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![]() Pour continuer à écrire des récits de voyage, il faut continuer à voyager... Merci ! © 2005-2006 - Maxime Collins
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Gueule de bois bien méritée ! Alors voilà, hier c'était la fête de départ de Julia, cette belle muse qui ressemble à une Audrey Toutou encore plus naturelle. J'y suis allé avec Pascal-Anne et Mélanie, mes éternelles femmes de sorties ! Sérieusement, sans elles, je dois avouer que je trouverais vraiment la vie à Aix plus banale. Elles ont vraiment ce petit quelque chose de particulier qui font en sorte que tout le monde les aime, qu'elles s'introduisent facilement dans n'importe quel groupe, dans n'importe quelle conversation. J'ai aussi rencontré Stéphane, un autre allemand. Putain qu'il me fait rire ! Il est vraiment trop sympa, j'ai déjà hâte de le recroisé. Il y a eu aussi Yasser, un mec de Barcelone tout aussi sympathique, même s'il ne comprenait pas la moitié de ce que je disais !! C'est drôle, je pense que je n'ai jamais autant parlé en "Québécois" depuis que je suis arrivé ici ! On a tellement bu que tout sortait tout seul, sans même faire l'effort d'arrondir ses mots.
Et c'est toujours aussi plaisant de se retourner, de voir qu'il y avait 10 invités en début de soirée dans cette grande maison-auberge, puis tout à coup, les gens se marchent sur les pieds tellement il y a d'invités ! Et ça continue d'entrer, toujours plus, toujours plus de diversité dans l'apparence, dans la langue, dans le style des gens. Les conversations sautent du français à l'allemand, passant par l'espagnol, puis l'anglais ; tant de gens de différentes nationnalités, et pourtant tant de situations qui nous lient.
Un party de maison... Ça faisait des siècles, il me semble, que je n'en avais pas vécu d'aussi gros. Ça remonte le moral, malgré la gueule de bois immense qui me frappe le crâne depuis 10 heures ce matin ! Je suis rentré à 3h30 du matin, dans une douce pluie ; j'étais à l'autre bout de la ville, mais je me sentais tout à coup si léger dans cette vie. Je commence à avoir peur. Peur de la fin qui approche. Je sais que c'est tôt pour m'en faire, mais je sens de plus en plus une deuxième vie se construire, un deuxième monde se modeler. Je crois que c'est faux quand l'on affirme qu'il est impossible de vivre deux fois. Même ceux qui disent que lorsque l'on renait, on oublie tout de son autre vie... je ne suis plus d'accord. Je me souviens de ma vie passée, je ne l'ai pas oublié, mais je m'imprègne de ma vie présente, une deuxième "chance" de vivre encore plus libre, encore plus intensément.
Des photos de cette soirée très bientôt ! (Je sais, certains trouvent que la page du mois de janvier est trop chargé... courage, on change de mois bientôt !) Bon, maintenant, dans un tout autre ordre d'idée...
Non, ce n'est pas un nouveau roman. Il s'agit de la nouvelle "Chercher sa vie ailleurs", qui apparaîtra dans le nouveau numéro du magasine "Lapsus", une revue entièrement destinée à la création littéraire. Je sais, c'est un peu ironique de ne pas pouvoir me présenter au lancement pour savourer cette réussite, mais je trouve des réponses intéressantes dans cette ironie du sort. Quand j'étais au Québec, je publiais en France. Maintenant que je suis en France, je publie au Québec. Peut-être que la vie essaie de me dire quelque chose. De toute façon, je prends tout cela très zen. Je fais confiance à ma bonne étoile, il y aura d'autres moments pour briller.
Mais bon ! Le fait que je ne sois pas là-bas ne vous empêche pas, chers habitants de Montréal et des environs, de venir au lancement de Lapsus, ouvert à tous. En plus d'encourager un magasine (ce qui n'est pas rien lorsque l'on connait les budgets très minces alloués à ce genre de revue) ; vous encouragerez aussi plusieurs écrivains, dont moi. Alors je vous invite, qui sait, peut-être que vous allez retrouver des gens qui me connaissent là-bas ! Il n'y a rien d'officieux, le lancement est dans un bar, il n'y a pas d'obligation d'achat non plus. Et de toute façon, la revue est vendue 5$ je pense. Ce n'est pas trop dramatique. Pour les autres, "Lapsus" est en vente dans toutes les COOP universitaires et dans certaines librairie ou kiosque de magasines, à vous de vous informer ! Mais personnelement, je crois que ça me ferait vraiment plaisir de savoir que des gens qui me connaissent sont allés faire un acte de présence là-bas, peut-être réussiront-ils à justifier mon absence auprès des autres auteurs ! Bon allez, je vous donne l'adresse et on en parle plus :)
En souhaitant vous y voir... même si je n'y serai pas lol ! En terminant, une petite anecdote drôle et conne ; mon chum m'avait acheté un déo que je lui avais demandé, mais il s'est trompé de sorte de déo, et il m'a finalement acheté un vieux truc passé date. Bon, j'en ai mis quand même pour voir... et... oh god. J'ai reconnu l'odeur en un clin d'oeil. La même odeur qu'avait mon premier amour adolescent. Identique. J'ai pas pu m'empêcher de me branler. C'est stupide hein ? C'est étrange ce qu'une simple odeur peut rappeler. Tiens ça me fait penser que je suis aller voir le film "Brokeback Mountains", bon malgré quelques longueurs, ce film est très bien (surtout pour le défi du style "cow-boy"), en fait, c'est une histoire d'amour entre deux mecs très "hommes" qui vivront une vie parallèle hétéro, mais qui se verront 2-3 fois pas an pour retrouver le temps perdu. Une bonne réflexion sur les tabous et les peurs qui pouvaient exister et qui existent encore aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est l'histoire qui nous fait prendre le parti des deux mecs, mais j'ai considéré les femmes comme des ennemis dans ce film, comme des barrières qui ne permettaient pas cette amour si pure. J'en suis finalement venu à une conclusion ultime: Une relation entre mecs peut être aussi belle qu'une relation hétéro. Je sais le sujet me touche plus, donc je suis surement plus sensible à "apprécier", mais ce film ne parle pas tant d'identité sexuelle, il parle surtout d'amour de façon universelle ; ça reste tout de même un bon pas pour le cinéma d'auteur (surtout qu'on sort complètement des stéréotypes ; pour une fois !). Et j'ai vu un preview d'un autre film qui m'a presque fait bandé sur mon siège tellement la trame du drame avait l'air intéressante, le film s'appelle "Odette" et c'est sûrement la prochaine chose que je vais aller voir ! Bon voilà, je me tais !
Aujourd'hui, je suis à Hyères. La semaine passée, j'ai rencontré une fille qui m'a crouzée dans une... Laverie !! Faut le faire quand même ! La fille, qui s'appelle Hélène, m'a invitée à prendre un café chez elle. Je ne sais pas trop quoi en penser. Il va de soit que j'ai préféré lui dire que j'étais gay dès notre première rencontre, pour pas qu'elle se fasse des espoirs (que je remarquais bien dans son attitude !). M'enfin... c'est un peu drôle de se faire crouzer dans une laverie. Quand je lui ai avoué ma préférence pour les mecs, elle m'a dit: "J'aurais dû m'en douter ! Tu t'habilles trop bien !". Je prends le compliment, mais je ne le comprends pas trop, parce que je trouve que tout le monde s'habille comme des métrosexuels à Aix !
