même que lorsque j’étais à Aix, je m’étais brouillé avec Benoit, mais je ne me souviens même plus pourquoi et lui non plus. Ah les retrouvailles de vie !

Et mardi soir, ma soirée badminton, avec Dan qui semblait être d’une humeur massacrante. J’ai raté mon autobus et j’ai eu 15 minutes de retard. Ouch ! Mais bon, quand je l’ai vu, il n’avait pas l’air trop pire. Je l’aime bien ce mec. En fait, je l’aime surtout dans la vraie vie. C’est étrange à dire, hein ? Habituellement, on aime la personnalité des gens sur Internet, et quand on les rencontre dans la vie, il y a souvent un bogue. Ici, c’est un peu le contraire. C’est comme si Dan avait deux personnalités, mais celle dans la vraie vie me semble plus altruiste et joviale que celle sur MSN. Il m’a niaisé durant tout le jeu, chaque fois qu’il gagnait, en me disant : « Cassé ! », comme un vrai Brice de Nice il y a quelques années. Soooo outdated !!! Je lui ai dit, mais ça n’a pas eu l’air de le déranger. En fait, je sais qu’il aime bien taquiner pour tester les limites de l’autre. Il est lion hein ! Comme Jean-François l’était. Et je sais que je me répète, mais je jurerai que parfois, dans certains des regards qu’il me lance au badminton, c’est mon premier amour qui est devant moi. Ça me joue dans la tête, et je deviens un peu con et gaga. Mais bon, ce n’est rien de trop extravagant. Par contre, je suis resté super surpris lorsqu’en plein vestiaire, il m’a lancé : « Montre-moi ton pénis. » Dit sur un ton autoritaire. En principe, j’adore. J’adore ce jeu d’autorité où je suis celui qui subit, mais j’ai été gêné, parce que je sais que Dan est un grand blagueur, et j’ai eu peur qu’il se foute de ma gueule ensuite si j’avais obéi. On a discuté beaucoup sur MSN, et je me suis rendu compte qu’il était en plein le type de mec pour qui je pourrais me soumettre, pour qui je pourrais faire les pires bassesses. Mais bon, il faut construire l’approche, il faut y aller graduellement. Si bien que je lui ai lancé qu’il y avait quelqu’un de l’autre côté de la porte (et c’était vrai!), et puis je me suis entendu sortir la pire menterie de ma vie lol. J’ai dit quelque chose comme : « En plus, on est dans les toilettes publiques, c’est crade ici. » Mon œil que ça me dérangeait haha. Il aurait répété l’ordre que je l’aurais fait haha. Mais bon, j’aurais quand même préféré le contraire; que ce soit lui qui sorte son matos !! Mais bon, j’ai trouvé ça cocasse comme non-expérience. Dan est un mec super, qui a un attribut super (lol) et qui pourrait avoir tout ce qu’il désire. Seulement, je ne crois pas qu’il sait vraiment ce qu’il désire, ou entk, il me semble très blessé intérieurement. Il aurait besoin de se laisser aller, d’oublier tout. Il aurait besoin de réapprendre à se laisser toucher, à se faire aimer, à se détendre, à se faire masser, à se faire masturber, sucer, etc… Il aurait besoin de mettre son cerveau à off, de ne pas réfléchir sur la suite, sur ce qui pourrait arriver ensuite, etc. Mais comment dire ça à quelqu’un ? J’ai soulevé que c’était un être fragile, et je sais qu’il a eu quelques déchirements dans sa vie, qu’il a peut-être de la difficulté à faire confiance ou qu’il ne peut s’abandonner sans l’aide de quelque chose d’autre. J’aimerais bien lui apprendre à « let it go », mais je ne pense pas lui plaire assez pour réaliser ce genre de truc. Ce n’est pas grave, je ne m’en fais pas avec ça. Ça me fait rire par contre, parce que mon ex pense qu’on baise ensemble comme des chauds lapins haha.

Ce soir, je vais souper chez un autre garçon. Il habite à l’autre bout du monde haha (je déconne, mais pour moi, c’est bien loin !). Il me fait à souper, j’amène le vin. Petite soirée relax. Je n’ai pas d’intentions dans ma tête. Je veux seulement prendre un verre en bonne compagnie. Tout simplement. Je me rends compte que j’ai de plus en plus ce besoin de rencontrer de nouvelles personnes, d’avoir des conversations différentes, de connaître des opinions loin des miennes. Hier, alors qu’on parlait avec Annie et Émilie, on s’est rendu compte qu’on ne sait même pas ce qu’on fera pour le jour de l’an. Constat triste : les amis se font de plus en plus rares. Et l’organisation d’un « party de maison » n’est plus vraiment à l’ordre du jour, de peur qu’on se retrouve 5-6 à s’emmerder au jour de l’an. Et malgré tout, ce qui compte vraiment, c’est d’être bien entouré, non ? Oui, clairement. Par contre, je sens que la folie des jours de l’an des deux dernières années va nous manquer. Mais bon, c’est peut-être un peu trop pessimiste, attendons de voir. Je me rends compte que je m’ennuie de Thomas et Jonathan. Ça fait un bail qu’on ne s’est pas vu pour boire un coup. Plus la vie avance, et plus il est difficile de garder les amitiés. Mais pas question de laisser filer celles-là ! Peu importe où je me retrouve dans le monde, il y a des gens qui seront toujours là dans mon cœur. C’est quand même un peu triste de me dire que ce ne sera probablement pas le cas avec Luc.

