Les deuils "amoureux"
S’il y a bien une chose qui est éphémère, c’est l’amour. Je ne veux pas jouer les négatifs, mais en soit, c’est déjà un exploit lorsqu’il y a eu de l’amour des deux côtés. Parce que je m’excuse, mais on peut apprécier quelqu’un, l’aimer bien, le trouver charmant, le trouver sexy, l’aimer physiquement, etc. Reste que le vrai sentiment amoureux, qui inclut tout ce qui précède, eh bien il est vécu très rarement. Peut-être à la folie chez une personne, mais sa moitié ne vit justement pas la moitié de ces émotions. Que faire dans ce cas ? Arrêter de croire en l’amour ?
Je ne pense pas que ce soit la meilleure solution, mais je crois que les pauses sont parfois nécessaires. Histoire de se retrouver. Histoire de réapprendre à vivre pour soi-même. Histoire de ne plus dépendre affectivement des autres. Car le plus gros problème vient de là; l’attention des autres, l’intérêt des autres. On cherche tous à attirer l’intérêt, mais à 95% du temps, dès qu’on a cet intérêt, on s’ennuie, ou encore, on se rend compte qu’on ne voulait pas vraiment l’intérêt de cette personne-là, on cherchait l’intérêt tout court…
Les sentiments humains sont complexes, ils peuvent être cocasses, touchants ou drôles, mais ils peuvent également être vicieux, douloureux, nous amenant de plus en plus près de la folie. En fait, je me pose plusieurs questions ces derniers temps. J’observe ma vie, et je me rends compte qu’elle a tout pour être enviée. Il ne manque que le plus grand « vide » à combler; l’amour. Le sentiment d’exaltation, le plaisir de voir et revoir la personne chère, de ne pas perdre intérêt, mais au contraire d’en vouloir plus, encore plus.
On en vient inévitable à mon ex, que je vois vivre sous mes yeux. Son bonheur, son attachement solide à un autre homme, toujours son «nom » près des lèvres. C’est beau. Je sais que je n’ai que le côté « illusion » de « visible », que je ne connais pas les petits hics, les discussions un peu plus vives parfois, mais malgré tout, je peux dire que mon ex a réussi au seul endroit où j’ai échoué : trouver un amour vrai, une relation harmonieuse, quelque chose qui occupe son cœur, qui occupe sa queue; le truc qui outrepasse tous les autres domaines.
Mais plus les jours avancent, et plus les déceptions s’accumulent pour moi. Voilà pourquoi j’ai décidé d’arrêter. Arrêter de rechercher constamment le prince charmant. Arrêter de vivre dans l’attente de trouver le bonheur amoureux. Je l’écris, et ça me fait quelque chose en dedans, mais en même temps, il faut que je l’apprenne à la dure, parce qu’on dirait que de mon côté, si je n’ai pas souffert avant, je prends tout pour acquis, je ne me force pas assez pour garder les gens que j’aime près de moi. Encore là, on a tous nos petits moments ridicules, nos petites gênes, nos grandes hontes. Il arrive à tout le monde d’être égoïste, de ne penser qu’à soi. Je n’aurais jamais cru le dire ainsi, mais c’est justement ce que je préfère faire présentement. Être égoïste. Profiter de ce qui m’arrive. Le goûter, le vivre, l’absorber par tous les pores de ma peau. Ne pas penser à intéresser quelqu’un. Ne pas réfléchir à ce que je dis, pour ne pas blesser quelqu’un qui me plait, ne plus me montrer attiré parce qu’on est attiré par moi. Vivre sans penser à plus loin. Vivre pour profiter du soleil. Écrire un peu. Voir des amis. Boire de la bière et sourire idiotement aux passants.
Alors, voilà. Je range l’amour dans une boîte. Pour je ne sais pas combien de temps. Ça viendra quand ça viendra. Si ça vient un jour. C’est tout pour le moment.
