Wow. Je ne sais pas si c’est la fièvre et le mal de gorge qui me font délirer, mais mes rêves sont de plus en plus profonds. Je parle de profondeur, mais je devrais plutôt parler de précision. Cette nuit, j’ai revu des visages clairs de gens que j’ai connus, certains depuis longtemps, d’autres pour un seul instant. Mais le plus étonnant dans l’histoire, c’est que chaque fois que j’arrivais devant une nouvelle personne, je m’entendais prononcer son prénom et son nom à haute voix. La reconnaissance était immédiate. On parle bien sûr d’amis que je côtoie encore, je pense à mon meilleur ami (qui dans le rêve avait ingéré 3 ecstasys!), je pense aussi à ma cousine que j’avais rencontrée avec son ancienne amie lors d’un mariage improvisé sur des marches de graisses (oui ! Oui !) Mais le plus marquant reste ces visages en provenance de mon début de secondaire. Une des premières filles dont j’étais amoureux fou, sortant avec un certain garçon connu dans mon école primaire. Puis deux filles à qui je ne parlais pas du tout au secondaire, qui me rencontre, alors que je suis dehors, en train de faire dégeler mon ami. Elles viennent s’asseoir sur mes cuisses, on discute un peu, puis des aux revoirs. Je pense qu’une bonne vingtaine de visages connus ont défilé dans mon rêve, toujours dans des situations des plus folles, dont une rencontre sur une terrasse d’un Tim Hortons extérieur (oui ! Oui !)
C’est fou ce que les rêves peuvent parfois être poussés, et même si on dit qu’on connaît la profonde signification en soi, je ne sais vraiment pas à quoi penser quand je me remémore ce genre de visions nocturnes. J’ai d’abord réfléchi, en me disant que je devais être allé sur Facebook, où j’aurais vu certains visages, mais erreur ; tous les visages rencontrés, ou presque, ne sont pas sur ma liste. Et je suis vraiment étonné que mon esprit ait emmagasiné certaines personnes qui ne me semblent pas m’avoir marqué dans ma vie. Comme quoi, on utilise vraiment seulement dix pour cent de nos souvenances. J’aime le rêve pour son délire, que j’associe bien évidemment toujours un peu à la création littéraire. Et je me sens tellement libéré maintenant que je ne consomme plus de stupéfiants (ça fera bientôt six mois !). Certes, il y a eu quelques rechutes, mais très très courte, et je sais qu’elles étaient essentielles. Essentielles, car à force de trop se priver, on finit par craquer et retomber à fond dedans. Je ne peux pas dire que je suis fier de moi cependant, parce que je ne voyais pas cet arrêt comme un défi, mais plutôt comme une nécessité. J’en regagne les biens faits dans les occasions plus multiples du rêve. La consommation éloigne toute forme de rêve, c’est le noir, comme si la mort prenait la place du monde onirique la nuit. Bref…
Ce n’est pas ma semaine la plus stimulante. Après la coupure au doigt, le mal de gorge intense ; on dirait une prévision parfaite des mauvais oracles ; j’ai justement une présentation orale demain. Je ne sais pas comment seront mes sinus et ma voix. J’ai toujours ce grand problème de la parole en public. Ce n’est pas que je n’aime pas ça, au contraire, ça donne un « buzz » intéressant. C’est plutôt le contenu de mes présentations qui me semblent toujours faire défaut. Je ne suis pas un critique pointilleux. J’aime me laisser porter par la passion, et cela s’en ressent automatiquement dans mes écrits et dans mon discours. J’ai souvent l’impression d’être amené à dire des banalités ou plutôt des généralités qui ne sont pas assez poussées pour les professeurs en lettres ou même pour certains étudiants zélés. Une chose est certaine, je hais la période de questions, car c’est cette dernière qui fout souvent tout en l’air. C’est toujours le doute soulevé dans une question ; et comme je ne suis pas très rapide en improvisation, je m’empêtre et c’est là que le drame commence ! Bref, j’ai souvent cette impression d’être éloigné de mes camarades de classe, surtout parce que j’ai ce sentiment d’infériorité. Il faut dire que la plupart travaillent en critique et continueront probablement leurs études au doctorat. Moi, je suis en création littéraire, un peu à côté de la critique, je souhaite carrément en finir au plus vite, afin de me retrouver sur le marché du travail. Mais encore là, c’est plutôt paradoxal, surtout quand on ne sait pas ce qui nous attend à la sortie des bancs d’école. Et je dois quand même l’avouer, malgré tout le travail, on est bien à l’école. On prolonge sa vie adolescente, avec un horaire loin de la routine, avec de la liberté dans ses choix de vie que le travail ne peut amener. À moins de vraiment décrocher un job de rêve ou d’avoir la possibilité de faire vraiment ce que j’aime, j’affirmerais que ma plus grande liberté aura été d’être allé le plus longtemps possible à l’université. Mais il arrive tout de même un moment où la fatigue se fait sentir, où l’indépendance voudrait s’établir un peu plus. Moi aussi, je rêve d’un condo, de voyages, de sorties au restaurant sans souffrir à la fin du mois. Mais dans mon domaine, ce sera peut-être comme ça toute ma vie aussi. Une chose est certaine, les études ne m’ont jamais empêché de voyager, et je crois que c’est l’essentiel.