Ça me fait penser à Berthe tout ça (ma voisine de chambre). PU CAPABLE !! Elle arrête pas de gueuler dans son esti de téléphone cellulaire à trois heures du matin !! Et ses petits namis viennent la voir le dimanche matin à 8 heures et ça gueule dans les couloirs. Criss que y'en a qui ont pas de respect ! En plus, elle est en "froid" avec moi. Je crois définitivement qu'elle me crouzait à fond ! Elle est venue cognée pendant que mon mec était là, j'ai ouvert la porte et elle nous a découvert... avec pleins de chandelles dans la chambre. Y'avait pas d'ambiguité lol ! Depuis ce temps, elle m'ignore totalement. C'est tellement ridicule ! Pour en rajouter une couche, mon autre voisine de chambre a quitté au début de janvier... le nouvel occupant a beau être cute, il fait joué du rap français très très fort et comme ses speakers sont collés sur mon mur, j'entends tout tout tout. Heureusement que je ne vis pas en résidence à vie, parce que je pèterais les plombs assez intensément. Quand c'est pas ces deux bozos qui font du bruits, j'ai droit aux baises des occupants du 5e étage en haut de ma chambre... Bref !!!
Je m'ennuie de mon chum. J'aurais tellement voulu qu'il revienne me voir ici. On s'entend tellement bien. Si je n'avais qu'un souhait, ce serait qu'il soit à mes côté au mois de février ou de mai. Mais bon, je ne peux pas demander de miracles, il a ses études qui comptent beaucoup pour lui. J'aurais quand même bien voulu faire un autre voyage en Europe avec lui, on s'entend tellement bien en voyage... et dans la vie lol !
J'écris sur l'eau... ça fait étrange d'avoir un sujet d'écriture si vaste, si universel. Mais je pense que je m'en tire pas mal... enfin, on verra du côté des résultats. Je n'ai pas grand chose à dire d'autres ! Ah oui ! Je suis allé passé mon examen chez le médecin afin d'obtenir ma carte de séjour en France. Ça s'est bien déroulé, et on m'a fait une "pèse officielle" ; je fais 71 kg. Soit 156 livres. J'ai perdu du poids depuis novembre...mais je n'ai plus de muscles non plus. Donc... ça parait plus que je suis enrobé. Ça me fait un peu beaucoup chier, mais je me dis que je vais rattraper en revenant. Il le faut, c'est sur. Et anyway, ça aurait pu être plus dramatique. Je fais maintenant bien attention à ce que je mange !! Mais pour l'instant, je crois que je vais aller manger une pizza, me promener un peu aussi. Je suis assez feeling avec le vin, je mérite de voir la ville de Hyères saoul, peut-être qu'elle se dévoilera mieux à mes yeux...
The Grow up day/night C'est bien au début, c'est nouveau, on peut même trouver le "feeling" agréable, mais ça devient vite un cauchemar qu'on voudrait voir prendre fin. Malheureusement, seul le temps peut le faire passer, et ce n'est pas une question de 10 minutes, mais si je fais le calcul, ce fut une question 15 heures.
Au fil des années, j'ai fait diverses expérimentations, je ne les regrette pas, mais ce petit carton m'a toujours procuré des regrets. Je ne sais jamais trop ce qui se passe dans ma tête quand je prends la décision très légère d'ingérer ce truc. Soit c'est l'influence d'amis dans mon adolescence, soit c'est parce qu'ils sont à la portée et qu'un coup de déprime me fait agir comme un con. Bref, la question n'est pas nécessairement le pourquoi de la chose, mais plutôt les révélations ultimes qui me sont fournies à chaque fois. Ce sérum de vérité paralyse la légèreté de l'être, les vraies questions nous envahissent et voilà que le coup tombe. Non, ne vous méprenez pas, ce n'est pas une louange de cette drogue, c'est même tout le contraire. Hier, le coup est tombé pour une dernière fois.
Ça y est. Je suis saturé d'expériences. J'en ai la ferme conviction, les drogues sont derrière moi. Ce plaisir artificiel ne me plaît plus, cette consommation en miroir de la vie ne m'intéresse plus. Je suis né pour les vrais sentiments, pour les vraies analyses, pour comprendre le comportement humain. J'ai tenté des trucs, j'ai eu des soirées merveilleuses, d'autres furent un cauchemar, mais hier, une goutte d'acide a saturé ma vision de la drogue. I'm over it.
J'ai déçu hier... d'abord, j'avais rendez-vous sur Internet avec mes grands amis du secondaire; on devait prévoir notre voyage en Europe en avril. J'ai réussi à orchestrer le tout, mais j'ai senti quand même une déception dans le comportement de mon ami Nicolas. Lui, il a passé le cap de la drogue depuis deux bonnes années. À chaque fois que j'ai consommé ensuite, j'avais toujours une sorte de petit remords envers sa réaction. Bref, je me sentais réellement con sur Msn a tenté de paraître intelligent et suivi, alors que j'avais du mal à taper les lettres sur le clavier.
Et puis mon copain est arrivé. Et je n'ai pas été à la hauteur du tout. Il venait d'avoir de grandes discussions avec ses parents sur des sujets délicats concernant la drogue justement. Ce fut un moment douloureux pour lui, je le sentais dans son écriture. Ses parents ne sont pas aussi ouverts d'esprit que les miens ; ils ont plutôt esquivé le sujet au lieu d'en parler avec ouverture. Ça me fait de la peine pour mon chum, je sais à quel point il tient à ses parents et comme c'est important "l'emblème de la fierté" dans sa famille ; chaque petit détail qu'il me racontait à propos de leur "réunion" me faisait un peu mal pour lui. Et en même temps, quand il s'est rendu compte que j'étais gelé devant l'écran, ça a dû donner un dur coup. Il s'est peut-être même demandé si je le méritais vraiment. Une chose est sure, ses parents vont pouvoir lâcher la pression, je pense qu'on est tous les deux passés à un stade "supérieur". C'est drôle le mot supérieur ; je l'utilise comme si je me tenais en haut de tous les consommateurs, mais ce n'est pas nécessairement hautain. J'ai connu les débauches, j'ai vécu ce que j'avais à vivre, j'en retire sûrement des événements formidables pour des écrits futurs et aussi des tas de nuits de questionnement.
