Plusieurs choses encore une fois depuis le mois passé. Ce n’est pas que je ne veuille plus écrire, c’est simplement la vie qui mange le temps, et pourtant, du temps, je ne peux pas dire qu’il m’en manque. C’est juste que je ne le place pas à la bonne place, que je n’en profite pas de la bonne manière. Difficile de vieillir et de s’arrêter pour comprendre ce qui se passe. On préfère laisser le temps filer, et s’en souvenir seulement une fois par année, lors d’une fête qui nous rappelle que l’on a encore gagné un chiffre.
J’ai toujours l’impression d’avoir l’air négatif ou mélancolique quand j’écris ici. Ce doit être pour cette raison que j’écris si peu, que je suis devenu presque distant avec ce nom de domaine qui est payé encore pour deux autres années. Je ressens seulement le besoin d’écrire lorsque la nostalgie m’envahit ou lorsque je dois penser à l’avenir.
J’ai pourtant plusieurs choses à dire. Alors, aussi bien me lancer maintenant. Vendredi dernier, souper « retrouvailles » avec deux très bonnes amies rencontrées à Aix en Provence. Ça faisait un an qu’on avait toujours une raison de repousser ce souper. Si bien que j’en avais presque un goût amer en bouche. Mais dès que je les ai retrouvées, je me suis souvenu pourquoi je les aimais tant. Elles m’avaient promis une lasagne maison, et j’ai eu droit à un vrai festin. Elles ont même fait les pâtes ! Elles habitent toutes les deux dans un quartier très intéressant; le Mile-End. Endroit que mon chum voudrait tant habiter, mais toutes les annonces d’appartement que l’on voit sont hors de prix. C’est juste fou.
Alors oui, c’est bien vrai; essai #2 avec mon chum, retour à la vie commune. Si j’ai peur ? Bien évidemment. Même si nos comportements se sont améliorés depuis notre retour en couple, j’ai toujours peur que de revivre ensemble ramène les problèmes « logistiques », ces petites niaiseries qui nous font perdre patience pour un rien. Mais bon, on a maintenant un chat ensemble, on a des projets, on s’aime. Il a retrouvé le goût de la liberté (il voit plusieurs amis gais. Et je me demande parfois si je ne devrais pas faire de même, mais je me connais, j’ai de la difficulté à faire la séparation entre amitié et amour gai. Je ne veux même pas tenter le coup, je connais mon passé). Et ma règle tient toujours : je veux que nous vivions dans un grand appartement (5.5 ou 6.5), près des métros Beaubien, Rosemont, Laurier ou même Fabre. On est quand même prêt à payer jusqu’à 1000$ par mois. J’en avais visité un très très très beau sur la rue Bordeaux dans un coin que je voulais; il semblait parfait, le proprio était gentil; on s’est même assis ensemble, il m’a offert une clope, on a discuté de littérature… Ça semblait déjà signé. Mais j’ai téléphoné lundi, et oups, quelqu’un était supposément passé avant moi. Dommage. Mais bon, je me dis que la vie en a un autre pour moi. (Si vous avez des plugs !!) Je ne perds pas confiance, mais je dois avouer que ça me gruge beaucoup d’énergie.
Énergie que je ne mets pas sur mon mémoire (alors que je devrais tellement y travailler présentement !). J’ai appris que ma directrice de mémoire était enceinte. Il faut un peu que je m’arrange pour remettre tous mes trucs avant la fin juin. Ce serait logiquement parfait pour moi. Mais bon, on verra bien. J’en suis à la réécriture du mémoire critique, que je dois réorienter un peu (mais j’en suis bien heureux dans un sens). J’ai encore deux semaines pour y arriver, et ce laps de temps me rend flemmard. Je préfère me concentrer sur mon travail sur Worldtop, je continue à engager des gens, j’y mets beaucoup de temps, et pour l’instant, ça paie encore. Jamais comme ça payait en octobre dernier, mais quand même! Cet emploi est bon et mauvais. Bon parce qu’il me permet de bien vivre, de me concentrer à autre chose. Mauvais parce que s’il disparait d’un coup sec (ce qui pourrait facilement arriver), je me retrouve complètement con, les mains vides, à devoir retrouver quelque chose d’autre qui ne sera définitivement pas autant payant. J’ai hâte (et pas hâte à la fois) de voir ce que la vie me réserve. Mais bon, une chose à la fois, alors pour l’instant, c’est le mémoire.
Je suis allé souper chez mes parents il y a deux semaines. Un bon petit souper, juste nous trois. C’était bien, très bien. Je parlais de mon emploi, et je parlais qu’on allait peut-être même signé des documents chez un notaire au cas qu’il nous arrive quelque chose (pour que nos revenus soient versés à nos descendants). Et quand j’ai prononcé le mot « descendants », je les ai entendus rire; comme si je parlais d’une impossibilité, vu ma condition sociale. J’ai trouvé ça blessant, un peu dommage, mais en même temps compréhensible. Ils sont de la génération « baby-boomers », pour eux, deux hommes qui s’aiment ne peuvent pas élever un enfant. Plusieurs pensent la même chose. Et pourtant. J’aimerais avoir des enfants. Pas tout de suite. Pas encore. Je ne suis pas assez mature. Je m’occupe d’un chat et c’est bien assez pour l’instant. Mais à l’aube de mes 32 ans… qui sait… (je viens de choisir le chiffre au hasard!). Enfin, encore une fois, qu’est-ce que l’avenir me réserve, je ne sais point.
Côté amical, c’est difficile ces temps-ci. J’ai l’impression de ne pas être autant entouré qu’avant. Oui, bon, c’est la période des études, et tout le monde a ses préoccupations, mais ce n’est pas réellement de ça que je veux parler. Je veux parler des engagements, des déceptions face aux amitiés légères (qu’une personne prend au sérieux, alors que l’autre s’en fou). Je suis souvent déçu par les amis. Des amis qui promettent de téléphoner, mais qui n’appellent pas. Des amis qui nous donnent rendez-vous, mais qui ne se présentent pas, et qui n’expliquent même pas leur absence. J’en parlais avec mon chum, et il vit un peu le même sentiment. On trouve que plusieurs de nos amis ne sont pas fiables. Et sérieux, à notre âge, je trouve ça un peu ridicule de faire encore « affaire » avec des gens comme ça. Mon chum et moi, on est vraiment dû pour se faire des amis de « couple », mais pourtant, on a tellement pas les mêmes intérêts (et donc pas les mêmes intérêts amicaux non plus).
Enfin, je suppose que tout ne peut pas aller toujours bien dans la vie, et si ce n’est que le seul détail qui nous énerve, on n’a pas à chialer sur ce sujet. Ma vie va bien, je me suis calmé un peu côté régime, parce que j’y allais trop fort, et après avoir passé près de m’évanouir en plein métro, je me suis dit qu’il était temps d’agir en adulte, de jeter ces vilains cachets aux poubelles et de prendre ma santé en main. Appart quelques livres en trop, je pense que je m’en tire pas trop mal. La cicatrice sur mon bras guérit tranquillement. On me complimente parfois en me disant qu’on dirait un tatouage arabe. Eh bien.