Eh bien, finalement, j’en avais long à dire !
Maxime Collins, 20/02/08 12:14 PM
Le 18 février 2008
Max fait son entrée en Bourse !
Étonnant tout de même que mon premier billet officiel s’éloigne de la littérature pour laisser toute sa place aux chiffres et à l’argent. C’est le temps des REER, ça paraît !
Eh oui, je me suis dit qu’à 24 ans, il était à peu près temps que je m’y mette moi aussi. Je regrette carrément de ne pas avoir commencé cela à 20 ans. Au moins, ça me motiverait en me montrant certains résultats.
Pour l’instant, c’est un peu le néant, mais j’ai toujours été attiré par la possibilité de gains (écartant les pertes du revers de la main). Pour mon premier geste dans ce monde de placements, j’ai opté pour un portefeuille dans le domaine des ressources naturelles. Paradoxale ? Oui, peut-être un peu en effet. Les ressources naturelles sont de moins en moins disponibles, ce qui en augmente considérablement la valeur. Qu’en sera-t-il en 2013 ? C’est ce que je verrai si je suis encore là dans ce temps-là !
Moment anecdote de la journée : Je me suis violemment coupé le bout du majeur ce matin en sortant les poubelles ! Il n’y a qu’à moi que ce genre de truc peut arriver. Surtout à trois jours d’une présentation orale qui me fait toujours autant hésiter sur mes talents d’orateur, mais surtout de chercheur. En plus, un petit mal de gorge se pointe. Où est la machine à avancer le temps ? Pour le 26 avril 2008 s’il vous plait !
Maxime Collins, 18/02/08 22:30 PM
Le 15 février 2008
Pourquoi ?
Certaines personnes croiront que je ne le fais que par désir narcissique ; histoire de me lire, de me relire et de m’aimer encore en me lisant. Mais ceux qui penchent profondément vers cet état de choses ne me connaissent pas. Le besoin d’écrire est comme le besoin de manger, de dormir et d’évacuer. J’hésite à dire « besoin de chier », car je ne sais pas si j’ai envie de retrouver le langage d’avant. En fait, je cherche le « vrai » dans la simplicité. Je cherche aussi à m’exposer au monde hors de l’intimité ; pas comme un critique ni même comme un chroniqueur, mais plutôt comme l’écrivain qui prend la parole. Une parole publique, mais une parole telle qu’elle s’élaborerait entre amis devant une bière.