Depuis que Dave m'a parlé de sa conversation avec ses parents, je m'ennuie des miens. Je me rappelle la première fois que j'ai dis à ma mère et à mon père que j'avais fait de l'extasy. De toute façon, ils s'en rendaient compte eux même en me voyant revenir des raves. Ils n'ont jamais paniqué, n'ont jamais dressé des barrières entre nous, ce ne fut jamais la guerre. Ma mère s'installait à côté de moi, et on parlait. Et dieu sait qu'on parle beaucoup sur ces trucs... ça n'avait rien d'une conversation artificielle, au contraire, je me rappelle certains moments où j'explosais en pleurs, la serrant dans mes bras. Elle fut là, un soutien d'un amour inconditionnel, me disant qu'elle aimerait que je calme la consommation, et je le faisais réellement. Mon dieu que je m'ennuie d'eux présentement. Je ne sais pas si c'est le résultat d'un vide créé par artifice, mais leur présence me manque. Dernièrement, j'ai demandé à mon père s'il avait gardé le lit double pour moi (ils ont changé de lit). Il m'a répondu oui, et m'a demandé pourquoi. Je n'ai pas encore répondu, comme si j'appréhendais leur réaction à l'annonce que j'allais leur faire de mon départ prochain. Pourtant, je suis assuré qu'ils prendront tout cela avec gentillesse, et peut-être même fierté, malgré une certaine peine. Ma seule peur, c'est qu'à la suite de ce voyage - de cette année sans se voir - une distance nous sépare tant qu'on n'arrive plus à se comporter comme avant. J'ai toujours été très proche de mes parents, et lorsque je regarde les familles des autres autour de moi, je suis d'autant plus comblé de joie.
En me couchant dans mon lit froid et isolé du monde, j'ai réfléchi sur mes actes jusqu'à 5h45 du matin. (heureusement que j'avais pris le truc à une heure de l'après-midi). J'en suis venu à la conclusion que je suis si bien avec moi-même maintenant... la drogue ne me suggère que l'auto-destruction.
Bon. Assez déblatéré. Je rajouterai seulement que j'avais reçu deux buvards par la poste. J'ai vite détruit le deuxième dans les égouts. Je n'ai pas réfléchi une seconde à le vendre, à le donner, à rendre quelqu'un d'autre dingue. Cette fin de janvier doit être un nouveau départ (arrêté les cochonneries, cesser les cigarettes et maintenant terminé la drogue)... ça suit mon rythme habituel, je suis toujours décalé lorsqu'il s'agit des résolutions de la nouvelle année.
Le croyiez-vous ? Oh ! Et ici, l'anonymat est quelque chose de primordiale pour la correction des copies. Nous avons des feuilles spéciales avec des trucs à lécher et à recoller pour ne surtout pas que le prof voit le nom de la personne qu'il corrige. Et après correction, le prof doit décacheté les examens un par un avec un autre témoin pour être certain qu'il ne change pas les notes après avoir vu c'était qui !!! Évidemment, comme toute logique française, il y a une faille; les notes sont affichés publiquement dans les couloirs directement avec le nom des élèves, ce qui doit relever une compétition assez intense dans certains domaines (mais pas dans celui de la littérature lol) !
Alors hier soir, je me suis fait invité par Mélanie et Pascal-Anne à leur appartement, où il allait y avoir Simon et Audrey aussi. Je dois avouer que Simon et Audrey m'avaient toujours rendu un peu mal à l'aise. Ils me semblaient vraiment renfermés sur eux-mêmes et difficile d'approche, mais bon, ce n'est pas cette petite gêne qui allait me bloquer. Donc je suis allé rejoindre ce groupe québécois et ce fut une excellente soirée ! De bonnes discussions, de grands éclats de rire, du vin, un excellent porto et on a terminé ça avec du Scotch ! Mais mes parents tomberaient de leur chaise s'ils m'avaient vu manger... du fromage !! Pire encore ; une genre de fondu au fromage !!!! Mais criss que c'était bon !!! J'avais beaucoup d'appréhension au début, surtout parce que c'était "ça" le souper haha ! Mais wow ! C'était un espèce de fromage dans un casseau de bois, où l'on rajoute de l'ail et du vin, pour faire une espèce de pâte liquide, comme une fondu quoi ! Mais... ahhhh !! Trop bon ! J'en reviens pas de dire ça, mais c'était trop bon ! Mélanie et Pascal-Anne sont tellement remplies de bonnes idées et mangent tellement bien ! Je voudrais qu'elles cuisinent pour moi chaque jour ! En faite, non, car ce serait encore pire niveau prise de poids ! haha ! Enfin bref, on a même été jusqu'à manger du fromage pour dessert ! Et il était lui aussi excellent. Il avait été trempé dans le sirop d'érable et my god que ça le faisait ! Ce fut vraiment le révélation fromage hier soir ! Et autour de ça, on s'est mis à se raconter, toujours un peu plus. Je suis content, je me rapproche de plus en plus de Pascal-Anne et c'est toujours aussi facile avec Mélanie. Ce sont vraiment de bonnes amies avec qui j'aimerais vraiment voyager.
Parlant de voyages... Je devais partir en Europe de l'Est à la fin du mois de février, mais je n'ai plus personne avec qui y aller, et bien que j'aime faire des petits voyages en solitaire partout en France, il me semble que ce genre de périple mériterait beaucoup plus qu'une seule paire de yeux. Je m'ennuie fortement de mon Carré, d'une unité de groupe, d'aller prendre un verre en gang. Le maximum de gens que je fréquente en même temps est entre 4 et 5 dans une même soirée. Je m'ennuie vraiment de ces fêtes où l'on faisait des roulements de table pour entrer dans les conversations de pleins de gens, pour faire le tour complet des invités. Mais bon... c'est la vie... Et la, en plus, j'ai rencontré Régine à la bibliothèque hier. Elle revenait d'Egypte. Ça fait rêver quand tu regardes les photos. Ma plus grande peur à mon retour, c'est de me dire que je n'ai pas assez voyagé en Europe. Je veux vraiment faire des choses précises, mais je ne veux pas toujours m'émerveiller tout seul. J'en ai assez de ces moments de receuillements, je veux faire le party et voyager en groupe. Pour moi, c'est Prague, Budapest, Vienne, Athènes, Rome, Florence, Venise, Pise. Si je réussi à faire ça, je vais être en bonne conscience avec moi-même... D'ici là, je rêvasse... et je calme ma gueule de bois !
Ennui Enfin... j'ai passé ma dernière communication orale de la première session ; et Amen, ma première session se termine vendredi à 16h. Il était temps !! Je trouve que ca s'étire beaucoup le système français finalement ! Mais bon, pour revenir à mon oral, je ne suis vraiment pas doué. En fait, je trouve le concept ridicule. On te donne un sujet, tu as 30 minutes de préparation, sans avoir droit à aucun document, et ensuite, tu dois "discuté" le sujet pendant 30 minutes aussi. D'abord, je parle toujours trop vite, et je ne fais jamais les 30 minutes. Ensuite, ce que je dis n'est qu'un ramassi de généralités, puisque je n'ai jamais vraiment appris à faire ce genre de travail. On me reproche de trop souvent sortir de l'extrait du texte pour aller dans le général. Soit. Mais je trouve ça quand même dingue de relever les "phrases interrogatives, les points de suspension, les tirets et toutes les marques écrites d'un texte" afin de les juxtaposer à un certain contenu que l'on pense que l'auteur a voulu communiquer. Il me semble qu'il est bien plus intéressant de se rapporter au texte, certes, mais d'en sortir, pour comprendre les raisons de ce texte, mais aussi ce qui a poussé sa création. C'est pas comme ça que le système français le voit. Alors après avoir niaisé 30 minutes (parce que la prof a décidé d'arrivé 30 minutes en retard), j'ai fais mon truc, et je joue souvent la carte de la pitié, branlant presque le "aillez de la compassion pour un pauvre étudiant étranger !" Pour l'instant, ça fonctionne ! La prof (je la hais je la hais je la hais !), m'a fait un petit sermon à la française avec des gros yeux, mais compte tenu de ma non habitude à faire ce genre de truc, elle m'a fait passé avec un 10/20 ! Heureusement, j'avais eu 14/20 et 15/20 dans les deux autres travaux écrits. En ce moment même, je passe donc 3 cours sur 4. Pour le dernier, on verra vendredi.