Quand je pense au Brésil, je pense innocemment à l’amour. L’amour exotique. Tomber follement amoureux d’un brésilien, vivre quelque chose d’intense, le ramener au Québec, ou rester moi-même là-bas. C’est un peu idiot et naïf comme pensées, mais si ça peut me pousser à partir… Ou même, si je pouvais tomber amoureux au Québec, et vivre un amour si intense que l’homme désiré serait prêt à me suivre au Brésil… Ce serait magique. Je pense. Une chance que le rêve est encore en moi. Avec tout ce récit sur les garçons, on dirait que j’ai encore plus envie d’être amoureux, de ressentir mes jambes ramollir, un peu comme Luc me disait. Oui, je suis peut-être prêt à passer à autre chose. C’est peut-être l’heure d’écrire un nouveau chapitre. Ou plutôt d’ouvrir carrément un nouveau livre.



20 novembre 2009

La discussion qui tue



Eh bien voilà, c’est ce matin que j’ai lâché le morceau dans la discussion qui tue. Je déteste les discussions qui tuent, parce que pendant que je les vis, je les adore. Ce qui est ironique un peu, parce qu’après coup, je regrette souvent de tout avoir déballé.

Mon ex m’a annoncé que ça n’allait plus très bien avec son mec « plus vraiment officiel ». J’ai un peu paniqué, parce qu’au final, je me sentais en sécurité lorsqu’il baisait ce mec (plus laid, plus nerd, moins intéressant que moi, etc.). Et c’est à cet instant que j’ai décidé de lancer : « En tout cas, si tu baises un autre mec, le sexe entre nous, c’est fini. Pas question que je prenne de risque inutile. Et puis, tu peux dire adieu à l’appartement. » J’aurais dû retenir ces derniers mots. Mais j’en ai été incapable bien évidemment. J’ai tout de suite vu que tout ça l’avait refroidi beaucoup, alors évidemment, je me suis lancé dans les explications : « Le sexe est à peu près tout ce qui restait entre nous. Alors si tu en fréquentes un autre, moi je ne prends pas de risque. Et à quoi bon continuer à se côtoyer si on a même plus ce dernier plaisir ensemble… » Il a d’abord répondu que tout était déjà fini entre nous, sexe ou non. Ensuite il s’est lancé en me disant que je brimais sa liberté, et qu’il n’était pas question qu’il s’empêche de baiser avec un autre pour garder un appart. Mais il est vite revenu à la charge, en disant qu’il n’allait pas bouger d’ici, que c’était autant son appartement que le mien et que je ne pouvais pas toujours me cacher derrière la donnée que comme c’est lui qui m’a laissé, c’est à lui de partir. Il m’a dit qu’il m’avait laissé une semaine pour réfléchir et que j’avais choisi la cohabitation avec lui jusqu’en juillet. Mortel. Je ne pouvais pas répondre grand-chose, alors je lui ai lancé au visage mon projet de partir vivre au Brésil. Mais j’ai vu son sourire. Comme s’il était satisfait de cette avenue. Et ça m’a fait chier.

Il m’a encore répété que je devrais aller me faire baiser ailleurs. Que ça ne le dérangerait pas, lui. Et que je devrais suivre son exemple et lui laisser sa liberté. Le problème, c’est que moi, je n’ai pas envie d’aller voir ailleurs. C’est facile alors de me laisser ma liberté. De son côté, il a beau me dire qu’il prend des précautions (ces précautions se résument à s’informer des antécédents des mecs, et à bien les choisir avant de les rencontrer), mais ça ne me semble pas être des protections très efficaces.

Bref, tout cela a quand même bien refroidi nos esprits. Et ce soir et demain, il voit un nouveau mec. Encore et toujours. Il est une machine à rencontre. Et moi je reste sur mes positions; pourquoi je vivrais avec un mec que j’ai aimé, qui fréquente maintenant d’autres mecs ? Pourquoi je prendrais le risque de me détruire un peu plus chaque jour, en le regardant aller dans sa vie « oh si active ! mais oh! Combien emmerdante finalement ! »

Il m’a dit que j’allais toujours être quelqu’un qui souffre. Toute ma vie. Parce que j’étais écrivain. Parce que ce que j’écrivais était sans cesse la perte de l’amour, la souffrance des relations disparus. Il m’a encore répété que je mélangeais trop le passé, le présent et le futur. Que je vivais les mauvaises histoires au mauvais moment. Je l’ai donc attaqué en lui disant qu’il se donnait l’air d’être heureux, mais qu’au final, il était très malheureux à l’intérieur. Il se cherche, il multiplie les rencontres, les déceptions, les complications. Il tourne un peu en rond. Il ne veut pas de relation stable, et certes je le comprends, car je n’en veux pas non plus. Mais il pense pouvoir trouver le bonheur dans ces rencontres aléatoires avec des hommes qu’il appelle ses « amis ». C’est quand même drôle de voir la différence entre nos deux perceptions. Moi, qui suis incapable de me dire que je peux baiser comme ça avec quelqu’un. Trop peur, trop de crainte, ou encore trop épris du sexe de mon ex. Et lui, complètement détaché, qui ne cesse de me répéter que notre histoire est finie pour de bon, mais qui continue quand même à la pousser dans la voie du vice. Le plaisir jusqu’au déchirement.

