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Le 28 mars 2008

Les nouveaux médias littéraires


D’abord et avant tout, bonjour aux nouveaux lecteurs, car je suis assuré qu’il doit y en avoir quelques-uns qui ont été curieux après m’avoir entendu parler au colloque sur les nouveaux médias littéraires à l’Université de Montréal.

Parlons donc un peu de ce colloque ! Je dois avouer que je ne peux être plus que satisfait. Je m’en faisais beaucoup, car il s’agissait de mon premier colloque officiel, et dieu sait que je ne suis pas le meilleur orateur en ville ! Cependant, le sujet me passionne tellement que c’est tout naturellement que j’ai répondu à la plupart des questions posées. Je suis d’ailleurs agréablement surpris, car j’ai eu l’impression de parler beaucoup plus que les autres intervenants. Même les questions du public me semblaient plutôt rivées vers ma problématique. J’ai eu un peu de difficulté à répondre à la première question de l’écrivain Péan, mais je me suis vite repris en lui demandant d’affiner sa question. C’est drôle aussi, j’ai revu des visages que je côtoyais dans mes cours de bac à l’UQAM. C’est intéressant de voir où en sont les autres, et comment nos parcours peuvent parfois différer et se retrouver au même endroit au même moment.

Je dois avouer que je me sens libéré, car les deux derniers jours ont été assez intenses au niveau intellectuel et émotif. D’abord parce que ma directrice de mémoire s’est rétractée d’une façon assez… comment dire ; étrange ? Je m’explique : la semaine passée, première version de l’élaboration du projet de mémoire, tout semblait aller bien pour elle, elle me parlait de resserrer mon texte et de corriger certaines lacunes de syntaxe, mais ça ne semblait pas dramatique. Or, hier, c’était tout le contraire. Le drame presque. Elle m’a dit qu’on devait tout changer, qu’elle ne savait plus trop quelle voie prendre avec tout ça, qu’elle hésitait et n’était pas certaine que j’allais pouvoir déposer en avril. Je l’ai confronté dans cette dernière affirmation, car pour moi, il s’agirait d’un grand échec si je n’arrivais pas à déposer mon élaboration en avril. Bref, je suis sorti du bureau avec du pain sur la planche, à deux semaines du dépôt, en plus des travaux de fin de session à remettre. Ça me laisse carrément 10 jours pour arriver à pondre plus de 60 pages de qualités. Je ne sais toujours pas ce qui va en advenir, mais mes recherches avancent à 100 à l’heure. Je crois même avoir une bonne idée pour arriver à régler le problème méthodologique de mon mémoire, mais j’attends tout de même les conclusions de ma directrice et de Monsieur Rivard ; qui lui, sera me dire vraiment où j’en suis et quelles sont mes possibilités.

J’ai dû annuler ma fin de semaine de couple pour pouvoir travailler sur mes projets. Pas trop le choix. Et en plus, avec le travail de supervision de rédacteurs publicitaires que je fais, c’est plus chaud. 30 employés à ma charge, qui me posent des questions à l’infini. Mais bon, je réussis à gérer pour l’instant.

Ce soir, je préfère oublier le stress qui s’en vient. Déjà, j’ai une angoisse en moins grâce à ce colloque qui s’est somme toute très bien passé. On fête un peu pour se détendre, et dès demain, reprise du travail acharné. Je suis « blindé », je vais me pousser à tout remettre dans un parfait état avant le 10 avril. À vos marques… Écrivez !


Maxime Collins, 28/03/08 19:00 PM



Le 20 mars 2008

Trois


Ce qui s’est passé dans les dernières 48 heures m’a ramené dans la nostalgie du passé. D’abord, en début de semaine, quelques échanges avec Tania ; un ou deux courriels aussi, puis quelques mots sur MSN. Elle était en train de lire ma nouvelle « Monter plus bas », s’associant au personnage de Xavier, alors que j’avais plutôt vu Mary en elle.

J’étais content d’avoir de ses nouvelles. Parfois, quand les exs s’en vont, c’est un soulagement ; mais très rarement dans mon cas. C’est comme si la disparition d’un être effaçait le passé que l’on avait vécu ensemble. Cela arrive aussi avec les amis, dans une moindre mesure.

