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28 février 2006

Berthe Part II



Bonjour ! Je me remets tranquillement de mon virus assez étrange qui m'a laissé pour mort pendant toute la semaine de vacances ! Me revoilà donc bien à point pour le retour en classe (un gros yeah ironique !). Ok ; Berthe Part II : Je ne pensais pas que notre conversation de la semaine dernière allait lui laisser tant d'impressions, mais le lendemain de cette conversation, Berthe m'a invité à souper lundi soir (hier soir). J'ai pas pu trouvé une raison pour me décommandé, alors j'ai assumé haha ! Et mon dieu, que vais-je dire... Oui... Je vais bien le dire ; on dirait presque je commence à avoir un sentiment d'empathie pour Berthe !!!!! My god ! Est-ce un autre virus qui m'atteint ? Ça n'a pas l'air ! En plus, très chère Berthe m'avait joué un coup de cochon !! Elle avait invité un de ses amis pédé au souper !!! Est-ce qu'elle essayait de faire un match ou quoi ? Enfin, le souper s'est bien passé. On a bu du champagne, on a mangé des crevettes et du lapin typiquement sénégalais. Je dois dire que c'était pas trop mal, et j'étais bien heureux qu'elle ne fasse pas du poisson !! Ahah ! J'ai parlé avec son ami Nicolas, on a beaucoup échangé sur mes impressions de la France vs Québec. Plutôt timide comme mec, sympa, mais sans plus. Pas de grande connexion, mais bon, Berthe parle pour 14000 personnes, donc y'a pas eu de silence dans la conversation. Et en plus, il y avait la télé en arrière plan pour backer sa voix !!

Mais pourquoi ai-je donc un soudain relent de sympathie pour Berthe, me demanderez-vous. Eh bien la pauvre cocotte... ELLE EST VIERGE !! (god j'espère qu'elle tombera jamais sur ce site internet !!!) La question ultime, (que je ne lui ai pas posé évidemment), est: "Est-elle vierge parce qu'aucun mec n'a voulu d'elle ? Ou est-ce vraiment un choix catholique comme elle voulait me le faire entendre ?" LOL. Non mais sérieux, il y a un gros portrait de Jésus dans sa chambre, et chaque fois qu'elle parlait de sexe, je pointais le portrait de Jésus comme le singe planqué dans le placard du fils du gros connard de Family Guy ! LOL ! Enfin, pauvre Berthe qui ne connaît pas la joie sexuelle, qui ne se masturbe pas et qui ne touche pas aux éléments charnels de la vie à cause d'une doctrine catholique extrême. Je sais pas si mon sentiment c'est de la pitié ou whatever, mais... je lui ai demandé comment elle allait savoir si c'était vraiment un bon baiseur son mec, après s'être mariée avec (quoi elle pourra pas comparer !!). Elle a dit que les Sénégalaises, ça sentait ce genre de chose dans le flirt même. Yeah Right !

Anyway, je me suis moins emmerdé que je ne l'aurais imaginé haha ! Et pour dessert, on a eu droit à des Patisseries de chez Paul. Miammmm ! Ça faisait un mois et demi que je n'avais pas mangé une seule cochonerie et que je me contentais de mes crème de soya légères... Amen ahah !

Ensuite Liza m'a téléphoné pour aller prendre une bière. On a discuté un peu de son voyage organisé à Venise pour le Carnaval. Elle a détesté l'organisation (et aussi la présence d'Isabelle !) Pauvre chérie !

Demain, souper québécois thématique. On se rencontre tous en clan dans une vieille cathédrale d'Aix en Provence. On va mangé du Pâté chinois haha ! J'ai hâte de revoir Mélanie, histoire de savoir comment s'est déroulée son trip à Gênes !

En terminant, la seule bonne nouvelle de ma semaine de vacances, je l'ai appris dimanche soir, par mes parents au téléphone. J'ai décroché ma bourse de 4000$. C'est évident que je vais prier Saint-Antoine de Padoue live dans sa Basilique ! Oh que oui !

Quelques photos de certains de mes amis que je n'avais pas posté encore...


Raphael, notre hôte de la soirée !


Avec Susan et Liza


Très chère Régine ! Avec Susan et Liza

Ah oui ! J'ai aussi fini d'écrire ma deuxième nouvelle ! Ce fut souffrant, mais le défi était stimulant. C'était la première fois de ma vie que j'écrivais... une tragédie !!

20 février 2006

Le jour où Berthe découvrit la vérité !


Travis - Pipe Dreams


Salut à tous ! C'est déjà le temps de ressortir l'Invisible Band de Travis ! Ici, le soleil s'est repointé pour de bon, et le printemps se fait sentir ardemment ! Je ressens la renaissance, bien qu'elle soit moins grande que lorsque j'étais à Montréal. Pas de fonte des neiges, pas de slush par terre, simplement un ciel bleu, un vent doux et de la bonne musique qui donne l'espérance d'une révolution.