Et toute cette scène, qui se déroule de façon surréaliste, alors qu’il est dans son bain, complètement dépassé par « mon changement d’avis sur notre vie d’appartement ». Et moi, dans la chambranle de la porte, les bras croisés, à argumenter en lui disant : « Qu’est-ce que tu voudrais que je fasse ? Que je te regarde vivre heureux avec le prochain mec que tu vas baiser, ou pire, aimer ? ». Et dire que tout ça est parti d’une simple mésentente à propos de mon ex-blonde qui était venue à Montréal il y a deux ans !!!

Il était tellement à court d’arguments qu’il est allé me sortir que je n’étais pas plus responsable sexuellement lorsque j’avais eu une petite aventure au Sky avec Miguel et une danseuse nue. Comme si on pouvait comparer le « Max » de 2003 et le « Max » d’aujourd’hui. Ah… les relations d’ex-couple. Je fais quoi là ? J’attends qu’il m’annonce qu’il a baisé ailleurs ? Pour faire quoi ? Mettre mes « menaces » à exécution ? M’aplatir devant lui et lui proposer un condom ?

La bonne nouvelle de la journée maintenant : un mot de ma directrice de mémoire, qui a lu ma proposition de cours pour mon stage au Brésil, et qui me dit qu’elle est très bien !! Je n’aurais jamais cru qu’on me dise un jour qu’un des cours que je prépare semble très bien ! Et il y a mon emploi Internet aussi; une vraie petite bombe depuis deux jours. Pour ça, je peux le dire; it’s gonna be a glorious day !



19 novembre 2009

Une nouvelle ère



Alors, voilà. J’ai décidé de cesser de pleurer. Ne plus verser de larmes pour lui. C’est fini. Et plus il sera loin, mieux je me porterai. Je sais que ce que je dis ici est un peu ruff, que je n’y crois pas nécessairement, mais c’est important pour moi de le dire, de me le répéter. C’est terminé avec Luc. Il y a une vie après cet homme. Il y a une vie où je pourrai encore aimer, mais surtout où je me sentirai aimé, peu importe mes pratiques au lit. Il m’a lancé une connerie monumentale hier : « Toi, tu aimes les baises sans sentiments ». Ridicule. Ce n’est pas parce que j’aime que quelqu’un prenne le « lead » que je souhaite nécessairement toute annulation d’émotions. En tout cas. On s’est chicané un peu ce matin. Parce qu’il a été agace, ou disons que je n’ai pas compris le message assez vite. Il m’a appelé de son lit, il venait de se réveiller. J’y suis allé, me suis couché près de lui, et me suis excité bien sûr. Mais il avait seulement besoin de parler… pour se réveiller. Encore une fois, je ne suis qu’une utilité. Claquement de porte et autres discussions avec augmentation de ton. Il a mis ma colère sur la faute de l’arrêt de cigarette. J’ai accepté son verdict, même si je n’y crois pas trop. Il y a déjà 7 jours que je n’ai pas touché à une cigarette. Le manque n’est pas si intense que cela. Je crois que j’étais vraiment prêt à cesser cette mauvaise habitude. Par contre, je suis allé à la piscine avec Jonathan hier, et on avait l’air de deux vieux de 80 ans qui n’avaient pas de cardio. Bon, il faut dire que j’étais allé au gym quelques heures avant la piscine seulement… J’ai décidé de me lancer ardemment dans le sport. D’abord pour perdre ce que j’avais gagné en voyage, mais surtout pour me prouver à moi-même que je peux encore me fixer des buts et les réussir, que je peux encore plaire et réussir à attirer le regard. Mon nouveau défi : attirer les regards. Ça me manque les mecs qui se retournent sur mon chemin, qui me matent du coin de l’œil, qui me lancent un sourire. En fait, la séduction me manque. Puisque je ne suis qu’une plante dans cet appartement, je ressens de plus en plus le besoin de plaire. Simplement pour le plaisir. Pas tout à fait prêt à 100% pour le sexe avec un autre corps. Mais ça viendra sûrement.

J’ai dit à Luc d’en baiser un autre. Un autre en plus de son mec présent. Je me suis ensuite rétracté, par pur égoïsme, mais peut-être est-ce la bonne solution pour me libérer enfin de son emprise. Je sais très bien que s’il avait une aventure avec une autre personne (en plus de son mec présent), ça signerait la fin officielle de notre vie commune, de notre intimité (qui est de toute façon à un fil de se briser).

Les défis me manquent, et voilà pourquoi j’ai décidé de me lancer dans un projet fou. Un projet à l’autre bout du monde. Encore partir pour aller voir ailleurs, pour me rendre compte qu’on n’y ait pas plus heureux. Mais tout de même, l’expérience vaut la peine sûrement. Déposer mon dossier de candidature dans moins de 10 jours. Attendre une réponse au mois de janvier. Et partir un peu plus tard. Aucune idée de ce qui se passera avec mes trucs, mon appart, mon chat, mon ex. Pas envie d’y penser présentement. Je tente ma chance. Je tente le coup. Et je sais très bien que je risque de rencontrer le mec de ma vie vers le 10 février 2010. Ou un truc chiant du genre. C’est en fait ce qui s’est passé avec Luc. Je l’ai rencontré à peine quelques mois avant de partir vivre un an à Aix. Mais bon, mon rêve serait de vivre un amour fou dans un autre pays. Quelque chose d’exotique. Et quelque chose qui ne serait pas fatal; une personne que je pourrais ramener au Québec, qui pourrait accepter d’y vivre.

