Je ne suis pas guéri totalement (on ne guérit jamais complètement d’une rupture amoureuse; l’autre reste toujours un peu en nous, même dans le cas des relations les plus malsaines), mais on peut dire que je suis « en voie de »…
J’ai toujours été de ceux qui pensaient que les sentiments pouvaient être quelque chose de contrôlable, quelque chose de facile à dominer, peu importe les situations. Et pourtant, plus je vieillis, plus je me rends compte que les sentiments ne font que s’appuyer plus intensément sur l’émotion du moment. Je pensais qu’on vivait les désirs et les détresses les plus forts à l’âge de l’adolescence, mais au final, bien qu’on en vive, ces sentiments n’ont jamais autant de répercussions que lorsqu’on les vit à un âge adulte, là où ça compte vraiment, là où l’importance y est, là où une simple décision peut transformer le restant de la vie.
Les amours du passé sont comme des fantômes qui tournent en rond, qui attendent d’être libérés pour de bon. Alors que j’écris cette ligne, je me sens un peu triste, triste parce que je sais que j’ai beaucoup de difficulté à libérer les fantômes, à les laisser partir pour de bon. Et pourtant, je sais que ces fantômes ne sont que l’ombre d’un bonheur passé qui ne peut existe dans le présent. Il faut accepter de laisser partir, de donner l’indépendance aux souvenirs d’une personne aimée.
Je ne pars pas au Brésil. Ma candidature a été refusée. Ce n’est pas grave. Si j’avais été choisi, j’y serais allé avec joie. Puisque je ne le suis pas, c’est parce qu’il y a quelque chose de mieux pour moi en 2010. Il faut y croire. Et ce, dans tous les domaines de notre vie. Peut-être que tout ne sera jamais parfait, mais il faut au moins tenter de croire que tout peut s’améliorer, que le meilleur est à venir, que la vie nous réserve toujours une surprise, une « twist » surprenante qui nous étonne et nous transforme.
Le temps des fêtes s’est relativement bien passé. Les soupers de famille n’ont pas été pénibles, tout s’est passé très vite. J’ai fait quelques excès, mais je n’ai pas été si pire, et j’ai même eu le temps d’entrecouper le tout de gym ! Je me demande souvent ce que je veux pour 2010 ces temps-ci. Je n’ai pas de grandes résolutions, autres que celle d’apprendre à m’aimer et à aimer les autres avec plus de facilité. Je suis une personne exigeante, qui donne sa confiance, mais qui peut la reprendre à tout jamais. Il faut que j’apprenne à baisser mes gardes, à ne pas tomber dans les jugements faciles. Il faut que j’élargisse mes activités, que je rencontre des gens splendides. Je regardais des photos des cinq dernières années dans un album chez mes parents, et il n’y a pas à dire. Je ne peux pas me plaindre de ma vie. Il y a des gens extraordinaires qui y sont passés. Et je comprends sincèrement qu’on ne fait que ça; passer dans la vie des uns et des autres. Nous ne faisons qu’arriver et partir, rien ne reste réellement, outre la modification de notre personnalité face aux expériences et traumatismes de la vie. Je regardais donc ma jeunesse en photo, et mon premier constat était : « Quel homme j’étais en 2003-2004 ! » haha. Je ne dis pas que j’ai mal vieilli, mais j’ai vieilli justement. La peau rougit, les paupières se fatiguent, les cheveux reculent et le ventre rebondit. J’en suis tout de même venu à une conclusion triste. Mais je ne sais pas si j’y crois à 100% ou si c’est la douleur passée qui me fait juger les dernières années. Chaque moment que je regardais sur photo me rappelait une époque précise, une mentalité un peu fixée, comme si en observant mon sourire, je pouvais me souvenir de mon état d’esprit, de ce qui occupait ma tête et mes pensées. Et peut-être que c’est simplement une question de recul, mais en me tournant vers les dernières années, appart un couple qui bat de l’aile, je n’ai pas vu grand-chose dans ma vie. Malgré la maîtrise, malgré les voyages, malgré les rencontres… c’est comme si j’étais resté un peu le même durant trop longtemps. Je ne peux que m’en prendre à moi-même, certes. Je trouve réellement dommage d’avoir l’impression ne pas avoir assez eu de créativité durant les dernières années. C’est comme s’il y avait eu un frein invisible pour stopper mon élan après Aix-en-Provence (la vie de couple ?). Une chose est certaine, je n’ai pas à regretter. Je ne regrette rien. Ce fut une autre période de ma vie, un autre moment que je comprendrai mieux lorsque j’aurai le recul nécessaire.
Ce soir, Luc est revenu à l’appartement, et avant qu’il ne rentre, je l’ai entendu déposer une boîte devant la porte. Je me suis donc levé pour aller voir, et je l’ai aperçu en train d’embrasser son nouvel homme. Ça m’a fait sourire, sourire de voir que l’être humain, malgré tous les bons sentiments qu’il peut avoir, est un animal qui oublie facilement ses intérêts passés. Luc m’a aimé, et il ne m’aime plus. C’est si simple sérieusement. On aime des gens, puis on finit par ne plus les aimer. C’est un processus de la vie. Et ça m’a pris du temps avant de comprendre cela. Je suis de ceux qui croient que l’on peut aimer plusieurs personnes dans sa vie. On en a la preuve dès qu’on en doute, il suffit de regarder derrière soi et de voir son passé amoureux. Il y a des degrés d’amour, certes, mais il y a définitivement plusieurs amours, plusieurs rencontres et plusieurs expériences. Ça ne peut être que ça, c’est l’essence même de l’homme comme de l’animal. Il n’y a qu’une différence de sentiments.