Bref, j’étais heureux d’avoir de ses nouvelles. Ça reste encore tout de même la seule « vraie » femme de ma vie. Mais c’est hier que le destin s’est amusé ; un clin d’œil je suppose. Téléphone de Sébastien. Appelant de la France (comme quoi j’étais prophète dans mon roman Trois Saisons dans le désordre !). Il appelait pour me parler d’une petite nouvelle écrite pour un concours littéraire à l’école, nouvelle que j’avais soumise à quelques amis, leur disant de la lire s’ils en avaient l’occasion. (Parenthèse ici ; je suis très surpris du taux de réponse d’ailleurs ; presque tous ont laissé leur commentaire… sauf mon chum bien sûr ; qui ne s’intéresse même pas à la nouvelle qu’il m’a inspiré par sa propre absence, bref !).Erratum; reçu un mail de mon chum, il vient de la lire, ajoutant un petit commentaire vicieux: "je me félicite de ne pas t'avoir téléphoné samedi passé, ça donne de bon résultat MDR". (!)

Et me voilà donc, au téléphone avec Sébastien, regardant paragraphe par paragraphe le texte. Ça devait faire 5 ans qu’on n’avait pas eu un moment du genre ensemble ; une bonne conversation téléphonique ; parlant littérature, mais abordant d’autres sujets dont la vie en France bien sûr. Ça me manquait, et ce, même si je ne m’en rendais pas compte. Notre amitié en avait mangé un coup depuis Barcelone ; distance déjà établie depuis la fin de nos relations intimes. Quand j’y repense, j’ai l’impression que ça fait un siècle. Comme si j’avais vécu deux vies. Je me rends compte que probablement le seul moyen pour retrouver notre complicité entre Sébastien et moi était qu’il parte dans un autre pays, qu’il vive un peu ce que j’ai déjà vécu. J’ai trouvé ça quand même étrange d’entrer en contact avec les deux êtres de cet ancien trio. Mais la vie n’avait pas terminé de me surprendre encore !

Hier, comble du hasard, je sortais avec Alix (l’ex-copain de Sébastien pour ceux qui ne suivaient pas le chapitre de 2001-2002). Un concert d’AaRON, ce groupe de musique que j’ai tant écoutée quand mon chum m’avait laissé. Endless song ; la pièce qui avait d’ailleurs fermé ce site web l’été passé.

Bref, ce fut une très belle soirée, où j’ai repris goût à la conversation. Je ne sais pas si j’en fais une obsession, mais je m’ennuie d’avoir des conversations philosophiques. Pas intellectuelles, mais juste plus profondes sur la vie. Tout ça me fait réfléchir encore une fois au temps qui passe, au temps qui efface l’ombre des gens que l’on a aimés.

Heureusement que j’ai ces quelques éléments de poésie qui entrent en contact avec ma vie, car sinon je m’arracherais les cheveux en quatre avec cette session qui n’en finit plus.


Maxime Collins, 20/03/08 19:47 PM



Le 18 mars 2008

La Philosophie du couple


Bon, je ne veux pas tomber dans le personnel. J’ai juste une question à jeter en l’air. Vous, dans votre couple, considérez que vous devez être sur la même longueur d’onde philosophique ? Non… en fait, ce n’est pas la bonne question. Je demanderais plutôt ; croyez-vous qu’il est essentiel d’avoir des discussions profondes en couple (outre que les discussions profondes sur le couple qui se regarde lui-même)? Je pense par exemple à des discussions sur des théories abstraites, sur l’art, sur la littérature, etc.

Je dis ça, parce que j’ai toujours senti des discussions de surface que je regarde du mauvais œil dans mon couple. Comme si on ne se donnait pas la peine d’approfondir les choses, comme si chaque fois que je tentais de plonger dans un sujet de façon plus philo, je me butais à un mur.