J’ai fait plusieurs choses sur ce site ; du récit des expériences sexuelles au récit de voyage, des lettres dramatiques au verbiage sans fin, des critiques musicales aux règlements de compte… Je voudrais rayer tout ceci d’un coup de crayon et je sais que le virtuel me le permet. Il me le permet, car ici, les traces de l’écriture sont éphémères. Mais pourquoi maintenant ? Plusieurs raisons. D’abord, j’ai tenu — je tiens — un blog anonyme que je considère comme un fourre-tout pour mes émotions pulsionnelles. Or, un blog parmi tant d’autres n’amène aucun lecteur. Et au final, la réception littéraire est une de mes visées principales. J’ai vécu, dernièrement, une expérience dont j’ai à peine été l’acteur. Une rencontre, que je pourrais qualifier — avec un peu de vantardise mal placée —, de rencontre écrivain-admirateur. Une personne m’a rencontré en « vrai » pour la première fois et elle était si nerveuse que c’était évidemment qu’il s’agissait d’un lecteur de longue date. J’ai trouvé cette nervosité touchante, pas du tout troublante après réflexions. Je me suis dit : « Wow ! » ; même si je ne suis plus très actif du côté de l’écriture virtuelle, j’ai encore des lecteurs qui croisent ma vie et qui se souviennent. Leur mémoire est une récompense, comme si par eux, je me trouvais réincarné à une certaine époque de ma vie, mais avec mon intelligence d’aujourd’hui.
Bref, avec quelques romans à mon actif, en plus de certains textes publiés, je me suis rendu compte que sans le média direct qu’est l’Internet, le « feedback », ou plutôt la réception instantanée, me manquait. Il faut comprendre que l’on met parfois plus de 3 ans à écrire un livre, et qu’en moins d’un mois, plus personne n’en parle, plus personne ne le critique. C’est une blessure très profonde que seuls les écrivains peuvent comprendre, et je n’essaie pas d’être hautain ici. Si on prend un film en exemple, c’est un peu le même genre, sauf que dans ce cas, les personnages prennent vie, ils s’investissent dans l’écran de vos téléviseurs, ils apparaissent, photos à l’appui, dans les magazines, et selon la notoriété (ou la nullité — car ça n’a malheureusement plus d’importance dans notre société) de l’artiste, le film fait parler de lui et peut pousser sa vie beaucoup plus longtemps, en plus de rapporter plus d’argent.
Enfin, le seul moyen d’obtenir une réception constante est de tenir un blog, de le mettre à jour selon ses désirs, mais de le garder au moins en vie. Faire mourir un blog dans ses propres archives, c’est comme noyer son propre enfant. C’est impardonnable. Il y a donc deux choix. Le supprimer, le faire disparaître, en enlever toute trace. Ou l’alimenter, par moments, par pulsions, dans une visée autre que la simple confidence au creux de l’oreille. Ce que je propose ? D’abord, une réflexion sur la vie, vue par mes yeux. Je ne suis pas un sage (j’apprécie ma jeunesse) et je ne souhaite pas dicter la norme. Je souhaite plutôt parler de ce que je vis, sans torturer les autres, sans même me torturer moi-même. Un peu d’humeur au final… Mes humeurs.
Et pourquoi ce 5e retour ; après un arrêt de 8 mois ? Je ne sais pas nécessairement. L’indice qui me vient à l’esprit ? On m’a demandé de participer à un colloque sur la culture littéraire et les nouveaux médias. Même ma directrice de mémoire a eu vent de mon passé de diariste. Comme quoi tout finit par se savoir dans tous les milieux. Et je ne veux peut-être recommencer à écrire pour me racheter. Pas que je veuille excuser les écrits du passé, car je sais qu’ils ont aidé bien des gens, mais j’ai envie de pousser la forme, de tenter l’art éthique, mais non intellectuel.
J’ai envie d’être moi, par un moi « savant » ni un moi « hautain » ; seulement un moi « virtuel », qui prend voix devant ce qui le dérange, ce qui l’énerve ou devant ce qu’il adore.
Bref, c’est « Portes ouvertes » pour Pile ou Face, 10 ans après sa naissance. Je garde l’adresse, par respect pour les lecteurs de jadis ; pour garder ce petit lien avec le passé.
Voilà, je crois que je me suis expliqué honnêtement. Rebienvenue dans mon monde, un autre monde, qui se déplace vers l’âge adulte, l’âge de la (dé)raison.
Promis, les prochaines entrées seront moins chiantes ! Tiens ! Finalement, je garde mes vieilles habitudes, j’ai « plogué » le mot « chier » !