Je suis en vacances, j'en profite encore pour m'offrir un verre de vin, pour déguster le moment présent. Ça va paraître vraiment ridicule, mais je me remets peu à peu d'une intoxication alimentaire ! Samedi matin, j'ai mangé du pain avec de la confiture de framboises et ça m'a tout l'air que mon organisme ne l'a pas prit du tout ! Crampes au ventre, incapacité d'aller aux toilettes, envie de vomir, fièvre folle pendant la nuit. Toute sorte de symptomes étranges pour une simple couche de confiture ! Mais bon, je reprends de la vigueur, par contre, je ne sais pas ce qui m'arrive, mais je n'ai plus d'appétit. C'est à peine si je mange un repas par jour. C'est très mauvais, mais je n'arrive pas à trouver le courage de me forcer à manger. Ça ne passe pas. Pour régler le problème des toilettes, j'ai dû suivre ma logique profiteuse; j'ai acheté une bouteille de vin, et au moment où j'écris ces lignes, je dois prendre une pause pour aller faire ce dont j'avais besoin !!!

(me revoilà, mais vous ne l'aviez même pas remarqué !). Alors hier, j'ai eu la visite de la fameuse Berthe, ma voisine de diagonale qui gueule à trois heures du matin et qui a un rire strident. On a discuté un peu, puis elle m'a dit un truc du genre: " Je voudrais tellement te poser une question, mais je suis trop gênée". Et moi de répondre: "Mais non, vas-y aller", et s'en suit un gros niaisage de dix répliques sur le fait qu'elle voulait que je l'aide à formuler la question. Et moi, je sais que ça la rend super mal à l'aise, alors je dis: "Non ! Pose là toi même !". Finalement, elle a tourné en rond et c'est sorti. Je lui ai répondu, et nous avons parlé pendant au moins un heure, parfois même avec beaucoup de véhémence, dans le couloir ! Elle m'a astiné sur le fait que l'orientation sexuelle est un choix ! Ben oui c'est ça ! Je lui ai bien envoyé: "T'inquiète ma grande, si c'était un choix, personne ne serait gay !" Mais elle a argumenté jusqu'au bout, essayant de me faire comprendre que c'est nous qui décide nos attirances et c'est notre part de féminité ou masculinité qui change tout. On était d'accord sur rien de rien. Que ce soit l'adoption, le mariage, l'adultère, la nature humaine ou animale ; on était sans cesse en contradiction. Elle a sorti des trucs pas possibles, hyper lamentables, et ça, c'est sans parler des répliques du genre: "Chez moi au Sénégal, je crois qu'on les tue ces gens-là". Oh God ! Même du côté mariage gay, elle disait qu'il fallait absolument que les gays se marient (étonnant d'ailleurs qu'elle dise ça !), quand moi je suis tout à fait de l'avis contraire, à quoi bon utiliser une religion qui rejette l'homosexualité ? Et pis pas besoin d'un papier légal pour aimer quelqu'un et rester avec. En tout cas ! Une chose est sûre, j'ai bien argumenté mon point de vue, et surtout, j'ai été le plus stricte possible. Pas question de faire des concessions avec Miss Berthe ! Ensuite, le mec en face de ma porte est sorti et nous dit que notre conversation était très intéressante sur tous les points. Il y a au moins la moitié de mon étage qui sait que je suis pédé lol !

Mais la meilleure, c'est quand elle m'a parlé de son pari avec un de ses amis gay, à propos de moi ! Eh oui ! J'en ai conclue que les deux me voulaient ! Elle a dit quelque chose du genre: "Si tu était hétéro, tu étais à moi ! Si tu étais gay, tu étais à lui !" Brrrr, ça fait froid dans le dos ! Bertheeebeurrkk ! lollll Et puis je n'appartiens à personne, je suis déjà en couple et bien heureux de l'être.

C'est d'ailleurs un point qui me manque. Être en couple, avoir quelqu'un sur qui se repose. Pas juste virtuellement. Je commence à m'ennuyer de la complicité de mon mec, et aussi de mes amis. On dirait que le beau temps me tire vers la nostalgie du passé; je voudrais aller prendre un verre avec eux sur une terrasse, je voudrais me promener dans la ville à leurs côtés.

Vendredi soir, Mélanie est venu boire une bière dans ma chambre. J'étais déjà bien avancé, je crois que j'en avais cinq dans le corps. On s'est raconté nos vies, on a parlé beaucoup de sexe aussi. C'est vraiment une fille superbe avec qui je m'entends vraiment bien. On a prévu de partir à Lyon vers le milieu du mois de mars.

Vers trois heures du matin, Liza m'a téléphoné en panique. Elle pleurait au bout du fil. Je me demande bien ce qui s'était passé ! Mais non, pas de drame, elle était juste complètement saoul et perdu dans Aix ! Qu'est-ce que l'alcool peut faire ! J'ai tenté de la guider et je lui ai dis de me retéléphoner quand elle se serait retrouvée (elle était à 10 minutes anyway). Elle m'a rappelé 20 minutes plus tard, arrivée saine et sauve, puis elle s'est pointée chez nous pour m'emprunter un rouleau de papier de toilette ! C'était assez drôle. Elle a faillu tombée trois-quatre fois dans ma chambre, et chaque détail qu'elle voyait semblait essentiel à sa vie. Elle me fait bien rire. On redevient tous un peu enfant sur l'alcool je crois.

Pas de voyage cette semaine, malgré les congés. Je vais accélérer les travaux et les lectures, parce qu'après les congés, le temps risque de débouler assez vite. Et je suis tellement frustré pour une chose: date de concert de Massive Attack + DJ Shadow le 18 juillet au théâtre Antique Vienne. Grrrrrr !!! C'est la vie pareil faut se dire.