Je te laisse partir Luc. Parce qu’il est temps que tu t’en ailles aimer d’autres hommes, et ce sera au pluriel bien évidemment. Il y en aura peut-être encore 5, peut-être même 10. Ce n’est pas l’essentiel. Ce que je dois retenir, c’est ce laps de temps figé. De mes 22 ans à mes 25 ans. Malgré nos montagnes russes, malgré nos petites bagarres quotidiennes; ça n’a pas d’importance. Quand on laisse partir quelqu’un, on se doit de tout oublier. L’autre devient un être-fantôme, mais celui-ci ne tourne pas en rond, il ne s’acharne pas derrière nous. Il serait faux de se dire qu’on ne l’imagine jamais; dans les bras d’un autre, dans le lit d’un autre ou peut-être seul, qui sait ? Il m’arrive encore de me demander ce que fait Jean-François, de m’imaginer ce que Tania fabrique un vendredi soir ou encore simplement de me questionner sur les activités de mes deux premières copines du secondaire. Des moments-flash, de simples petites pensées qui sont inoffensives, qui sont normales, parce qu’on aura beau rayer quelqu’un de notre vie, cette personne vivra toujours un petit peu en nous. Alors, voilà Luc. Je te rends ta liberté. Je te rends aussi toutes les émotions négatives que tu m’as procurées. Non, je ne te les souhaite pas. Je ne te veux pas de mal. Je fais simplement un don pour la vie. Éliminer la mélancolie et la tristesse quand je pense à toi avec lui. Je suis d’accord à présent. Tu avais tous les droits de ne plus m’aimer, car l’amour ne dure pas. Il faut simplement saisir cet amour quand il passe, se l’approprier le plus farouchement possible, malgré toutes les souffrances que l’on pourrait avoir par la suite. L’amour vaut toutes les déceptions qui la suivent. Alors Go. Go Luc. Va mon homme. Vit. Tu l’as compris plus facilement que moi. Tu es parti plus rapidement aussi. Merci d’avoir mis un terme à nous. Je ne t’en veux pas. Je ne t’en veux plus, car le cycle de la vie est ainsi fait. Nous ne sommes pas des numéros, mais nous avons le cœur fragile et c’est tant mieux. Ton cœur ne battra plus pour moi, mais il y en aura bien un autre qui m’attend. Peut-être 5, peut-être 10 encore. On s’en fou. La vie n’est pas une ligne droite. Un jour, on se croisera dans la rue, et on sera heureux de se dire qu’on a vécu l’amour après avoir vécu notre nous. 4 ans d’amour. Ce n’est pas rien. Pour certains, c’est un exploit.
Tout ce qui compte, c’est de se sentir bien avec quelqu’un, c’est d’être aimé. Nous sommes tous les deux sur la bonne voie; je vois de très belles choses pour nous en 2010. Tu marcheras vers le nord, alors que je me dirigerai vers le sud, mais ça n’a pas d’importance, car même si nous ne marcherons plus ensemble, nous serons accompagnés par quelqu’un d’autre. Alors, voilà Luc. C’est le moment du « leaving song ». Je te souhaite la meilleure des routes et je me souhaite aussi la même chose. Je prends la prochaine sortie, je sais que tu attendais cela depuis déjà un bout de temps. Mais à chacun son rythme de départ. Je referme donc l’année 2009 avec l’acceptation de notre séparation. Bonne chance dans le futur. Je suis assuré qu’un jour, tard dans ton existence, tu auras une image, une pensée pour moi. Tu te souviendras peut-être de ma « folie », de mes « excès » ou simplement de cette intensité si magique qui nous aura unis pour quelque temps. Pas de regret, Luc. Pas d’animosité. La vie est ainsi faite, il faut simplement apprendre à accepter son rythme.
Hier soir, je me suis collé au creux des bras d’un autre. Et j’étais bien. J’ai eu l’impression que je n’avais pas vécu ce bien-être depuis des années, et pourtant, cela ne faisait qu’à peine 4 mois. Il faut de l’amour et des relations saines pour apprendre à s’aimer et à grandir. Je suis en perpétuel apprentissage. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de ce journal en 2010. Je ne peux rien garantir. Émilie vient de me téléphoner. Au lieu de rester seul ce soir, je vais voir des amis. Voir des gens. Sentir l’amour qu’on nous porte. Avec cela, on peut se sortir de tous les événements. Bonne Année 2010 Luc. Bonne Année 2010 au copain de Luc. Bonne Année 2010 à toi aussi. Je sais que tu te reconnaîtras. Je ne sais pas si vous saviez; mais 2010 sera mon année. Et vous savez quoi ? Malgré toute la peine que j’ai vécue en 2009, cette dernière année n’était pas si mal non plus. J’aime la vie. Et j’accepte enfin la définition de celle-ci : des gens qui partent, des gens qui disparaissent et des gens qui nous aimeront toujours un peu, malgré leur absence. Goodbye.
12 décembre 2009
Vivre encore, lire encore
Pour ceux qui s'ennuient... il y a toujours moyen d'étirer le plaisir sur Amazon
Ça ne mène à rien. Écoutez. C’est simplement impossible que je continue à écrire ici. Cette auto-analyse de moi-même a assez duré. Pour le moment du moins. À force de chigner comme un enfant et de faire du blabla sur des trucs strictement personnels, j’en suis venu à oublier que je vis un drame; mon drame. Il faut que je cesse de me raconter ainsi en public. Il faut que je mette mes efforts ailleurs. Sur un travail perso. Sur de la création pure. Je reviendrai de temps en temps. Peut-être plus souvent quand je serai heureux.