Alors voilà, mon épreuve s'est terminée vers 10h et j'ai flané sur Internet presque toute la journée. C'est plutôt chiant internet quand il est 4 heures du matin de l'autre côté de l'Atlantique. Alors présentement, je m'ennuie. J'aurais quasiment le gout de fumer un joint et dormir ! Un peu pathétique, heureusement que j'ai pas d'herbe... mais j'ai bien pire. Je me retiens de force pour le bien pire...
Ci-dessus, une photo du genre de toilette qu'on à l'université. Remarquez bien le "pas de bol de toilette" et le "jamais de papier cul non plus", c'est chose courante ici. Reflets de réflexions solitaires Niolon, c'est à peine un petit village, disons plutôt que c'est un mini-port qui n'accueuille que quelques bateaux de plaisances privés. Je suis arrivée là-bas seul au monde, et je m'y suis promené seul au monde aussi. En ces temps-ci, la plupart des maisons sont barricadées ; les gens riches ne sont pas dans leur chalet, et ceux qui vivent là-bas à temps plein doivent travailler à Marseille. Ville fantôme, ville morte, ville de tous les souvenirs effacés.
Je me suis senti poète là-bas; réel écrivain en quête d'une inspiration ultime, en quête d'un éblouissement Méditéranien ! Je me suis promené sur la berge, par un soleil qu'on aurait qualifié "de printemps" au Québec, près de 12 degrés, et moi seul, avec moi-même.
On vit tellement vite aujourd'hui, que les instants que l'on peut s'accorder avec soi-même sont de plus en plus minces. Et pourtant, ces moments, souvent mélancoliques, sont d'une intensité bienfaisante très forte. J'ai écris, j'ai écris sur la Mer, parce que ce sera le sujet de ma prochaine nouvelle. Une nouvelle où les contraintes seront plus grosses, où les mots plus difficiles à placer, mais j'ai envie de relever ce défi personnel, de voir comment je m'en sors côté écriture depuis que je suis ici.
Je n'ai pas été très intelligent cependant. J'ai poussé la chance très loin, et je me rends compte que je le fais peut-être trop souvent. Escalader les calanques, seul, dans une ville quasi-morte, ce n'est pas ce qu'il y a de plus censé. Je ne le conseille pas à personne, même pour les plus assidus qui ne font qu'un avec la nature. Il y a des chemins dangereux (ou parfois pas de chemin du tout !), et il suffirait de manquer un pied pour s'écrouler facilement dans un abîme sombre, ou peut-être encore pire ; dans la mer.
Pour découvrir la beauté des lieux, j'ai donc failli à la règle de l'accompagnement, et je dois avouer que je n'étais pas rassuré tout le temps. Je voulais peut-être tenter de contredire les "vendredi 13" aussi, qui sait ?
J'ai donc escaladé des montagnes rocheuses, traverser des chemins de fers, descendu des pentes abruptes... on essaie sûrement de se convaincre que l'on se dirige là où jamais homme n'a mis le pied, et pourtant, on retrouve la trace humaine un peu partout ; que ce soit des graffitis sur des rochers, des bouteilles d'eau le long du chemin, ou des mégots de cigarettes entre les arbres, on se rend tristement compte que la terre entière semble avoir été foulée. Il faut se rendre à l'évidence, c'est comme en écriture ; on ne fait que repasser là où d'autres se sont déjà perdus.
Je n'ai seulement écrit que 4 pages à Niolon, mais ce sont des pages complètes, où les mots étonnent, où l'écriture me semble adulte, ou du moins, plus mature. On y voit de la mythologie, des vestiges du passé, des lieux géographiques, des cultures différentes, des religions sacrées, un homme et une femme, et la mort se profiler. Cette nouvelle sera probablement plus courte que la toute première que j'ai écrite ici, et c'est tant mieux, parce que j'aimerais en écrire d'autres aussi. Il faut que je me motive à l'écriture, car je sais que ma chance de me faire la main ne passera pas deux fois. C'est ici, en territoire étrangé, que je peux pratiquer le plus, que je n'ai pas à m'inquiéter d'un travail routinier, d'un emploi du temps trop chargé. Je vis dans une patience extraordinaire, encombrée de quelques rendez-vous, mais jamais jusqu'au drame suffoquant du manque horaire. Je suis libre, et disons que je profite de cette liberté.
J'ai finalement passé ma communication orale devant mon professeur qui me faisait peur au début de l'année. J'étais calme, assuré. Je n'ai pas eu la note de passage pour l'oral, je crois avoir obtenu un 9/20. Pourtant, je passe quand même le cours. Ce fut le cours le plus exigent de toute ma jeune existence pour l'instant. J'ai même terminé le dernier roman à lire la veille de l'examen. Et pourtant, voilà encore un autre roman qui a changé ma perception de l'écriture complexe. Les "Vies Minuscules" de Pierre Michon. Je me souviens encore que je lisais une page à mon copain et que je chialais sur la difficulté de l'écriture et de la compréhension. Et pourtant, passé deux chapitres, on s'y fait. On s'installe dans un monde de richesse, de mots variés et de références implicites plus intelligentes que ce qui se publie comme merde présentement. Je me souviens, avant, je ne voulais que publié des Best-Sellers, avoir cette écriture populaire banale, facilement remplaçable dans la tête des gens. Une simple écriture pour réussir, pour vivre de sa plume, pour pouvoir produire ce qui nous plait, tout en plaisant au "petit peuple". Mais de plus en plus, je me rends compte (sans passer d'un extrême à l'autre), que j'ai envie d'écrire avec des références, de me faire aimer autant par une critique universitaire que par des lecteurs sur la place publique. Je dois tenter de trouver un compromis entre les deux, sans jamais balancé dans l'un ou dans l'autre. Je me demande si ce genre de truc arrive. C'est comme un film au cinéma qui serait prisé par la critique et adoré par les spectateurs ; une union parfaite, qui assure la liberté de créer, et aussi celle de vendre. On sait tous que ça n'arrive peut-être qu'une seule fois dans la vie, mais bon dieu que cette apogée serait désirable. Enfin... Pour l'instant, cessons les visions futuristes et concentrons-nous sur la création présente, on aura bien le temps de rédiger un succès - ou pas.