16 février 2006

One Year


Grandaddy - This is how it always starts


Il y avait un an, dans un léger froid et beaucoup de neige, nous avions marché vers le Mysore, première rencontre. Je me souviens du mal qui me tenaçait dans ces moments-là. En pleine déchirure amoureuse avec un équatorien hétéro, plusieurs aventures d'un soir un mois plus tard, un goût amer en bouche devant l'inutilité des relations humaines. À vrai, il y avait si longtemps que rien de fort s'était produit dans ma vie que je n'y croyais plus. Préférent mes amis aux rencontres fortuites, j'ai tout de même laissé mon instinct me guider vers cette rencontre. Il avait 22 ans, j'avais un vidéo de 4 secondes pour le reconnaitre, et je me souviens encore de ces yeux mauves évasifs à l'écran. Je n'attendais plus rien de la vie, et surement pas une soirée ainsi. D'abord, trouver quelqu'un qui a des goûts musicaux identiques, qui a de l'intelligence dans plusieurs domaines, qui peut se prononcer sur la littérature, sur le théatre, sur le cinéma et sur la musique, c'était devenu pour moi inimaginable. Mais ou allais-je donc placer mon désir de formation dans tout ca ? Je me rends compte qu'avant, j'avais toujours aimé m'attacher à des gens qui n'avaient pas les mêmes goûts que moi, simplement afin de faire basculer leur univers, histoire de leur inculqué mes propres valeurs et mes nombreux goûts. Et puis là, tout était déjà fait. Il ne restait qu'à se concentrer sur la relation. Je ne sais pas si c'est mon instinct qui m'a dicté ça, ou si j'étais tellement blasé de mes aventures passées, mais nous n'avons rien fait le premier soir. Je me revois encore en train de dire: "Jamais le premier soir.", Probablement parce que je sais très bien ce qui arrive dans ces cas là. Les histoires de premiers soirs donnent rarement envie de rappeller l'autre ultérieurement. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Peut-être parce qu'après s'être si peu connu, et après avoir baisé, on se dit qu'on a pas assez de points communs, que ca ne fonctionnera jamais, etc. Et c'est drôle, car c'est seulement une semaine avant de l'avoir rencontré que je me suis dis: "C'est terminé les histoires d'un soir mon vieux ! Ça rend dépressif et ça n'apporte rien, sinon de se vider les couilles gauchement car on ne reconnait meme pas les gestes qui nous caressent.

On a marché dans les rues, une cours d'école s'est présentée, un petit coin sombre et nos lèvres rapprochées. Il embrasse très bien. +1 point ! Ouais je vous jure, je me suis dis ça. Je bandais, mais je n'ai pas oublié ma promesse. Rien le premier soir. On a donc continuer à marcher dans les rues de Montréal, il m'a pris la main. Sentiment de malaise. Oui, malaise parce que je n'avais jamais fait ça avec personne. Même pas dans le cartier gai. Je me sentais nerveux, pas habitué à ce genre de geste, surtout vu mon passé ; tout se passait souvent cachette. Il avait l'air de savoir ce qu'il faisait, il avait l'air d'avoir une confiance en lui, de me prendre par la main comme la mère qui rassure l'enfant. J'ai compris ce soir-là que je faisais ma réelle entrée dans un monde que j'ai tant tenté de repousser à l'adolescence.

Une semaine à s'échanger des courriels, des courriels de plus en plus excité. Le fait de ne rien faire le premier soir nous enivre d'un plaisir érotique beaucoup plus puissant. On a toujours rien vu, on ne sait pas ce qui arrivera. C'est une espèce de crainte et d'excitation. Surtout que j'avais proposé de louer une chambre d'hotel et donc d'y passer la nuit.

La chambre était minable, ridicule même. Mais qu'importe. On avait l'alcool, la musique et nos corps. J'ai vraiment ri devant son pyjamas, mais c'était pas méchant. Plus un rire fraternel, une entente entre deux jeunes garcons. Quand j'ai découvert le trésor sous les draps, j'ai compris qu'il était pas si jeune que ça haha ! Ça devait faire des années que je n'avais pas vu quelque chose d'aussi beau, d'aussi parfait. Je crois qu'on s'est bien amusé.

Ce que j'ai aimé dans cette relation, c'est qu'il n'y a pas eu de milliers de questionnements compliqués. Il ne m'a pas achalé comme une fille aurait pu le faire. Dans le genre: " Est-ce qu'on sort ensemble ? Est-ce que c'est officiel ? M'aimes-tu ? " et toutes ces questions qui m'ont toujours purgés en début de relation. J'aime les choses qui vont de soi, qui se créees au rythme des rencontres, sans avoir sans cesse le besoin de tout expliquer pour rassurer.

Les mois ont commencé à s'écouler, et la relation s'est construites de mieux en mieux. Avec ces hauts et ces bas, comme toute relation, mais avec beaucoup plus de haut que de bas. C'était naturel, ça allait de soi, et surtout, les questions d'orientations ont cessé d'un coup sec. L'été est ensuite apparu et ça y était. Nous étions un couple, un couple réel, distinct, fort depuis six mois. Et puis je suis parti.