C’est ma meilleure journée au boulot depuis le 6 juillet 2009, jour des obsèques de Michael Jackson. Je ne sais pas ce qui a provoqué l’augmentation de ma paie aujourd’hui, mais j’espère bien surfer sur une vague positive !!! Il est 23 heures, et je suis déjà à 155% de mes objectifs. Merveilleux. Splendide.

Alors, voilà. Laissons l’avenir décider de mon destin. Je provoque le futur, tout en laissant des portes ouvertes dans ma vie présente. Je sens que je m’embarque dans une aventure qui va encore me révéler des trucs à moi-même, et présentement, c’est tout ce que dont j’ai besoin, parce que je ne sais pas où je vais. Alors, on s’agrippe bien, on ne réfléchit pas trop, et on poursuit le projet. S’il fonctionne… bon Dieu que vous allez m’entendre m’angoisser et chier dans mes culottes dans quelques mois. Et peut-être que pour une fois en 2009, j’aurai l’impression de vivre vraiment.



16 novembre 2009

T'es loin. Et c'est bien.



Chaque fois, tu t’éloignes un peu plus. Et c’est probablement bien. Tout le monde me dit que tu as des problèmes psychologiques. Que tu n’es pas équilibré. Que tu ne sais même pas ce que tu veux toi-même. Que tu n’es pas heureux, que tu ne le seras jamais, car tu ne peux poser tes valises nulle part. Tu t’ennuies trop vite. Tu t’impatientes trop facile. Tu « give up » en trois secondes. Moi j’écoute, je tente de croire, et quand je suis très choqué contre toi, je réussis à y croire vraiment.

Je t’ai dit que même si je détestais « l’autre », j’avais un peu de pitié pour lui. Parce que je te vois aller sur les sites de rencontres, parce que tu rencontres au moins un mec par semaine. Juste en ami. Oui, juste en ami… jusqu’au jour où ce sera le coup de foudre, où tu t’attacheras à l’un d’entre eux. Et tant mieux pour toi. Bravo. Tu vas réussir à perdre deux personnes à la fois à ce moment-là. D’abord moi, qui vais très vite savoir que tu as quelqu’un de réellement officiel, et ensuite lui, celui qui me remplace présentement. Tu vas lui briser le cœur, lui faire subir la pire tristesse. Là, tu me dis que j’hallucine. Non attends. Que je « paranoïde » ! Je me fais des grandes histoires. Tu ne rencontres que des amis grâce à ce site de rencontre. Tu ne cherches pas de sexe. Tu ne cherches pas l’amour. Mais des amis gays. Et tu voudrais que je te croie. Tu voudrais tellement que j’avale tout ce que tu me donnes.

Hier, tu as fait la pire gaffe de notre couple. Tu as fait une blague qui te semblait anodine, mais qui a révélé ce que je ne voulais pas croire de toi. Ton jeu envers les gens. Ton jeu malsain envers toi-même, envers les autres, envers ceux qui t’ont déjà fait ramollir les jambes, ceux à qui tu écrivais que tu voulais vivre des dizaines et des vingtaines d’anniversaires ensemble. Hier, je suis entré dans la cuisine, et tu étais là, accroupi à jouer avec le chat. J’ai murmuré quelque chose, mais ça n’avait pas d’importance. Tu t’es relevé, et tu m’as regardé dans les yeux, pour dire très clairement : « Qu’est-ce que tu penses de notre amour ? ». Il y avait de la marijuana dans l’air. Dans ma tête. J’ai fait « quoi ? ». Et tu as reposé la même question, sur le même ton. Tu as vu l’espoir passer dans mes yeux. Tu l’as réellement vu, car j’ai senti un regard désolé dans tes yeux. Mais tu as persisté, m’envoyant cette phrase glaciale et sèche : « Je parlais de l'amour entre moi et le chat... En fait, je voulais seulement jouer avec toi, avec ta tête. » Et c’est là que j’ai compris tout le mal, tout le poison que tu étais en fait pour moi. À faire des blagues sur la souffrance que je traine depuis des semaines. À vouloir rire de la douleur de l’autre. Mais dis-moi, qu’est-ce que tu fais encore ici ? Pourquoi vis-tu encore à mes côtés ? Je t’ai dit que je te trouvais cruel. Mais je n’aurais pu rien dire. Tu t’approchais déjà pour me serrer dans mes bras et t’excuser de ta remarque. J’ai ouvert les bras par lâcheté. Et j’ai laissé filer. Mais dans ma tête, ça restera. C’est comme si tu avais utilisé ces mots simplement pour t’assurer que j’allais te détester. Félicitations. Ton travail est de plus en plus parfait.

Dimanche, tu es allé en voir un autre. Seulement un souper. Un souper avec un nouvel homme gai. Et tu voudrais que je ne me fasse pas d’idées, que je croie simplement ton désir d’amitié envers les hommes. Si tu te crois vraiment, c’est que tu te mens à toi-même, c’est que tu ne te connais pas encore assez.