Ce soir, la corde sensible a été touchée d’une certaine façon, et j’ai vu deux adultes réussir à se parler sans péter leur coche. J’avoue que j’en suis fier, parce que je ne crois pas que ça se serait passé ainsi il y a quelques mois. On est tombé sur un sujet qui me tient à cœur ; la relation à la fiction et à la réalité. J’épargne ici la discussion, mais tout ça pour dire qu’on était pas d’accord (ce qui n’est pas mal en soi). Cependant, quand l’autre affirme son désaccord en criant au ridicule ou à la stupidité sans même défendre sa position avec des arguments, ça vient me chercher vivement. C’en est suivi une conversation sur le « goût » vs « l’opinion », où mon chum s’est entêté à me dire que c’était la même chose ; et moi d’y aller d’une argumentation très contraire. Le goût n’a rien à voir avec les opinions. Le goût est personnel (comme l’opinion, certes), mais il s’applique (selon ma vision) sur des choses beaucoup plus concrètes (une couleur, un savoir, un sport préféré) tandis que l’opinion ne dit pas seulement « j’aime ou j’aime pas », mais elle ajoute le pourquoi ; ce « pourquoi » que je semble avoir tant de difficulté à lui faire élaborer.

Bref, on aura touché à l’art, à la littérature, à la peinture… Et pour la première fois, pendant près d’une heure, nos arguments ont eu l’air (car il reste du travail !) à de la philosophie de couple. Ça beau ne servir à rien selon certains, mais j’ai cette conscience qui me dicte que c’est ce qui fait avancer l’humain. C’était ce qui me manquait avec mon chum. Dans mes anciennes relations, la vie même était une question. On s’attardait à chaque détail, on analysait chaque chose qui nous concernait, ou même au contraire, qui n’avait rien à voir avec nous. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas parler pour rien. Sans discussion du genre, il y a une « fadeur » qui s’installe, une morosité qui ne donne simplement plus envie de discuter, parce que… ça semble ne jamais servir à rien.

Après la conversation, j’ai fait l’erreur de lui dire que j’étais fier de lui. Ce n’était pas hautain, ce n’était pas malsain, mais il a interprété mon propos comme une agression, pensant que je lui parlais comme à un enfant. J’ai répliqué que si je le considérais comme un enfant, je ne m’acharnerais pas autant à vouloir le faire philosopher et approfondir le sens de la vie à mes côtés.

Enfin ! Je suis bien heureux, car on a pu se parler en adultes, et la soirée s’est bien terminée. Signe qu’on grandit, je suppose.


Maxime Collins, 18/03/08 23:51 PM



Le 14 mars 2008

Queer As Folk


Aujourd’hui, j’ai envie de faire de la promo. De la promo à retardement tout de même, car tout cela a pris fin en 2005. Je parle de l’émission Queer As Folk (version US). Ça fait longtemps que je veux en parler et on dirait que je m’arrête à chaque fois, me disant que ce n’est que babiole, divertissement ou autre truc destiné en premier lieu au plaisir et non à la réflexion. Pourtant, après avoir écouté 2 saisons en entier, je n’arrive pas à me sortir ces personnages de ma tête. Ils sont là, en permanence, et c’est comme s’ils vivaient avec moi, comme s’ils étaient mes amis. Vous savez, avant, j’avais plusieurs courriels de gens qui me disaient qu’ils m’avaient tellement lu qu’ils avaient l’impression d’être mon ami. J’avais un peu de difficulté à y croire, trouvant cela flatteur, mais me l’exposant selon ma vision, soit celle que je vivais : le plaisir de lire et de me retrouver dans les personnages d’un livre ou d’un film. Et même si mon élan amical continuait un peu après avoir refermé le livre ou être sorti d’un cinéma, je finissais par oublier ces « amis littéraires ». Or, lorsque l’activité (lecture, visionnement, etc.) revient quotidiennement, l’attachement augmente tant que le désir de continuité n’est plus un désir, mais bien une nécessité. Je trouve intéressant, donc, de le vivre soudainement à mon tour. Je l’avais déjà vécu à moindre degré avec les personnages de Six feets under, mais rien de comparable à Queers As Folk.