J'ai quitté le pays et je crois que c'est la meilleure chose que j'aurais pu faire pour me convaincre de mes sentiments. J'ai toujours été abandonné (ou j'ai toujours abandonné) pour me rendre compte par la suite que j'étais terriblement amoureux. Mais il était déjà trop tard. En venant à Aix, le meilleur des deux mondes s'offrait à moi. J'abandonnais partiellement et il en résultait la même conséquence. J'ai compris que mon homme était là pour y rester, que peu importe la distance et les problèmes de communication, j'allais resté accroché à lui.

Aujourd'hui ça fait un an. Une année malhonnete, puisque ça fait tout de même six mois qu'on ne se voit plus. Et pourtant, je regarde sans cesse sa photo accrochée près de mon lit. J'ai hâte de retrouver sa peau, de le serrer dans mes bras, de lui dire des tas de niaiseries d'enfants. J'ai hâte de jouer au gamin, de lui faire des chatouilles, de saisir son entrejambe. J'ai hâte de me réveiller le matin dans ses bras, d'aller m'amuser sous les couvertures, de faire la grasse-matinée et d'écouter un film collé dans le lit. Ici, il pliait mon linge et mettait mon pyjamas sous mon oreiller. Il faisait tout pour mon bien être, et je m'ennuie de me sentir apprécier par lui.

Peu importe les erreurs que l'on peut faire, les fausses notes au parcours, les petites coches dans le bonheur. La vie nous trimballe, nous donne des angoisses et nous perturbe, mais ce qui compte vraiment, C'est d'avoir quelqu'un à qui le raconter, quelqu'un qui peut s'occuper de toi quand ça ne va pas, quelqu'un qui pose des petits gestes, qui, lorsqu'ils disparaissent, prennent une importance capitale.

Dans quelques mois, si tout va bien, nous emménageons ensemble. Suite logique de notre relation, suite logique de l'adolescence qui se dissipe réellement derrière la vie adulte. Grandir et Aimer. Grandir et être aimé. Ce doit être tout ce qui compte.


Je t'aime bébé !

Et sur une note plus générale ! J'ai lu cet article et BIG LOL !!!!

"Gay Pride chez les pingouins de Bremerhaven"
(tiré du 20 minutes / 14 février 06 / par Y.P.)

Dans la nature, les pingouins trouvent chaque année une nouvelle partenaire pour s'accoupler et prendre soin de leurs oeufs. Les pingouins du zoo de Bramerhaven (Allemagne) étant presque tous des mâles, ils ont pris l'habitude de former des couples homosexuels et d'adopter des cailloux en guise de progénitures... Inquiets du renouvellement de la population, les responsables du zoo ont donc décidé d'acheminer des pingouins femelles prêtées par le zoo de Kolmarden (Suède), entraînant d'ailleurs des protestations de plusieurs associations gays et lesbiennes contre cette interférence dans les préférences sexuelles des pingouins. Mais bien qu'arrivées à temps pour la saison des amours, les quatre femelles suédoises n'ont pas réussi à séduire un seul des vingt-deux pingouins gays de Bermehaven. Ces derniers ne se sont jamais intéressés à elles et ont spontanément reconstitué des couples homosexuels...

Ça m'a fait penser aux conversations que j'avais avec un vieil ami; Jodi. Moi et Rachel, on essayait de le convaincre que s'ils se retrouveraient sur une île déserte entourée seulement d'homme, il finirait par avoir des expériences homos. Et lui, de tourner la tête en tout sens en hurlant que jamais il ne le ferait, même s'il était sans femme pour la vie. Encore aujourd'hui, je n'y crois pas. Tout est une question d'environnement. Et cet article le prouve bien. L'homme est une bête, et il n'échappe pas aux règles de la nature. Après un trop long moment entre hommes et sans femmes, ce serait très normal qu'il veuille avoir des rapports plus qu'amicaux. C'est à peu près ce qui arrive en prison, et c'est ce qui arriverait sur ce genre d'îles à homme. Too Bad Jod ! Tu finirais par sucer des bites pareil ;P

11 février 2006

Les obligations


Nouvelle Vague - Guns of Brixton


Peu importe où l'on se trouve, la vie est une suite d'obligations auxquelles on se sent obligé de se plier. Que ce soit dans les grandes obligations, tels l'école ou le travail, ou dans les petites obligations, comme des rencontres familiales ou des sorties entre amis, tout s'affiche comme obligation, comme "petite barrière à franchir avant de pouvoir continuer le chemin". Mais à vrai dire, quel chemin ? On cherche tous à avancer, à trouver un but ou une raison d'être, et on pense peut-être que le chemin pourrait continuer toujours si la mort ne l'entravait pas. Est-ce réellement ainsi ? Il faudrait demander à un vieillard qui ne peut plus bouger ou à une personne en phase terminale. En fait, pour faire plus simple, on pourrait renommer le chemin comme un "couloir de la mort", jusqu'où bout, ou cette dernière nous efface.