J’ai décidé de ne plus verser de larmes. Même quand je t’ai vu encore ce soir, aller à sa rencontre, ouvrir la portière de l’auto et l’embrasser du bout des lèvres. Si je pleure, c’est moi le perdant dans ça au final. Je perds mes forces. Je vais donc écouter ma maman. Me ressaisir et apprendre à encaisser. Jusqu’au moment que j’attends. Pas besoin de le dire ici. Tu le sais déjà et je le sais aussi. Et tu n’es pas con. Je sais que tu vas combattre ce moment le plus farouchement possible. Pourtant, j’ai confiance; ton karma se jouera de toi. Tu finiras bien par tomber amoureux de l’une de tes rencontres. Et je sais très bien que tu ne pourras pas me le cacher. Ce sera peut-être alors ma libération. J’aurai sûrement un grand coup à l’estomac au départ. Mais quand la boule noire aura été vomie, je renaîtrai.

Tu m’as dit qu’une « pute était toujours une pute ». Et j’ai répliqué que tu te devais de me respecter dans la vie de tous les jours. Tu t’es mis à rire, et j’ai compris la chose que je suis devenu à tes yeux. Le plus grand problème dans cette histoire, c’est que tu ne sembles pas avoir compris la définition du mot « pute ». Observe bien ce qui se passe entre nous, et ensuite, je ne crois pas que tu auras besoin de te questionner longtemps pour savoir qui est vraiment la « pute » ici.



Résumé voyage 29 octobre – 14 novembre 2009

Partir pour revenir au même point.


6 novembre 2009


J’aurais dû écrire chaque jour, mais mon périple à Rome a été tellement extraordinaire et épuisant que je n’ai pas écrit une ligne. Mes parents m’ont laissé à l’aéroport directement, et je ne sais pas si c’est « l’effet départ » de l’aéroport, mais j’ai toujours les larmes aux yeux. C’est comme si je quittais ma vie chaque fois, surtout quand je pars seul. C’est comme un vide en dedans. Mais bon, je sais très bien que cette fois-ci, j’avais le cœur gros, surtout à cause de lui. J’ai eu exactement une semaine pour y penser pour l’instant, et je dois dire que le recul aide, qu’il ne me fait pas écrire n’importe quoi. Oui, j’ai eu quelques moments de tristesse, mais en général, je me rends de plus en plus compte que ce n’était pas l’homme de ma vie, et si ce n’était pas de l’excellent sexe, je l’aurais probablement oublié depuis longtemps.

Pas de cul en Europe pour l’instant, et pas vraiment l’intention d’en avoir. J’ai vraiment rayé les « expériences d’un soir » qui me laissent vide en dedans et qui me font comparer, toujours comparer. Rien eu avec Sébastien non plus. Étonnant aux premiers abords, surtout qu’on dormait dans le même lit à Rome, mais au final, nous avons été matures. On s’est rendu compte que le passé appartenait au passé, et qu’il serait trop périlleux de retourner puiser dans ces moments figés pour, peut-être, risquer d’en ternir l’image. Et il faut dire que si je suis célibataire, Séb, lui, est amoureux. Même s’il vit l’amour à distance. J’espère seulement qu’il saura trouver les bons mots pour garder cet amour éloigné malgré ses décisions prochaines.

Ah ! Sérieusement, le fait de retourner en Europe m’a redonné le désir de voyager. Avec mon travail sur Internet (même s’il n’y a pas de sécurité d’emploi), je me rends compte que je pourrais partir n’importe où. Et ça, ça n’a pas de prix. Au final, bien que j’aime ma vie à Montréal (et je l’aimais bien plus en couple, évidemment), dès que je pose mes pieds en France, je me sens chez moi. Ça bouge, je n’ai pas peur, je sais ce que j’ai à faire, je me sens en sécurité et j’ai l’impression de vivre ma vie plus intensément. C’est peut-être seulement l’illusion du voyage aussi.

Pour revenir à Rome… je crois que la ville a déclassé Venise. J’ai vraiment a-d-o-r-é le « beat » et la qualité de vie, et au final, je n’ai pas trouvé cela si cher que l’on me l’avait annoncé. Avec Sébastien, tout s’est passé « nickel ». Bon, j’ai bien eu quelques sautes d’humeur obligatoires (!), mais le caractère de Sébastien a bien compensé. On a visité la ville comme des fous, du Colisée au Vatican, en passant par la fontaine de Trevi, les forums romains et surtout les bons restos ! Je vais avoir repris les kilos perdus par ma peine d’amour; merde ! Mais bon… ça fait partie du « deal ». Par contre, je n’ai pas abusé en terme de desserts ou de gâteries… mais pains/pâtes/patates… mauvais mélange pour mon ventre !

Le retour à Paris a été un peu difficile; retard d’avion et Sébastien qui engueule tous les chauffeurs de taxi, parce qu’on vient de rater le dernier RER ! Mais bon… c’est la vie hein ! J’aime la France, j’aime la légèreté de la vie là-bas, le caractère des Français ne me dérange pas du tout. Et quand ça ne fait pas mon affaire, je suis capable de répondre !