BILAN 2005 DÉCEMBRE 2004
Un mois très chargé du côté émotionel ! D'abord, le meilleur rave de ma vie ! Tiesto au CEPSUM le 10 décembre, une expérience inoubliable où j'ai vraiment créé des liens avec Ricardo, un ancien collègue de Cégep; un beau gosse bronzé d'équateur, avec un accent français à faire fondre n'importe quelle fille ! Et la rencontre de Cindy, une danseuse nue de 33 ans avec 3 enfants. On se demande bien ce qu'elle fout dans un rave à cet âge-là, mais peu importe, elle y était et la chimie s'est créée. Je me souviens d'avoir vécu encore des instants de bonheur liés au triolisme. Moi, max, qui a réussi à embrasser ce beau Ricardo et cette belle danseuse, dans une ambiance ultra alcoolique ; se faisant même avertir par un garde de sécurité pour grossière indécence. J'aurais bien poussé l'expérience plus loin, mais l'amour m'a déçu. On ne change pas un hétéro qui ne voulait qu'une petite expérience. Dommage quand même !
JANVIER 2005
La chute après la joie. Mon ami se fait une copine, on s'éloigne, et je sais que cette petite escapade de décembre ne reviendra jamais. Je l'ai pris comme un rêve, un petit désir onirique réalisé. Beaucoup de dépression durant ce froid mois de janvier. Beaucoup de rapprochement avec ma cousine que j'adore aussi. Beaucoup de vie de bar, encore quelques folies avec ma Miss Extasy, mais j'adore ça, ça m'amuse. C'est aussi le mois où je décide que les raves ; c'est fini. J'ai assez donné dans ces endroits charmants mais mortellement dur le lendemain !
FÉVRIER 2005
Éloignement quasi total avec Ricardo. Je lui donne un ultimatum parce qu'on se voit pas assez souvent. Je suis trop exigent. Il ne répond pas. C'est terminé. J'ère, faisant des expériences connes que je regrette, rencontrant des gens et baisant des gens qui ne m'attirent aucunement. Mais vers le milieu février, je fais la rencontre de mon bébé, un souper au Mysore, une soirée agréable, des échanges de courriels flamboyants, puis une rencontre dans une chambre d'hotel qui nous lie. Du côté amical, c'est plutôt mortel. Annie est à Katimavik, et on ne se rencontre plus beaucoup avec les gars. On dirait que si le Carré n'est pas réuni au grand complet, il y a un manque.
MARS 2005
C'est déjà le début de mes démarches pour partir dans un ailleurs inconnu. Je remplis des tonnes de papier... et certains inutiles (pour des bourses que je n'obtiendrai même pas). C'est la peur, le doute ; mais je prends tout cela à la légère, me disant que je peux quand même changer d'avis. Mais vous me connaissez ; habituellement, lorsque je dis quelque chose, je change rarement d'avis. Il en va de même pour mes projets. Je continue à écrire ; un troisième roman que très peu de gens liront. Mais je dois l'écrire, il le faut. Alors je continue mon travail, alternant romans et nouvelles pour mes cours d'université. Je me rends compte que j'étais beaucoup trop timide à l'université. Je ne sais pas pourquoi, mais je prenais toujours les gens au-dessus de moi ; surtout ceux dans mes cours de création littéraire. On dirait que je les surestimais totalement. Je me rends compte ici que je vaux plus que je ne le pensais, et mon écriture s'en ressent, je m'améliore de jour en jour.
AVRIL 2005
Ma relation avec mon nouveau bébé se développe. On fait quelques trips d'extasy dans son appartement, et oh ! Surprise ! Un soir, son ex rentre à la maison. Il nous surprend les culottes baissées dans le lit. Moment étrange, où je me rends compte que certaines personnes sont vraiment bizarres ! On termine ça en quittant l'appartement pour aller dans une chambre d'hôtel ; mon mec est malade et vomi ! Trop d'alcool... mais peut-être ébranlé par sa soirée.
MAI 2005
Je vais voir Annie à Lacolle avec Francois. Rien n'a changé, c'est toujours la merveilleuse Annie que je connais ! J'ai vraiment hâte de la retrouver pendant l'été ! Un mois tranquille... sans grand changement émotif ou intellectuel. J'ai vraiment l'impression que les premiers mois de 2005 ont été très concentré sur le travail personnel et les intérêts personnels.
JUIN 2005
J'apprends que ma candidature a été accepté pour Aix en Provence. Je dois donner ma réponse bientôt, et je n'ai soudainement plus d'hésitation. Même sans bourse, je veux partir, je veux voir du pays, je veux changer ma vie. J'accepte. Mon copain est déménagé sur Sherbrooke Est, on se sent cloîtré dans sa petite chambre, mais on profite aussi de la terrasse sur le haut du triplex, histoire de voir les feux d'artifices, de se la jouer romantique. Les premieres appréhensions me guettent. Je n'ai pas peur de partir, mais je sais que ma vie sera changé à mon retour, que la vie à Montréal sera différente aussi. Ça fait parti du deal. Je travaille 32 heures/semaine pour essayer de ramasser le plus d'argent. J'essaie de ne penser à rien. Je veux seulement vivre le moment présent, peu importe ce qui va arriver ensuite.
JUILLET 2005
On me contacte pour me dire qu'une de mes nouvelles a été sélectionné et sera publié dans le magazine Lapsus. (J'attends encore des nouvelles d'eux, car je ne sais même pas si ça été fait !) Je ne vois pas beaucoup mon été, je reste souvent cloîtré parce que je ne peux pas dépenser beaucoup. Le doute m'assaille. Aurais-je assez d'argent pour survivre une année en France ? Qu'est-ce que j'ai fais ? Qu'est-ce qui m'a pris de faire ce choix aussi fou ? J'aurai ma réponse le 23 juillet dans la nuit ; la vie tient à un fil, alors il vaut mieux faire ce qu'on dit. En revenant de chez ma Miss Extasy, ma voiture est heurtée de plein fouet par une grosse van qui n'a pas fait son angle mort. Le temps s'arrête, la bagnole s'élance, je tourne sans arrêt, je me dis que ça y est, l'heure est venu. Un coup d'oeil au rétroviseur qui se décroche, j'attends les tonneaux qui ne viendront pas. Je termine la course dans un 360 face à la circulation. La voiture est une perte totale, mais j'y survi miraculeusement, avec seulement un genou enflé et une bosse sur le front.
AOUT 2005
Le moment des aux revoirs. On voit les jours défiler et on se dit que c'est fini le rêve maintenant ; la réalité revient au galop ; on va vraiment partir, on va vraiment quitté ses proches. Pourtant, je n'ai jamais été aussi bien avec moi-même. Je présente mon chum à mes parents, à ma famille. J'arrête de m'en faire avec les jugements cons des gens. Qu'est-ce que j'en ai vraiment à foutre de ce que les gens pensent de moi ? J'ai toujours vécu ma vie en appréhendant le regard des autres. Mais pourquoi ? Ça ne sert à rien. On ne vit pas pour des gens qui se foutent de nous, on vit pour soi-même. Alors soyons honnête avec les personnes qu'on aime, c'est tout ce qui compte. Une période sereine, car après un accident, on est plus reconnaissant envers la vie. Chaque petit moment semble plus sublime.