On se demande souvent pourquoi on vit. On se demande sans cesse si on a fait les bons choix. Et on arrive jamais vraiment à répondre à nos propres interrogations, pour la simple et bonne raison qu'on ne connait pas la maison qui se situe au bout du chemin. Est-ce seulement une seconde avant notre mort que l'on comprend notre existence sur Terre ? J'en doute fortement. Je suis vraiment curieux de comprendre les choix du hasard, ou de ce que nous les humains ont appellent hasard. Parce que c'est peut-être bien décidé à notre naissance, mais qui peut vraiment le savoir ? Malgré tout, je continue à faire mes petites obligations, comme aller à l'école, rencontrer des gens, écrire et lire, ne pas oublier ma famille et mes amis au loin. Je crois que sans ces petites entraves au chemin, le goût de vivre n'existerait pas. On a beau chialer sur ses cours, sur son travail, sur sa fatigue, sur tout ce qui peut arriver autour de nous, sans ces petites "coches" dans le chemin de nos vies, on n'aurait simplement trop de paresse pour appuyer sur la détente, mais on se laisserait quand même mourir à petit feu.

Je suis heureux d'avoir brisé des barrières (et même si d'autres de mes compères le font aussi présentement ou l'ont déjà fait), on se sent toujours unique dans notre histoire, sur notre chemin.

Le temps file comme un fleuve qui rejoint l'océan, bientôt je manquerai de souffle, noyé par les délais qui me feront regretter pleins de trucs ensuite. Mais qu'importe, j'aurai probablement vécu une année de vacances extraordinaire. Et qui peut se vanter d'être en vacances pendant un an à l'âge de 22 ans ?! Mais si, il y a l'école, mais bon... ici l'école rime avec congé, parce qu'après seulement deux semaines entamées sur la deuxième session, nous voilà avec des congés d'hiver dès le 17 février. J'ai commencé le 6 février, et je tombe en vacances dans 6 jours ! C'est drôle quand même, non ? Le temps va courir encore, et j'espère que mon inspiration va revenir, car depuis près de trois semaines, c'est plutôt mortellement sec. Je n'ose pas parlé de page blanche, parce que je ne veux pas m'affoler avec ça. Je le prends avec légèreté, parce que je sais qu'il ne faut pas pousser les choses, surtout dans ma situation.

Mercredi matin, je me suis levé à 6h45 pour aller dans mon cours de 8h à 12h qui s'appellait "Le monde arthurien au miroir du temps", je dis "s'appelait" parce que je me suis vite cassé de là ! On devait avoir une maîtrise parfaite du Moyen-Âge et savoir lire l'ancien français ! Les profs sont parties faire des photocopies, et moi j'en ai profité pour sacrer le camp ! Ça va un peu mal côté choix de cours. En plus d'avoir de la difficulté à choisir un dernier cours, je me rends compte que j'étais vraiment en vacances la session passée ! Autre mon cours de Romans, j'étais vraiment en vacances ! Cette session-ci, les profs semblent beaucoup plus professionnels (ce qui est un plus tout de même), mais ils semblent aussi très sévères, et cette fois-ci, impossible de se reposer sur son statut d'étudiant étranger ! On a déjà vu, et ils le savent !! Enfin bref, adieu mon horaire parfait du mardi,mercredi,jeudi et hop fini les cours lol. Je vais probablement me retrouver avec des cours lundi,marde,mercredi et jeudi. Bon, c'est la vie, ça va me préparer au rush mortel qui m'attend à mon retour à l'UQAM. Sérieusement, j'appréhende un peu ce retour universitaire d'automne. J'ai peur de manquer de souffle, de perdre le contrôle, de sentir une corde se resserrer sur ma gorge. Mais bon, il vaut mieux ne pas s'en faire avec ça tout de suite. Une chose à la fois sera mieux.

Vendredi soir, je suis allé pour la première fois dans la résidence des mecs de l'école des Métiers et Arts. Ce sont des mecs qui étudient pour être ingénieurs en principe. Ils ont le luxe d'avoir une salle de bain dans leur chambre, mais ils vivent à deux. Je ne sais pas si c'est mon petit confort solitaire qui me dicte ça, mais je préfère tout de même ma petite chambre intimiste. Enfin bref, Rachel, une de mes amies, m'avaient invité à un espèce de souper communautaire de québécois ! Histoire que les nouveaux arrivants rencontrent les anciens (lol, ça fait drôle de se considérer comme ancien !). Ce fut une belle soirée, rempli d'alcool, de pain et de fromage. Je commence réellement à me faire au fromage. J'ai passé l'étape du dégoût volontaire, je goûtte avant de chialer, et je chiale de moins en moins ! J'ai enfin rencontré des mecs durant cette soirée. Voilà mon point ahah ! Ce sont tous des hétéros, mais whatever ! Je crois que je m'ennuyais vraiment d'une entente mâle et viril lol. C'est con, mais ça pèse un moment donné d'être seulement dans un univers de femmes. Disons que je me suis bien amusé à parler de trucs de gars, j'ai l'impression que je me suis rapproché de Francis aussi. C'est bien, on apprend peu à peu à se découvrir, parce qu'au début, je suis sûr que dans nos têtes, on se disait que ça allait être impossible de se rendre à une relation amicale. Chose faite. J'ai rencontré aussi Raphael, un belge qui vit au Québec et qui (comme la plupart des gens de Belgique) est naturellement sympathique et très attachant. C'était l'hôte de la soirée, et on s'est promis de se revoir prochainement.