À la fois, Justin me fait penser à mon chum. Brian me fait penser à Jean-François, mais aussi à un certain « moi » d’avant (passé, je l’espère). La relation entre Brian et Micheal me fait aussi penser à ma première relation amoureuse adolescente. Bref, les personnages me parlent ; ils sont comme la représentation de certaines personnes de ma vie et de certaines phases ou étapes cruciales qui font ce que je suis devenu aujourd’hui.

Bref, plusieurs lecteurs ne doivent pas comprendre de qui je parle, puisque plusieurs ne doivent pas avoir vu l’émission, mais permettez-moi de vous la recommander chaleureusement !

Sur une tout autre note, je suis à la recherche de gens qui aiment travailler à domicile grâce à Internet et qui sont très bons en français et imaginatifs. J’ai décidé de rouvrir à petits pas mon service de rédaction. En gros, il s’agit d’écrire des articles de 250 mots (c’est surtout sur des trucs promotionnels, mais vous pouvez utiliser votre imagination pour pondre le texte informatif que vous désirez) accompagnés d’une image. Un travail très simple, et si on est rapide sur le clavier, un travail qui paie quand même. Voilà comment ça fonctionne pour le paiement :

1$ par article, pour les 50 premiers articles.
1.50$ par article, pour les articles 51 à 100
Puis 2$ par article à partir du 101e article.

Paiement comptabilisé à la fin de chaque mois et envoyé par paypal (minimum 25$) ou par chèque (minimum 80$)

Je vous donne un exemple d’un article pour que vous vous fassiez une idée ;
Article sur Face Book (exemple)

Donc si vous cherchez à faire un petit peu d’argent facilement, contactez-moi (maximecollins [A] hotmail.com), je n'en engage pas beaucoup, donc premier arrivé, premier servi !


Maxime Collins, 14/03/08 12:45 PM



Le 4 mars 2008

Analyse de cas


C’est rare que je m’attaque au cas d’une personne, et encore, s’attaquer est un grand mot, mais j’ai vraiment envie de glisser quelques commentaires sur le personnage qu’est Michel Brûlé. Dans un de mes cours (où j’ai fait mon oral justement — m’étouffant complètement pendant 10 minutes au moins), une étudiante a fait un exposé sur l’éditeur Michel Brûlé. Je crois qu’il n’a plus besoin de présentation pour les Québécois, mais si des Français lisent, disons que c’est un éditeur à part dans le monde de la littérature. C’est un peu le fou du roi, l’idiot du village, et en même temps, il est en quelque sorte visionnaire, parce qu’il a su comprendre les lois du marché et le « mauvais goût populaire ». Après cet exposé, où on a ri surtout des déclarations très contradictoires du personnage (il n’y a qu’à lire tous ses commentaires sur la place publique, pour ensuite regarder de plus près son mémoire de McGill !), j’ai quand même été intéressé par l’auteur, histoire de voir si l’éditeur avait pris toute la place de l’auteur parce que ce dernier n’était que nullité ou cliché.

Michel Brûlé, c’est l’écrivain qui se victimise, se disant incompris des autres éditeurs, parce qu’en 10 ans, ils n’ont jamais accepté ses manuscrits. Il a donc décidé de fonder sa propre maison d’édition (Les Intouchables). Jusque-là, l’action est valable ; on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Là où ça saigne, c’est que Monsieur Brûlé ne publie que des titres provocateurs, cherchant l’attention des médias, cherchant ce goût du sang dans le public, dans la masse. Et ça marche, bien entendu. Parfois (très souvent), ça part en flop aussi, il n’y a qu’à penser à une certaine Marie-Ève, jeune supposée écrivaine de 12 ans, qui avait en fait plagié un livre publié sur Internet. On se demande si Michel Brûlé avait lu plus de 3 pages de son manuscrit pour ne pas être en mesure de comprendre que le vocabulaire de la jeune fille versus le vocabulaire de l’auteure était tout simplement de deux registres différents. Bref bref bref. Je ne cherche pas le procès non plus. On peut résumer le tout en disant que la maison d’édition les Intouchables réussit à vivre à 60% de sa commande de texte (faite par M. Brûlé lui-même) des récits Amos D’Aragon. Chapeau tout de même de ce côté ; l’éditeur a profité de la vague Harry Potter et tant mieux si le Québec a un « clone » et tant mieux si ça fait lire des jeunes.