Aujourd’hui, je prenais le TGV vers Aix en Provence. Quelle sensation étrange tout de même que de me retrouver ici trois ans plus tard. Le trajet de 15 minutes en autobus m’a rappelé le moment où j’étais allé chercher Luc à l’aéroport. Au fond du bus, le simple fait de lui tenir la main me faisait bander. Regarder le paysage… revoir les souvenirs. J’ai vécu ici, j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai aimé, j’ai détesté. Retrouver le passé comme si je retournais dans le patelin de ma jeunesse. C’est un peu le sentiment que j’ai. Comme si j’avais toujours vécu ici et que j’étais déménagé à Montréal pour revenir ensuite visiter mon ancien quartier…

J’ai réussi à écrire un peu à Paris. Mon nouveau roman. Il prend forme tranquillement. J’étais si fier (et totalement saoul) que lorsque je suis allé rejoindre Sébastien au restaurant, j’ai décidé de lui lire mon premier jet. C’était la première fois que je faisais ça. Je lisais si fort que j’ai eu les oreilles des tables voisines. J’ai trouvé ça enivrant (j’étais aussi bien enivré lol). Sébastien a beaucoup aimé. J’ai décidé de retourner à un ton simple, vrai. Pas de fioritures. Encore la vérité (ou plutôt la réinterprétation de la vérité). Ce roman, je l’ai dans la tête et dans le corps depuis plus d’un an. Alors, je me lance. Comme l’idée persistait, pourquoi pas ! Le but est de continuer d’écrire, peu importe quoi.

Je fume comme un fou. J’en profite, car je sais que j’arrête le 12 novembre. Jour de ma fête. Jour de mes 26 ans. Jour du retour à la santé. C’est la bonne fois. J’y tiens et j’y crois.

Hier, concert d’Arctic Monkeys au Zénith. Excellent. J’ai bu. Encore. Après le concert, je me suis perdu dans le parc de la villette. Mais au lieu d’avoir peur, j’ai profité. C’est tellement bon de se perdre parfois. Surtout dans une ville qu’on adore. Et puis, ça compense pour l’acte manqué du Jardin du Luxembourg. J’y suis arrivé trop tard. Habituellement, chaque fois que je vais à Paris, je passe par le jardin du Luxembourg. C’est une habitude. Depuis 2001. Ça me rappelle les souvenirs de mon 1er voyage. Puis celui en 2004 avec Annie, Simon et Frank (même si ce dernier n’y était pas). Je me rends compte que chaque fois que je me retrouve au Luxembourg, je suis devant de grandes décisions sur mon avenir. Cette fois-ci, la grande décision est : vais-je repartir vivre ailleurs bientôt ? Un autre exil ? Je n’y croyais pas encore il y a quelques semaines, mais de me retrouver ici me redonne étrangement le goût de partir. Seul l’avenir nous le dira… mais j’ai cette impression que l’avenir pourrait arriver beaucoup plus vite que je ne le pense. À suivre…

8 novembre 2009


L’expérience d’Aix en Provence me semble moins concluante que ce à quoi je m’attendais. En arrivant un dimanche, j’avais oublié que la ville était morte. Et en parcourant les petites rues, j’avais plutôt l’impression de voir des clichés. Des photos de souvenirs. Et devant la cour d’appel d’Aix, je l’ai revu instantanément. Décembre 2005. Une photo prise devant ces grilles. Luc. Le sourire juvénile, la transparence de notre complicité. Je crois réellement que c’est durant ces deux semaines de voyage que nous avons vécu la meilleure communion : Moi, trop heureux de revoir le garçon tant aimé et tant fantasmé. Lui, ne me connaissant pas encore complètement, ouvert au voyage, aux expériences de la découverte, et amoureux de moi; ou plutôt de l’image de moi qu’il s’était créée au fil des semaines pendant mon absence. Première fois que nous vivions en si petite proximité (9 m2) pendant si longtemps (2 semaines). Je m’étais dit que si on survivait à ça, il n’y allait avoir aucun problème à cohabiter en appartement. Comme quoi, on est parfois bien inconscient.

Je m’ennuie de lui. Un peu. Me retrouver ici me ramène au début de ma jeune vie d’adulte, où tout était possible, où tout ce que je touchais pouvait se réaliser; il suffisait d’y croire. Oui, j’ai perdu beaucoup d’illusions avec les années. En fait, je ne sais plus vraiment qui je suis, où je vais. Ce voyage n’apporte pas vraiment de réponse, mais plutôt de grands questionnements sur la suite de ma vie. Au final, je me demande si on réussit réellement à se connaître un jour. J’ai parfois l’impression que je peux beaucoup mieux déceler le caractère des autres que le mien. La sagesse de soi-même en vieillissant, j’y crois de moins en moins. Je sais qu’on ne trouve pas nos réponses à l’autre bout du monde, mais je m’étonne, car je pensais avoir classé le dossier « exil », et pourtant, il me rattrape, avec cette envie de tout quitter, de repartir, de me perdre ailleurs, même si je sais que « l’évolution » recherchée n’y sera pas. Peut-être que je me pose trop de questions. Je m’en suis toujours trop posé de toute façon. Je devrais peut-être vivre et cesser de toujours tout analyser et tout tenter de comprendre. Mais je suppose que c’est le calvaire de l’écrivain. Il faut bien avoir des défauts. Non, je déconne, j’en ai des milliers.

9 novembre 2009


Ouais ben c’est pas tip top ce 2e segment de voyage à Aix-en-Provence. Je me rends compte que la vie change, qu’il est impossible de recréer le passé. Chaque endroit, chaque rue, chaque parc me rappellent les souvenirs heureux, ceux où j’étais seul, mais en couple au loin. Ceux où j’étais amoureux malgré la distance. Non, je crois fortement qu’il ne faut jamais revenir aux endroits où l’on a vécu durant plus d’un an. Les amis n’y sont plus, ceux qui restent ont trop changé, et même si la ville est restée la même, moi je ne le suis plus le même. J’ai compris que l’exil ne se jouait que dans un sens. Les prochains périples seront là où je n’ai jamais posé les pieds. À Rome, je ne pensais que très peu à lui. Ici, c’est un calvaire. Tellement que j’ai même pensé à reprendre le train plus tôt pour remonter à Paris.