Mais bon, le plus drôle c'était hier soir. Est-ce que vous vous souvenez que j'avais raconté l'histoire d'une québécoise qui m'avait insulté en voulant me faire garder un enfant que je connaissais même pas pour qu'elle aille danser avec ses amis ? Dans mes débuts ici, j'avais rencontré Régine et Véro, et j'avais fini par abandonner leur compagnie à cause que j'avais l'impression d'être en constante compétition avec Isabelle, qui semblait très appréciée par mes amies québécoises, mais dont j'avais beaucoup de difficulté à cerner. Je suis donc aller voir ailleurs, un peu déçu quand même, mais bon, je m'étais dis fuck off dans le fond. Eh bien, nous sommes sortis hier soir. Seulement moi Régine et Liza au début. Et oh God ! J'en ai entendu des belles. Elles ne sont carrément plus capables de supporter le caractère d'Isabelle, il paraît qu'elle est trop envahissante et qu'elle ne peut vivre sans elles ! Le problème dans ça, c'est qu'elles m'incluent dans leur jeu. Elles font de gros gros scénarios pour essayer de l'éviter, mais elle l'invite quand même, parce qu'elles ont trop peur d'être chienne et de passer pour des méchantes. Je commence à saisir l'hypocrisie féminine lol. Bref, on a dû inventé une histoire abracadabrante pour ne pas paraître louche d'être sorti sans Isabelle. C'est complétement ridicule. Voyons donc ! C'est comme si elles étaient dans l'armée et qu'elles devaient se rapporter à un sergent à chaque fois. Et ce sergent fait des enquêtes très méticuleuses ! Sérieux, je pense qu'elles nous a posé au moins 2000 questions pour valider notre histoire, pour être certain qu'il n'y avait pas de failles ! Débile !

J'ai quand même joué le jeu, fermé ma gueule parce que cette histoire ne me concerne pas du tout. Mais le "Je vous l'avais bien dit" me brulait la langue ! Alors on a bu encore hier soir, callé des grosses pintes à 5 euros. Au moins 3-4. Je me suis rapproché beaucoup de Régine, je me suis confié aussi, j'ai parlé de mes expériences sex. Je ne sais pas si c'est l'alcool, mais elle a glissé des invitations étranges, encore une autre fille qui m'avoue adorer voir deux mecs baiser ensemble. On a changé de bar à 23h30, on est allé faire un tour au Sunset, ça coutait trois euros pour rentrer pour les gars, et c'est Isabelle qui a payé. Je l'ai comme senti plus posée et plus "gentille volontairement" ce soir. Je sais pas si elle a joué un jeu pour essayer d'attirer ma sympathie parce qu'elle se doute sûrement de la haine grandissante des autres filles, mais en tout cas, ça prend plus que trois euros pour acheter mon amitié anyway haha. Ça me fait chier en criss par contre, j'ai perdu mon foulard dans le bar. Je suis vraiment en criss, je l'adorais. J'espère qu'il en reste encore au Celio, pis j'espère qu'il est en solde haha !

Bon, j'ai assez jasé. Ce soir, je suis supposé me faire payer le souper... un tête à tête avec Rebecca ; son moyen de me remercier pour lui avoir sauvé les fesses dans le cours qu'elle aurait coulé sans notre travail commun que je me suis tappé seul lol ! Allez, payer mesdames, je le vaux bien ! ;)

Mise à jour d'après-midi !!!

Oh god ! Faut vraiment que mes amies québécoises restent amies avec cette Isabelle... sérieux, je ne pensais pas que ma fausse gentillesse allait me faire tomber dans le piège aussi. Grrr. Imaginez-vous donc qu'elle m'a téléphoné parce qu'elle ne voulait pas aller faire l'épicerie toute seule (!!!!) C'est fou pareil ! Les filles m'expliquaient qu'elle ne peut rien faire sans elles, elle doit toujours manger avec elles, toujours sortir avec elles, toujours faire tout avec elles. Ça doit être pesant en criss. Et je ne veux surtout pas subir ça ! Je préfère que ce soit elles qui en paient les conséquences ! Moi je les avais prévenues anyway !

Mise à jour 12 février

WoW ! 3e jour d'affilée de sortie et d'alcool. Ce soir devait être la meilleure soirée. Je me faisais payé le souper par Rebecca pour lui avoir sauvé les fesses d'un cours qu'elle a passé grâce à moi. Elle avait aussi invité son amie suédoise Mikaela, une belle chantaine super souriante et enthousiaste. Nous sommes allés dans un restaurant typiquement provençal et c'était tellement bon !! J'ai mangé un magret de canard avec sauce aux champignons et du fromage pour dessert, tout ca accompagné d'une bonne bouteille de rouge et de ces charmantes demoiselles. Beaucoup de confidences, j'ai ouvert mon passé à leurs questions, elles étaient très intéressées. On a aussi parlé de mon cours sur la jalousie et je leur ai expliqué le concept de la bulle symbiotique. (je finirai pas vous en reparler surement !) Bref, j'ai vraiment eu un plaisir fou à parler avec ces filles. Mikaela semble s'ête beaucoup attaché à moi et c'est réciproque, je l'aime bien. On a évidemment parlé de mon mec aussi et on a compté nos histoires de couples, Rebecca a dit que mon mec était trop cute aussi hehe. On est sortir du restaurant vers 23h pour se retrouver au Bistrot Aixois avec deux amis espagnols, et là encore, bière sur bière ! Faudrait que je me calme un peu je sais, mais c'est difficile, avec le beau temps qui revient, ca donne juste envie de prendre un verre et fumer une clope.