Mais voilà, Michel Brûlé a des idées visionnaires tout de même, car il a le côté commercial en lui. Il achète des grandes pages de publicité, il pose ses affiches sur le pont Jacques-Cartier, on entend parler de ses auteurs, on entend parler de sa maison d’édition, bref ; il est probablement l’incarnation du rêve de bien des éditeurs, si seulement…

Si seulement il gardait ce côté commercial pour des œuvres qui en valent la peine ! Je veux dire, si le tout était littéraire, si cela avait vraiment une qualité romanesque ; moi je dis, pourquoi pas ? Quel auteur n’aimerait pas retrouvé son livre et peut-être même sa face sur un immense panneau publicitaire à la sortie du pont ? Je l’avoue, j’en suis !

J’en viens à me dire que Monsieur Brûlé doit avoir perdu l’étincelle du départ ; le désir de vraiment faire de la littérature un objet qui s’impose dans la société québécoise (ce qui n’est toujours pas le cas tout de même). Ainsi, si l’éditeur avait proposé son activité commerciale en lien avec des auteurs de prestige comme l’on en publie chez Boréal ou Québec-Amérique par exemple, peut-être qu’il ne serait pas si risible aujourd’hui. Mais il a préféré substituer la vraie littéraire au goût d’une masse inculte (TVA c’est tellement vrai hein). Résultats ? Il n’est pas pris au sérieux dans le milieu littéraire, il n’est pas considéré comme un auteur non plus, il n’est ni plus ni moins qu’un simple « business man » qui a trouvé une façon de rendre la publication rentable.

Si on me donnait les moyens de Michel Brûlé, je sélectionnerais quelques-unes de ses idées et je tenterais d’y amener une qualité littéraire. Ne serait-ce pas merveilleux si la bonne littérature avait une place publicitaire qui lui reviendrait de droit ? Ça ne vendrait peut-être pas plus, mais ça vendrait à des gens du « peuple », à ceux qui ont justement besoin d’être illuminés par la littérature. Et qu’on arrête de faire l’autruche ; s’il n’y avait pas eu les livres au départ, il n’y aurait pas de films, il n’y aurait pas de télé-série, peut-être même pas de journaux. La base de toute culture est littéraire, et voilà ce qui m’attriste aujourd’hui, car l’histoire de la construction littéraire s’oublie, s’efface au profil des films à gros budget, où le nom de l’auteur n’apparaît jamais, il n’est pas assez important voyons ; ce sont les acteurs qui font tout. Eh bien, laissez-moi vous dire que les acteurs feraient bien dur sans les auteurs !

J’ai envoyé mon 2e roman à la maison d’édition Les Intouchables, ce devait être en 2004. Je ne savais même pas que c’était Michel Brûlé l’éditeur, je ne connaissais pas non plus le personnage. Vous savez ce qu’ils m’ont répondu ?

Ils m’ont répondu que j’écrivais très bien, que j’avais le style captivant et que ce livre pourrait être publié… mais pas chez eux ; pas chez eux parce qu’il n’était pas assez d’actualité, parce qu’il ne provoquait pas assez. Ah bon ? Criss ! Je me demande bien ce qu’il fallait dans ce cas ; mon deuxième roman portant sur les trios, les triangles amoureux, les trips à trois, la bisexualité masculine et l’homosexualité. Si ce ne sont pas des sujets d’actualités ou assez provocateurs pour une maison d’édition comme les Intouchables, eh bien je me suis dit que j’avais bien peu de chance ailleurs !!

J’ai vieilli depuis, évidemment. Ça me fait bien rire maintenant. Parce que je me rends compte que ce n’est pas nécessairement le fait « actualité » ou « provocation » que cherche la maison d’édition les Intouchables. En fait, ce qu’ils cherchent, c’est la provocation par des gens connus. Pour que ça vende encore plus ! Amenez s’en des vedettes de télé qui confient leur débauche sexuelle, amenez s’en des politiciens qui lèvent le voile sur des scandales, ou amenez s’en des petites filles qui se prennent pour des romancières en piquant les romans des autres ! Parlez s’en en mal, parlez s’en en bien, mais parlez s’en putain !