SEPTEMBRE 2005
Adieu Québec. Je retiens mes larmes à l'aéroport, mais j'en déverserai beaucoup rendu dans ma petite chambre d'Aix. Tant de questions et de pourquoi ? Je me rends compte que ce doit être un cheminement normal. Il faut passer par là. C'est tout à fait justifier de penser qu'on fait une connerie, mais en faite, on fait probablement la meilleure chose de sa vie. Mais on s'en rend seulement compte quelques mois après. Je me souviens de mon arrivée ici, dans une pluie abondante et glaciale. Relisant les lettres et les mots de mes amis, pleurant déjà mon oubli. La période d'adaption sera ardue. Heureusement, un petit voyage à Barcelone me donnera du répit, et surtout une nouvelle confiance à mon retour.
OCTOBRE 2005
Début des études dans une université française. Je ris beaucoup, parce que c'est si différent. Je dois chialer beaucoup aussi. On doit toujours s'adapter à ce qu'on ne connaît pas. Je rencontre l'attente, la lenteur, la patience. J'essaie de retrouver mon "moi intérieur" qui n'a pas cessé de vivre dans un turbulant mélange de travail et d'écriture. Je flirt avec le vin, beaucoup trop. Petit voyage à Toulouse, Poitiers et Paris. Voyager seul me libère de mes derniers démons.
NOVEMBRE 2005
S'installer pour de bon. Être conscient que l'on vit en terre française et l'accepter. Sentir un certain plaisir dans les différences, toujours continuer son cheminement en écriture. Un petit voyage à Manchester pour voir Gorillaz, un beau périple qui me marque. Je suis en Europe, je peux faire ce que je veux, aller ou je veux. C'est le début des nouvelles rencontres, de quelques solidifications d'amitiés. L'humain est maniable, il s'adapte à tout.
DÉCEMBRE 2005
Un autre petit voyage à Montpellier pour un concert. Je découvre des territoires français, je me sens chez moi, avec mes habitudes, ma liberté et mon rythme de vie. Je trouve que la vie ici est beaucoup plus lente qu'au Québec. Ça me plaît finalement. Je ne suis plus un cousin ; je suis un des leur ! Je fais le deuil de mon passé, je chasse mes derniers démons, et me voilà en tant que nouvel être. C'est un peu ridicule de dire ça, en fait, je ne vois pas le changement de personnalité aussi profondément que les gens le verront à mon retour probablement. Je sens par contre que mon style s'élabore, que je deviens un adulte à part entière. Fini les crisettes d'adolescences ; bonjour les responsabilités. Ça me plaît beaucoup plus que je ne le pensais. Je ne suis plus le fils à papa et maman. Je suis un homme à présent.
Et pour 2006 ?
Je ne prendrai pas de résolutions non-réaliste. Je me demande encore celle que j'avais pris en secondaire 5 ? N'était-elle pas de partir dans un pays lointain pour me faire apprendre la vie ? Je ne m'en souviens plus, mais si c'était le cas, je ne trouve pas ça irréaliste, puisque je suis ici. Je crois par contre que j'en ai fini avec les trips de drogue inutiles. Ce n'est plus de mon âge. Je vais tenter de stopper la cigarette pour de bon aussi. Et je veux perdre le poids que j'ai pris en France aussi. Pour le reste, je souhaite toujours publier, me trouver un emploi dans le domaine de l'écriture et vivre des jours heureux dans un appartement à Montréal avec mon copain. Est-ce que j'en demande trop ? C'est ce que l'avenir nous dira !
C'était plutôt ennuyant cette petite récapitulation hein ? Bah ! C'est parce que je l'ai fait trop tardivement, je ne me souviens sûrement pas de tous les événements de ma vie. Mais bon... ce qui compte, c'est que je sois bien avec moi-même et en paix avec les autres. Vive l'Europe, et vive le Québec aussi. Je sens quand même que mon automne 2006 va être plus rigoureux que celui que j'ai vécu ici. Il fait déjà 12 degrés le jour !! Et chez vous ? Comment va votre amie la neige ? :P
La chance est un sourire Mon copain est donc arrivé le 28 décembre comme prévu et ça ne nous a pas pris beaucoup de temps pour renouer. Après 10 minutes de "gêne passagère", on a baissé nos gardes, car on a vu qu'on avait pas changé ni un ni l'autre. Enfin, pas changer ni l'un envers l'autre plutôt. Mes bagages ont été égaré, mais on s'en foutait un peu, l'important étant qu'on se retrouve enfin. Ironiquement, ce séjour en France (son premier voyage) allait être le moment où l'on se retrouverait pour la première fois depuis aussi longtemps ! Je ne sais même pas si avant on avait déjà passé plus de 5 jours de suite ensemble. Bon, évidemment, je me rappelle surtout nos derniers jours, car ce sont probablement les plus beaux. Une chose est certaine, vers 2h du matin, le 31 décembre, j'en suis venu à la conclusion ultime; le passage a l'âge adulte est bel et bien achevé. Fini la préparation, fini les dérives imaginaires. Un joint dans la gueule, un malaise insoutenable d'être gelé, d'être con, d'être enfantin, puis un dvd stupide américain m'ont convaincu que j'avais passé le stade pour de bon. Je commence à avoir des visées d'adulte, je commence à repousser vers l'arrière cette adolescence que j'ai "douillettement" traîné si longtemps. Mais malgré ce fait, même si je vois le profil d'un avenir adulte se défiler, je ne me vois pas dans un travail routinier à faire du 40 heures par semaine. Je connais ma propention à l'errance, je risque de me laisser porter par le vent, entre déchirure et souvenirs écorchants. Certains curieux se demanderont sûrement ce que j'ai bien pu faire avec mon chum dans ma petite chambre de 9 mètres carrés à Aix en Provence, au jour de l'an. Eh bien oui, on a rattrapé le temps perdu. Je vous épargne les détails, car j'ai fait la promesse de ne plus jamais parlé descriptivement de mes relations sexuelles !
Nous avons visité Aix bien sur, Marseille aussi... disons que le début du voyage a été plus slow, parce qu'on avait envie de se coller, parce que ça fait presque mal de se faire serrer dans ses bras quand ça fait si longtemps qu'on ne vous a pas aimé autant. On s'est quand même rapidement rattrapé, et on a pas chômé ensuite. On se levait vers 4h30 le matin pour prendre un train de 5h50 et arrivé le plus tôt possible dans les nombreuses villes qu'on voulait visiter. Vous savez ce qu'on dit ; c'est toujours en voyage que se découvre le sale caractère de nos amis ou amants. Et pourtant, avec lui, ce fut d'une douceur innocente. Comme si on se rendait même pas compte de la fatigue de la marche, de la fatigue du non-sommeil, du vent souvent froid et fort. Je crois qu'on s'est peut-être découvert encore plus intensément que depuis qu'on se connaît. En fait, peut-être que mon caractère s'est adouci à cause des répercutions de ma vie en France, et le plaisir de la découverte d'un premier voyage a rendu mon copain réceptif. Bref, on était sur la même longueur d'onde. Nous avons visité Nîmes, puis nous sommes passés à Arles. Deux charmantes villes qui m'ont rappelé comment j'enviais les fans de Radiohead il y a quelques années ! Un concert de Radiohead dans une arène, ça doit être quelque chose d'intéressant. Le groupe annonce des prochains concerts en Mai ; en espérant qu'ils repassent par là !