Je ne suis plus un adolescent ou un jeune adulte. J’ai vieilli, j’ai fait mes deuils, maintenant je me sens vide ici. J’aurais préféré garder les vieilles images, à défaut de ne plus m’en souvenir. Je n’ai presque pas pris de photos. Je n’en vois pas l’utilité. Et j’ai tout à coup peur. Peur du retour. Peur que rien ne change. Que je retourne à mon triste sort (qui n’est pas si triste, j’en conviens).

Je lui ai fait des avances sur Internet. Comme dans le temps où l’on s’écrivait mille courriels par jour. Distance, absence, mal du pays, mal de ceux que l’on aime. Encore une fois, retour à case départ. Je suis perdu. Et ce n’est pas un voyage de deux semaines qui y changera quelque chose malheureusement. Alors que faire au retour ? Je dois trouver une solution; une plus grande occupation, un projet fou. Quelque chose qui me tirera de moi-même, pour me prouver que je suis encore vivant, pour oublier que je suis présentement le spectre de ma jeunesse naïve, mais oh ! Combien heureuse ! On met souvent le passé sur un piédestal, je sais. Bref, tout est à recommencer, tout est à revivre. Encore. Encore. Encore.

11 novembre 2009 (Luxembourg Prise II)




Me revoilà de retour à Paris un jour plus tôt, et je ne regrette pas d’être parti d’Aix avant mon temps ! J’ai retrouvé Sébastien hier soir et on a fêté mon anniversaire avec deux de ses amies de fille. Très charmantes. J’ai eu du plaisir, la conversation a coulé et je me suis rendu compte que Sébastien était loin de revenir à Montréal. On a bu beaucoup et on a continué à boire au retour à l’appartement, seuls tous les deux. Des discussions aussi profondes, ça faisait des années que je n’en avais pas eu. J’ai été surpris de voir Sébastien soupirer plusieurs fois. Pas de soupirs d’ennui ou de contradiction, mais des soupirs de larmes retenues, ou du moins, de tristesse non assumée. Il a de grandes décisions à prendre, mais il connait déjà ses choix. Et puis on a parlé de nous, parce qu’il est vrai que nous n’étions jamais revenus vraiment sur nos vies communes, sur le chemin que nous avions fait ensemble. Il m’a demandé si je l’aimais réellement quand nous vivions notre histoire. Et je n’ai pas été capable de répondre. Parce que ma réponse d’aujourd’hui et celle du temps diffèrent totalement. En fait, j’étais amoureux du concept que l’on formait; de cette relation à trois avec Tania, mais aussi du fait de pouvoir charmer et plaire à des gens qui avaient deux fois mon âge. Oui, beaucoup de philosophie hier soir, un truc qui m’a fait un bien énorme, qui m’a jeté moi aussi au bord des larmes. Sébastien m’a avoué que l’image qu’il avait de moi était fausse. La personne centrée sur elle-même qu’il me croyait encore être a évolué et a laissé la place à l’extérieur, au senti des autres. Ça m’a plu qu’il me dise que je n’étais plus aussi égocentrique qu’avant. Pourtant, la carapace est toujours là. Il faut vraiment que j’accorde ma confiance à quelqu’un avant de vouloir m’intérioriser avec elle.

Le temps file, les gens changent, mais certaines personnes restent les mêmes si on arrive à prendre le temps de les retrouver. Et ils se font rares les amis que l’on retrouve intacts après une si longue absence. C’est comme un cadeau de la vie, et hier, j’ai été très reconnaissant de l’avoir vécu. Ça m’a permis de me rendre compte qu’il y avait autre chose que ma peine, que ma perte amoureuse.

Je suis présentement au jardin du Luxembourg, et ça me rappelle des tas de souvenirs et ceux-ci sont positifs. Ils sont positifs, car ce sont des souvenirs de passage. Premier voyage en 2001, devant ce château, encore rempli d’innocence. Et 2004, avec Annie et Simon, à déconner sur un banc, sentant le désir se pointer, celui qui allait se réaliser le soir même. La jeunesse me quitte de plus en plus, mais je l’accepte. J’accepte le sort étranger qu’est la vieillesse. Et on dirait qu’en regardant le décor, je réussis à me dire : « Ça va bien aller. Un jour, tu sortiras de ta peine. »

Et l’écriture ? Hier, j’ai été lucide lorsque je parlais avec Sébastien. Écrire est devenu quelque chose de plus personnel, quelque chose où la publication n’est plus le but ultime. J’écris d’abord pour moi, pour revenir et réinterpréter les événements de ma vie. Et au final, je m’en fous si j’ai tout faux, si je déforme mon existence. L’écriture est ma psychothérapie, elle me permet de retrouver mon équilibre en refixant le passé. Ensuite, que je tente de transposer ce que je vis en Art; soit. Je ne m’attends plus à devenir un auteur célèbre, je ne m’attends plus à vendre des milliers de copies. Si cela arrive un jour, tant mieux, mais j’ai compris que je ne pouvais pas tout contrôler. Si je peux faire vivre des moments heureux à certaines personnes, si je peux en toucher ou en aider d’autres, j’aurai déjà réalisé un pas de plus. Mais la première personne qu’il importe d’aider, c’est moi.