Maxime Collins, 04/03/08 17:05 PM



Le 2 mars 2008

La simplicité de l'être


Oui, je sais. Pour un gars qui avait envie de recommencer à écrire un blog, je ne me fais pas très bavard. Eh bien, tant mieux dans un sens, j’ai fait le pari de parler seulement lorsque j’aurais quelque chose à dire.

Les dernières semaines ont eu quelque chose de pénible. Ce fut étude sur étude et je me dis qu’il faut bien passe par là… pour la… 18e année… Wow, ça fait dix-huit ans que je suis sur les bancs d’école. C’est fou pareil quand on y pense hein ?

Alors voilà, la dernière semaine, ce fut : présentation orale, organisation de bourse, élaboration de projet de mémoire, préparation d’un second oral et c’est demain que j’envoie le dernier grand coup, enfin… pour quelques jours de repos ensuite. J’ai eu le temps d’attraper deux grippes, est-ce le stress qui me rend malade ? Et vous, les communications orales ? Vous en pensez quoi ? Moi j’aime bien en faire ; c’est en quelque sorte un défi. Je crois que je suis un bon orateur, mais dès qu’on sort de ma propre présentation, je me perds. Je me perds parce que j’ai l’impression de ne pas être en mesure de répondre aux questions des autres, d’inventer, ou plutôt de réfléchir sur le coup pour donner une réponse concrète et pas trop conne. Ça regarde mal pour des emplois en enseignement vous me direz. Mais pourtant, j’ai l’impression que ce ne serait pas le même cas. Le fait de me retrouver devant des jeunes et d’avoir une position « d’autorité » ne me donne pas l’impression que je pourrais me planter tant que ça, à comparer aux oraux passés devant mes pairs, où je sens (j’imagine, j’invente ?) le jugement des autres étudiants qui me semblent presque là pour détruire toute mon argumentation sur le champ. Enfin bref.

Pourquoi la simplicité de l’être ? Parce que je me suis rendu compte pour la xième fois que dans ma vie, je n’ai pas besoin de grande chose pour être heureux. Il arrive de ces moments où le temps s’arrête, où l’on se rend compte qu’on peut photographier le moment, car on est hors champ, comme si on faisait parti du décor. Ces instants ne durent que quelques secondes, car on se rend vite compte qu’il s’agit de notre vie, et qu’on est en plein dans l’action. Voilà comment j’ai senti les choses mercredi dernier. J’avais organisé un souper avec des amis. J’adore recevoir les gens à souper. Je trouve que ça a quelque chose de convivial, de plus intéressant qu’un simple rendez-vous dans un bar. J’aime préparer de la nourriture pour les autres, j’aime que le vin coule à flot, que les éclats de rire fusent, j’aime l’ambiance avec ma musique, avec les gens que j’apprécie. Et que l’on soit dix entassés dans ma petite cuisine ne me dérange pas, au contraire, tout cela a un côté romantique, intimiste.

Cette soirée-là, je me suis rendu compte du plaisir à être bien entouré, à compter pour les autres, à avoir une « gang » à proprement dit. Ça sonne un peu comme un discours d’étudiant du secondaire, mais au final, on se cherche un groupe toute sa vie, que l’on soit dépendant ou très très indépendant. Je crois que le sentiment d’appartenance doit être retrouvé quelque part. Je ne crois pas vraiment aux êtres solitaires par choix. J’ai plutôt l’impression que c’est par défaut. Je me considère moi-même comme un grand solitaire, et pourtant, il n’y a rien de plus magique à mes yeux de se savoir reconnu par ses amis, de se savoir écouter et compris. Et puis, encore cette idée de vieillir. Qui n’est plus tellement une idée, car les années s’écoulent de plus en plus. Mais de voir les gens vieillir dans le sens du monde adulte. De rencontrer les copains ou les copines des amis, et de voir qu’au final, tout ce beau monde réussit quand même très bien à s’entendre. Magique.


Maxime Collins, 02/03/08 19:37 PM