Le voyage que j'ai préféré est sans aucun doute celui de vendredi. Encore levé à 4h30 pour partir vers Nice. Nice... quel beau coin de pays ! Décidément, je me dis que je n'ai vraiment pas assez fait de recherches avant de choisir l'endroit où je voulais m'installer pour une année en France. Je ne regrette pas Aix en Provence, mais la richesse visuelle de Nice m'a conquis. Nous sommes allés au bord de la plage, marché sur la promenade des Anglais, observer le bleu du ciel, les douces vagues fraîches de la mer. Nous avons acheté 4kg de bonbons étranges, nous avons goutté plein de pâtisserie, nous nous sommes embrassés dans les recoins, derrière une colonne romaine ou une ruine historique. J'ai aimé notre intérêt commun envers l'architecture, mais j'ai surtout aimé notre rythme. C'est assez difficile de s'accorder avec quelqu'un en voyage. Selon les goûts, selon les intérêts, mais aussi selon la personne même. J'ai souvent voyagé avec des gens trop lents, des gens qui prennaient la moitié d'une journée pour visité la moindre gargouille, la moindre corniche, le moindre petit détail d'un tableau ou d'une sculpture sans réel connaissance. Jeter tout son temps dans une vue, dans une scrutation profonde ; ce n'est pas pour moi. Moi, j'ai besoin d'être époustouflé, d'être rempli d'une passion, un instant, d'observer, mais surtout, surtout, de ne pas avoir le temps de m'écoeurer. Et souvent, dans mes anciens voyages, il m'arrivait de perdre patiente parce qu'on restait trop longtemps au même endroit. J'ai vécu d'autres voyages où ça ne se passait pas assez vite non plus, où justement cette minutie du détail tombait dans un autre extrême qui équivalait à passer à 100 à l'heure. Mais avec lui, le rythme est d'égal à égal. Il a envie de voir ça, on y va. J'ai envie de voir ça, on y va. Et pour une fois, Dave m'a étonné. Ce n'est pas péjoratif du tout. Seulement, j'ai trouvé qu'enfin, il prenait des décisions, il faisait des choix. Et pourquoi en était-il ainsi ? Parce que je l'ai installé devant un ordinateur et je lui ai dis ; cherche et dis moi ce que tu veux voir en France. Il a fait ses choix et on a souvent suivi ses chemins. Ça m'a plu, parce que j'avais souvent l'impression avant (et même dans mes anciennes relations) que je devais toujours décider de tout ; de tout ce qu'on faisait, d'où on sortait, du week-end qu'on passait, etc. Ça devient lourd à la longue de toujours décidé, mais surtout, ça forme un espèce de déséquilibre qui me fait parfois imposer mes caprices. Mais pour ce voyage, juste milieu, bon échange des deux côtés. J'en parle d'une façon très analytique peut-être, mais je sens que c'est tout de même un bon signe pour l'avenir.
J'ai tout lâché... sans réfléchir, dans un souffle unique. Puis on s'est accroché à une espèce d'utopie (pour l'instant) excitante. Partir en appartement ensemble, dès septembre. Ça me plairait énormément (et encore plus depuis qu'il n'est plus à mes côtés). De toutes mes relations, c'est la personne avec qui je me dispute le moins. Et dieu sait que toutes les occasions seraient probablement bonnes pour se déclarer la guerre. Je connais le comportement que j'essaie de façonner et d'amadouer ici. Je suis extrêmiste, je suis dans un constant délire, je suis le maître des idées folles, des conneries enfantines et des agacements énervants. Avec lui, je peux être celui que je suis vraiment. Certains ici me connaissent, parfois de vue, parfois en vrai, mais même mes très grands amis n'ont aucune idée des délires qui peuvent me passer par la tête. Je suis une bombe à impulsion, une sauterelle qui bondit à chaque seconde ; quand on me connait bien, on finit par avoir une petite appréhension, car je laisse tomber le masque du sérieux, je me départis de tous les codes de bienséances, je suis moi: un homme dingue, un gamin qu'on voudrait frapper jusqu'à la mort. Je vous titille, je vous pique de mon venin, je creuse un trou pour la boule de feu qui monte en vous, et si vous éclater furiseusement, c'est foutu ; j'éclate avec vous. Ma vie n'est pas un roman, c'est un jeu de course, où les voituires s'entassent, s'empilent, explosent, fusionnent et brûlent comme dans les banlieues française. Et mon amour réussi à supporter la dose, à soutenir cette tension festive, ces impulsions que je ne serais moi-même incapable de supporter chez quelqu'un d'autre. Ce voyage au loin m'apprend encore plus les réalités de l'amour inconditionnel, il est finalement très difficile de se sentir complètement soi-même avec quelqu'un. Une liberté pure, pas du fragile, de la puissance, car la confiance ultime y est. Dave était parfait dans ce rôle, mais déjà, il est parti.
Après avoir visité Nice, nous sommes montés vers Monaco (quelle ville propre !) et vers Monte Carlo (Quelle ville extrêmement trop propre !). Assis sur un banc, près d'un parc exotique que nous ne visiterons pas, le regard vers un château qui abrite encore une monarchie (ce qui me dépasse en cette nouvelle année 2006!), Dave m'a demandé "What's Next ?". Mon idée mijotait depuis un petit moment... mais je cherchais l'instant ultime ; je lui ai proposé d'aller manger une pizza... Nous avons donc pris un autre train et nous sommes arrivés derrière les frontières d'un nouveau pays. J'ai vraiment ressenti un saisissement intense, et je crois que mon copain a eu le même feeling. On dirait qu'on arrive pas à vraiment y croire. Ça fait un peu film de princesse le truc du: "Je t'amène manger une bonne pizza en Italie dès ce soir !" Même moi, en France depuis quand même quatre mois maintenant, je me sens encore accroché aux distances impossibles qui me bloquaient tout désir à Montréal. L'Europe c'est génial pour ça. Jamais à Montréal je vais me dire: "Ouais ! On s'en va en Alberta pour une fin de semaine !" Ça sonne faux dans ma tête, c'est sans but, sans histoire, sans patrimoine remarquable (selon ma propre conception de patrimoine). Enfin bref, nous avons acheté du chocolat et de la bière, nous avons pris des photos, nous avons déambulé en écoutant les Italiennes parler à des vitesses phénoménales. Dans le restaurant, on s'est enfilé une bouteille de vin et la pizza était excellente. On aurait dit un instant de rêve, et lorsque j'y repense, j'ai de la difficulté à m'attacher aux souvenirs et aux images, comme s'il s'agissait vraiment d'une simple rêverie onirique. Ce fut une excellente fin de soirée, et oui, qu'est-ce que vous voulez ; on le fait aussi pour se vanter. Ça passe si bien de dire qu'on revient d'Italie "Oh ! Juste pour aller manger une pizza et passer quelques heures ; un léger détail quoi !" Que voulez-vous, on est humain, c'est comme ça.