Rebecca


Mikaela


7 février 2006

Ces petites peurs qui nous bloquent


Joseph Arthur - Crying on Sunday


Retour à l'école les amis ! On y échappe pas ici non plus ! Je trouve ça plutôt lassant, mais pourtant, je ne sais pas si c'est seulement une fabulation de ma part ; je trouve que les cours universitaire du Québec sont beaucoup plus entrainants, ici, la parole française assomme, ennuie et donne le goût de quitter le cours 15 minutes plus tard. Je suis allé dans un cours de linguistique Lundi matin, car je voulais fortement prendre 5 cours durant la session. C'était tellement endormant que je dois me contraindre à quatre cours. Je sais que je vais rusher avec six cours d'uni en une session à l'automne prochain, mais bon, je me dis qu'il vaut mieux profiter de mon temps libre en terre française plutôt que de me concentrer ardemment sur les études. Ce n'est peut-être qu'une simple défaite pour repousser des cours à plus tard, sûrement même, mais bon, j'ai donné une chance au sort, et le sort a décidé qu'il n'était pas question que je revienne dans ce cours de linguistique ! Me voilà donc avec deux grosses journée le mardi et le mercredi, puis un cours le jeudi matin aussi. Ce n'est pas trop mal, surtout qu'à partir du 28 mars, le cours du jeudi revient à un horaire du mardi, ce qui fait un conflit d'horaire, car j'ai déjà un cours là. Mes semaines seront donc condensées en mardi et mercredi de fou, et je vais tenter de me divisé en deux pour assurer deux cours à la même plage horaire ! Come on ! Ça va être le fun, on va s'amuser je le sens haha !

J'ai eu mes résultats dans tous mes cours, et je passe haut la main avec des notes entre 13 et 15 (sur 20), c'est excellent. Espérons que j'en arrive à la même chose cette session-ci aussi. Mon cours du "Théatre des Années 50" est intéressant, mais bon dieu que la prof débite vite ses notes. On ne chôme pas. Heureusement, elle est très professionnelle, elle a même travaillé avec Ionesco. Je sens en général (mais peut-être que je parle trop vite) que je vais apprendre beaucoup plus durant cette session. Mon cours en après-midi: "Représentation romanesque de la jalousie féminine" est très intéressant. Le prof est amusant et j'aime sa façon d'aborder le contenu du cours. Il n'y a rien de thérapeutique dans le cours (sur le sujet de la jalousie), mais je crois que ça pourrait m'aider dans mes écrits futurs et dans les descriptions que je pourrais tenter de faire sur la jalousie des femmes ! Demain, mon pire cours je le sens; ce sera: "Le monde arthurien au miroir du temps", juste le titre donne envie de gerber ! 4 heures, de 8h à 12h en plus. Je n'ai pas le choix de le prendre, puisque j'ai abandonné mon cours du lundi. Jeudi j'ai un cours sur "La mort du roman" et lui non plus je n'ai pas le choix de le prendre. J'espère que ces deux derniers cours ne me feront pas regretter mes choix !

Sinon, faisons donc un peu de psychanalyse de mon moi-même,il me semble que ça fait des siècles que je n'ai pas parlé de mes petits problèmes intérieurs haha ! Non, sérieusement, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai de la difficulté avec mon "moi", et envers ce que mon "moi" représente au yeux des autres. Je me rends compte qu'à première vue, je passe pour un "cool". Pas dans le genre "fresh", mais plutôt dans le genre décontracté, ouvert, léger, bien dans sa peau. Pourtant, ce n'est pas du tout ce que mon corps me dicte. Et je trouve ça dommage, parce que lorsque les gens m'abordent, ils ont cette idée de mon "moi" que j'aimerais voir vérédique, cependant, ils se rendent vite compte qu'ils se buttent à quelqu'un de beaucoup plus réservé que ce qu'ils ne pensaient. À vrai dire, j'ai l'impression que je donne une image de moi sans vraiment la vouloir. C'est flatteur et ça tue en même temps. C'est flatteur, parce que la plupart des gens rêvent d'être considérés comme des personnes "cool" et super à l'aise dans la vie. Ça tue parce que je n'arrive pas à combler ces attentes. Je m'empourpre, je bégaie ou je parle trop vite, j'ai de la difficulté à terminer mes phrases, je fais mille lapsus, je ne sais pas comment maintenir mon corps. Ça n'a pas l'air si dramatique, mais personnellement, c'est comme un réveil à l'angoisse qui me prend aux tripes.

Dans mon adolescence, je fonçais. Même si je me pétais la gueule ensuite, je m'en foutais, ça en valait probablement la peine, du moins, je n'avais pas de regrets. Aujourd'hui, on dirait que je m'efface. Je n'ai plus ce même esprit fonceur que dans ma jeunesse. Et je me demande sérieusement quelle en est la cause. J'ai d'abord pensé qu'il s'agissait d'un malaise à cause de mon orientation sexuelle, mais je n'arrive pas trop à y croire, parce que je ne pense pas que c'est inscrit tant que ça sur mon front. J'ai ensuite pensé que c'était à cause de certaines personnes que j'avais fréquentées, des gens qui étaient timides, qui n'avaient pas de confiance en eux, des gens pour qui le doute était quotidien ; je me serais mis à agir comme eux, doutant de tout, mais surtout de moi-même. Est-ce plausible de capter une "influence plutôt néfaste" chez des amis ou dans des relations ?