C’est fou comme on peut passer d’une journée sombre à une journée lumineuse et pleine d’espoir. Je suis prêt à revenir à Montréal; je sais qu’il y aura d’autres erreurs et d’autres déceptions, mais il faut affronter, car finalement, la vie n’est qu’un perpétuel affront qui se termine le jour où l’on s’éteint.

14 novembre 2009




Mon retour. Quelques heures de joie, avant le retour des larmes. Quand je suis arrivé, il était là. On a bien discuté, je lui ai offert quelques cadeaux, même si ironiquement, c’était le jour de ma fête, et je savais très bien que je n’allais rien avoir du tout. Il m’avait promis un gâteau de fête, mais il n’y avait rien. J’ai laissé passer. On a soupé ensemble, on a fumé un joint ensemble, on a baisé ensemble. Et tout à coup, j’ai carrément oublié que l’on n’était plus en couple depuis plusieurs mois déjà. Comme si j’étais dans un conte de fées, j’ai eu l’impression que je revenais, qu’il s’était ennuyé de moi, qu’il avait envie de me voir, de me coller, de me toucher, de m’embrasser même. Et je me suis enfermé un peu plus dans ces illusions. Pour passer un jour de fête heureux, satisfait sur presque tous les points. Mais voilà que vendredi 13 s’est pointé, et tout s’est écroulé. Le fait d’avoir cessé la cigarette n’a probablement pas aidé. Je me suis mis à retrouver cette ancienne vie, celle où je ne peux plus le prendre dans mes bras, celle où il vit déjà d’autres sentiments pour quelqu’un d’autre, celle où il est totalement clair dans sa tête : c’est fini pour de bon, il n’y a pas de retour en arrière. Pas cette fois. Et alors je pleure, je pleure parce que je me souviens de 2007, où ce même jour était celui de notre retour ensemble, de notre deuxième chance. Un jour où la vie nous souriait, un jour où le simple fait de se coller l’un à l’autre nous donnait des pulsions très intenses. Il m’a même avoué que lors de nos premières rencontres, il avait les jambes molles. Entre cet effet et la vie d’aujourd’hui, c’est comme si des siècles s’étaient écoulés. Alors, j’ai pleuré, et il s’est frustré. Énervé de jouer à la « babysitter », comme il le dit si bien. Avant d’aller faire l’épicerie, l’histoire du gâteau a refait surface. Il m’a dit; « si tu achètes les ingrédients, je te ferai un gâteau avec plaisir ! ». Déjà, ce n’est pas très vendeur comme idée, mais j’avais fini par accepter, par dépit. Mais juste avant de quitter l’appartement, il me suggère finalement d’acheter un gâteau congelé. Alors là, je n’ai pu réprimer le mot « cheap » entre mes lèvres et je lui ai dit de laisser faire. Eh bien, c’est cela qui l’a frustré, et finalement on s’est fait la gueule le reste de la journée. Je passe encore pour le méchant qui cherche les longues tirades d’astinage comme il dit. Et je finis par me sentir coupable au final. J’ai pleuré dans les bras de ma coiffeuse. Ma soirée a été très bof. Et voilà que je me retrouve comme au point de départ. Luc me disant même que j’ai régressé. Que j’étais mieux avant de partir. Et voilà que je me demande à quoi sert la vie, si ce n’est qu’une répétition du mal, si je vais devoir toujours continuer à vivre avec le souvenir de l’autre, toujours en tête, comme j’ai encore le souvenir des autres avant lui. Je suis épuisé. Épuisé malgré les vacances. Épuisé par la souffrance, par le fait de ne pas être capable de me détacher d’un mec. Merde, ce n’est qu’un mec parmi tant d’autres. Pourquoi mon cerveau n’arrive-t-il pas à faire la part des choses ? Pourquoi m’imaginer que de couper les ponts me semble encore pire que de supporter ma souffrance chaque jour ?

Ma mère vient de téléphoner. Et je n’ai pu retenir mon torrent de larmes. Elle le sentait, elle le savait qu’elle m’a dit. Ça m’a fait du bien de lui parler, de cesser de dire que tout allait bien et qu’il n’y avait pas de problème. Elle a raison, je suis dans une impasse et je n’ai pas grand choix. Tout ce que je peux faire, c’est de me ressaisir, d’essayer de penser à moi, et non à lui. Ce sera le nouveau défi du mois. Ça et de ne pas flancher pour fumer une clope. Tiens; diluons l’amour que j’ai pour Luc avec le fait d’arrêter la cigarette. C’est très difficile au début, on y pense chaque seconde, puis chaque minute, puis chaque heure, et il arrive que ce ne soit qu’une fois par jour, puis une fois par semaine, et plus vite que l’on pense, on se met parfois à voir des images de nous, il y a longtemps, cigarette à la main, ou encore bras autour des épaules d’un amour à oublier. Et puis viens un temps, avec les années, parfois de lentes et longues années, où l’on repense à cette cigarette ou à cet homme, et l’on se dit qu’on a été tellement con, tellement stupide de s’attacher à cela. On finit par en rire. Ou parfois on n’en rira jamais. Mais on aura un sourire perplexe sur le visage, qui se demande réellement : « mais quel genre de personne on était pour s’abaisser si bas à faire cela ? »

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