Le retour s'est moins bien passé par contre. On était quand même saoul, et après avoir profité d'un train gratuit entre l'Italie et Nice, on est entré de justesse à 21 heures pour le train en direction de Marseille. Seulement, ce train s'est arrêté beaucoup trop longtemps à la gare de Cannes. À notre arrivé, vers minuit, nous venions de rater le dernier autobus pour Aix qui passait à 23h50. La fatigue a eu le tour de mon copain. Il était frustré, un vrai petit boudeur presque charmant dans sa bouderie. Cependant, avec le manque de sommeil (levé à 4h30, mais avec seulement 4 heures de sommeil la veille !), le moment n'était pas à la joie dans le Mistral violent entre les bâtiments sombres de Marseille. Après être descendu au Centre-Ville, nous avons trouvé un hôtel à 50 euros pour la nuit. Dave n'était vraiment vraiment pas content ! Mais on était pas au bout de nos peines ! Pas d'eau chaude dans la douche ! Journée éprouvante, jambes crevées, mort de sommeil et une douche froide pour compléter le tout ! Qu'allait-il arrivé de pire que ça ? . . . . . . . : Un party de "Coke" dans la chambre d'à côté ! Décidément, la vie ne voulait pas notre sommeil ! On a réussi à dormir un peu, mais les rires et les hurlements des locataires d'à côté n'aidaient pas à fermer l'oeil (et ce, même avec les programmes archis nuls à la télévision française !!). J'ai eu une frousse étrange quand vers quatre heures du matin, alors que j'avais réussi à fermer l'oeil, Dave s'est levé et dans un geste violent, il est allé varger dans le mur à coup de poing ! Le hurlement d'une fille cokée venait de le réveiller lol ! Il a décidé d'appelé le service de l'hôtel et un garçon est monté pour avertir les gens. Mais rien à faire, ils ont continué jusqu'à 5 heures du matin. À 6 heures, mon chum m'a demandé d'exigé notre remboursement. Il n'y avait pas grand chose à notre épreuve après 48 heures de non-sommeil ! On est descendu à l'accueil et on a discuté avec la fille au comptoir qui nous disait qu'elle était désolée mais qu'elle ne pouvait pas faire de remboursement sur notre carte de crédit ! On a tenu notre bout et elle nous a remboursé cash, j'en revenais quasiment pas que ça marche ! On est parti en bon terme quand même, en leur souhaitant bonne chance avec ces estis de drunk-coké ! J'ai même réussi à arracher une plaque de voiture pour mon trip perso ! Je voulais un souvenir de mon passage ici ; une plaque européenne à accrocher dans mon futur appart haha ! (vous inquietez pas ; j'ai pas pris celle de derrière, juste celle du devant lol). Finalement, on a pris un autobus à 6h30 et on s'en ai sorti pas mal ; ça nous a rien couté pour notre erreur de timing de train, on a pu trouvé un endroit où s'amuser dans un lit double pour quelque temps et on avait même pas payé le train Italie-Nice ! On s'en tire gagnant ! En plus, on a été chanceux pour plusieurs choses cette semaine ! J'ai réussi à planquer mon chum dans ma chambre pendant 12 jours sans me faire questionner une seule fois par la sécurité de la résidence (on a pas le droit de ramener personne à coucher en principe ! Ils nous ont menacé en nous disant: "Nous savons tout après trois jours !". Une seule fois, la femme de ménage a ouvert la porte pour la "sécurité", elle m'a demandé s'il y avait une jeune fille dans ma chambre (tactique facile pour savoir si quelqu'un d'autre couche dans ton lit), alors j'ai ouvert grand la porte et j'ai répondu: "non, il n'y a qu'un charmant jeune homme !" Je sais pas si elle a saisi la nuance, mais on a pas eu de problèmes ensuite ! Enfin... La chance nous a donc souris presque partout... sauf peut-être pour un truc qui me concerne plus personnellement...
Vous savez, parfois (et je parle au nom de tous, parce que je sais que je ne suis pas le seul dans ce genre d'histoire), on se sent si en confiance avec soi-même, qu'on trouve que certains trucs ne nous arriveront jamais. J'ai toujours cette impression que je peux me passer des gens, mais qu'en contre-partie, les gens ne peuvent pas se passer de moi. C'est con, c'est très exentrique et égocentrique c'est vrai. Et justement, quand un genre de truc comme ça arrive, j'ai toujours l'impression de tomber de haut, comme si c'était une gifle à laquelle je ne m'attendais pas. Pendant notre deuxième acte charnel, il s'est arrêté pour me parler de quelqu'un d'autre. Je sais, je n'ai pas à chigner, je n'ai pas à me plaindre, je ne devrais même pas en glisser un mot ici, mais la douleur est plus forte que moi. Je me suis mordu les lèvres maintes fois durant le séjour, et je sais que j'en ai laissé filé quelques-unes; ce genre de répliques accusatrices qui se veulent générales, mais qui attaquent directement. Je n'ai pas été trompé. Je lui avais laissé sa liberté, je n'ai simplement rien à dire, rien du tout. Mais c'est toujours facile quand on ne doute pas une seconde que l'autre pourrait "faire ça". Je me souviens de ces mots, écris noir sur blanc, dans une lettre qui m'a fait pleurer maintes fois à mon arrivée. "Je vais t'attendre, je n'utiliserai pas cette liberté, je suis à toi..." Je ne lui en veut pas. Je ne règle pas mes comptes non plus. Je l'aime toujours autant. Seulement, d'imaginer son sexe dans la bouche d'un autre, d'imaginer son plaisir près du corps d'un autre, que ce soit le plus mécanique possible... ça me torture l'esprit. Ce qui me titille dans tout ça, ce n'est pas nécessairement l'acte en tant que tel, c'est plutôt le fait que ce soit répétitif avec une même personne. Il me semble que j'aurais mieux digéré s'il m'avait parlé d'une aventure d'un soir... pas d'un ami à qui il a envoyé une carte postale... Je dois être jaloux, moi le sans-sentiment habituel ! On se découvre des qualités et des défauts plus on vieilli. Alors tantôt j'ai laissé glisser une petite larme. J'ai trouvé la chambre vide, et c'est comme si j'attendais son retour des toilettes ou de la douche. Les prochains jours seront vides de vie... morne et sans intérêts. En faisant à manger, j'ai retrouvé des petits post-it jaunes un peu partout. Des "Je t'aime", des "Je pense à toi"... la larme s'est alourdie un peu plus.
Je lui ai simplement dit que je ne voulais pas qu'il l'embrasse... c'est tout ce que j'ai pu "exigé" sans me trouver trop contraignant.
I love you. I love you. I love you. I'm almost gone.
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