Je croyais que mon périple en France allait réglé tout ça, mais étrangement, je me rends compte que c'est plutôt le contraire qui arrive. Du fait de la prononciation des mots, je sens toujours que les français ne me comprennent pas. Alors j'ai cette petite gêne à m'exprimer, et quand je dois nécessairement le faire, ça sort un peu tout croche. Pourtant, je sais très bien que si j'agissais comme dans ma jeunesse, je ne m'en ferais pas pour deux cents et je continurais à parler naturellement. Ici, j'ai parfois l'impression de trafiquer ma voix pour qu'on me comprenne mieux, alors que c'est souvent tout le contraire qui arrive.

Finalement, je me suis demandé si ce n'était pas simplement le fait de vieillir qui mettait du doute dans mon esprit. Une jeunesse est fougueuse, remplie d'espoir de toutes sortes, on ne croit pas aux échecs et aux barrières, sauf lorsqu'on les a vécu, et ces échecs tombent souvent dans le début du passage vers la vie adulte. Serait-ce donc l'accompagnement naturel des doutes qui me fait réagir ainsi ?

Comment savoir ? Comment changer ? Est-il possible de retrouver ce ton non-chalant et bienvaillant, sans une once de gêne qui me plaisait tant ? J'ai peut-être plus de difficulté à m'ouvrir parce que je crains de me faire rejeter aussi ? Ça peut être une explication. C'est plus difficile de rencontrer des gens aimants, surtout quand on les recherche avidemment à cause de l'éloignement de ceux qu'on aime.

Bref, je me suis aussi dis pour conclure que tout allait changer à mon retour. Après avoir vécues ces difficultés à l'étranger, je vais peut-être revenir en force au Québec, n'ayant plus peur de rien, et surtout pas de m'affirmer, parce que je vais avoir connu les plus grands moments timides de ma vie en France.
Qui sait ? Sûrement pas moi...

1er février 2006

Grandir


Cat Power - The Greatest


Je crois que je grandis. C'est un sentiment étrange de se regarder dans le miroir et de comprendre que l'on change réellement. Ce n'est plus un désir de changer, c'est la réalisation du changement. Je viellis, je continue à apprendre et je n'ai plus peur d'être ce que je suis vraiment. Certes, il reste toujours des soupçons de craintes, des miettes d'angoisses, mais ce n'est rien à comparer au petit garçon terrorisé que j'étais à mon arrivée ici. Il y a des chances à prendre dans le parcours de notre existence, des choix que l'on ne pourra jamais effacer. On ne saura jamais vraiment si on a prit les bonnes décisions, mais qu'importe, puisque la vie ne se vit qu'une seule et unique fois.

Il fait tellement beau aujourd'hui. Après six jours de mauvais temps, c'est un peu le réveil au renouveau. Soleil chaud, ciel bleu, seize degrés dehors. Je ne suis pas habitué à être optimiste aussi tôt durant l'année. Le temps affecte nos songes, le temps joue beaucoup sur les espoirs d'une vie. J'arrive pile à la moitié de mon parcours. Il ne me reste que 5 mois. Ça peut paraître énorme, mais je sens que ça va dégringoler dans une furie incontrôlable.


Avec Sandra, une allemande géniale qui était dans mes cours.

Ça fait un peu pédant de le dire, mais je crois que j'ai évolué. Une évolution positive envers moi, mais aussi envers les autres. J'ai rencontré des gens formidables ici, des personnes aussi désemparées que moi à leur début, et pourtant nous avons surmonté plusieurs moments ensemble. Je sens que plus les jours vont avancer, plus la vie va me faire découvrir mon "moi", cette chose étrange que l'on recherche tous ardemment.


Avec ce charmant autrichien qu'est Stefan

J'ai souvent vu les années à venir d'un sombre augure, mais peu importe ce qui va m'arriver, on dirait que je sens un nouveau côté de ma personnalité se développer, accepter le sort, le combattre s'il le faut.


Avec mes deux préférées; Pascal-Anne et Mélanie

Même si ce voyage m'apporte aussi son lot de dettes monétaires, je crois que quelques milliers de dollars perdus ne sont justement pas perdus du tout. Partir une année, en solitaire, pour voir si on se connaît vraiment, si les autres ont vraiment envie de nous découvrir. Ce ne fut pas facile tous les jours, il reste des ambiguités, des malentendus, mais avant tout ; on ne cesse de se construire, on s'éloigne pour mieux revenir.


Pascal-Anne, Yasser, souvient pu de son nom !, Mélanie et la belle Julia

J'ai pris des laps de temps immenses afin d'analyser le passé, d'y voir ce qui n'avait pas fonctionné. La jeunesse a ses bons côtés, on s'éblouit de tout, on est une boule d'innoncence prêt à s'ouvrir à n'importe qui. Et malgré la douleur de certains événements, je sais que je referais le même parcours. Il est unique, il est spécial, éclaté, révolté. C'est moi, un simple humain sur Terre peut-être, mais qu'importe. On ne devrait pas rêver de changer la vie des autres, on devrait rêver d'un changement ultime pour soi-même. Voilà où j'en suis et je sais que dans 5 mois je serai encore plus loin.

Il n'y a pas d'événement plus beau que de prendre conscience que vivre n'est pas que douleur, qu'exister vaut la peine.