Le dire
*** Ce texte a été censuré suite à une plainte.
J’ai souvent pensé à ce blogue au cours des dernières semaines. Chaque fois, je me disais : « Tiens ! Il faudrait bien que j’écrive cela sur mon blogue. » Mais la vie nous rattrape, les événements s’enchainent et on oublie, oui on oublie. C’est comme s’éloigner d’un ami et ne pas comprendre pourquoi.
Je vais bien. Outre un petit rhume attrapé vendredi soir sûrement. Les fameux changements de température agressent ma gorge. Je travaille toujours pour le gouvernement. Jusqu’à la fin du mois. J’ai refusé dernièrement un emploi de gestionnaire de contenu web pour une grande compagnie. Pour deux raisons spécifiques : d’abord, les comportements de la compagnie en question ne me plaisaient pas particulièrement. Ensuite, parce que c’était tout de même à une heure de transport de chez moi, chose que j’ai déjà pratiqué trois années auparavant, et que je m’étais promis de ne plus refaire.
J’ai finalement été payé pour les 3 derniers contrats que j’ai faits. Des petits montants qui font du bien, étant donné que je travaille pour le ministère de l’Éducation depuis le 24 mai… et que mon premier chèque de paie ne sera déposé dans mon compte que le 16 juin. On a fini par être habitué par cette attente, mais elle est toujours un peu frustrante. Comme les textes des étudiants, qui s’en viennent de pire en pire plus les années avancent. L’an prochain, ce sera au tour des étudiants de la réforme de faire leur épreuve uniforme de français. Je ne sais pas si j’y serai (si j’y suis, ça me rappellera encore mon échec de ne pas avoir trouvé un emploi plus stimulant). Il faudrait vraiment que le Québec commence à se questionner sur sa langue, avant même les chicanes de partis et la question de la souveraineté. Saviez-vous que les seules choses qu’apprennent les jeunes cégépiens par rapport à l’histoire du Québec sont M. Duplessis et le postmodernisme ? 9 fois sur 10, ça n’a aucun rapport avec les textes à l’étude pour l’examen, mais on peut être assuré de croiser ces deux mots (Duplessis et postmoderne) dans chaque texte d’étudiant.
Cela me fait aussi me questionner sur moi-même. J’aime ma langue, c’est l’outil de travail que je veux privilégier, mais si je veux réellement m’orienter dans un emploi de gestionnaire de contenu web, je n’aurais d’autres choix que de laisser l’anglais envahir ma langue; soit accepter de travailler avec elle. J’ai beau avoir un accent de merde quand je parle en anglais, au final je le comprends parfaitement, je le lis facilement et je peux l’écrire aussi. Est-ce utopique de nos jours de rêver de trouver un travail dans une boîte pas trop grande, mais pas trop petite? Un environnement de travail où les gens sont branchés, mais sympathiques, où les gens sont souriants et loin d’être snobs ? Ou est-ce seulement une fausse interprétation, puisque le travail se passe toujours dans le monde virtuel, pour le monde virtuel? Je me demande parfois sérieusement ce que l’avenir me réserve du côté professionnel. J’approche les trente ans et j’ai adoré butiner à gauche et à droite plusieurs emplois; est-ce le temps de me caser enfin ?
C’est drôle que je parle de travail comme de couple, alors que je devrais suivre justement l’exemple du couple dans ma vie et me rendre compte que le travail est identique. Des allers-retours, des adieux et des bonjours, des baisers et des regards distants.
J’ai commencé à m’occuper un peu plus de moi. Il faut dire que le vélo m’a donné un bon coup de main. J’ai eu beau chigner sur les Bixis, je ne pourrais plus m’en passer pour aller travailler. Je suis tellement heureux de ne plus prendre le métro de Montréal. J’ai même l’impression que notre métro joue peut-être plus que l’on ne le pense sur notre moral au quotidien. Depuis un mois, je fais le programme d’exercices « Insanity », et c’est en effet très « Insane », mais c’est fou comme je trouve cela bénéfique. Mieux que P90x. Le fait que ça dure moins longtemps et que ce soit plus intense sûrement. On cherche tous à économiser du temps, on est tous un peu paresseux quand il est venu le temps de suer sa vie. En 40 minutes, « insanity » nous rend service. À cela, j’ai décidé de suivre le régime Poliquin. C’est le régime d’un entraîneur réputé, qui demande d’éliminer tout « carbs » provenant des « grains ». Ce qui veut dire, éliminer tout ce qui contient du gluten, mais également tous les aliments qui remplaçaient le gluten. Ce qui veut dire que je ne peux plus manger de pain, ni de céréales, ni de pâtes, ni de patates, etc. Le but est de consommer le moins de glucides possible, tout en mangeant de la viande saine et des légumes à profusion. Pas de fruits non plus par contre. Cependant, d’ici deux semaines, je pourrais recommencer à inclure les petits fruits, puis graduellement les autres types de fruits. D’ici 5 semaines, je pourrais recommencer à manger des carbs aussi, mais à petite dose, et pas chaque jour. Honnêtement, ce nouveau régime me donne de l’espoir, car je ne le trouve pas souffrant. Bon, il est vrai que je déteste manger des œufs le matin, mais outre cela, j’avais déjà réussi à couper pas mal le pain. On verra bien dans deux semaines s’il y a des résultats !
Je suis resté au lit aujourd’hui. Le rhume a eu raison de moi. Je dois laver les draps, car j’ai fait de la fièvre. Ça va mieux là. Je me rends compte que je vis une vie complète, malgré tout. Un bel appartement à moi, des comptes à jour, pas de problèmes d’argent, une bonne relation avec mes parents, un peu de sexualité, quelques amis importants. Je flatte Rémi près de moi. C’est sûr, la vie pourrait être mieux. Je pourrais obtenir la bourse du Conseil des Arts pour écrire un autre roman (mais on dirait que j’ai de la difficulté à y croire). J’ai reçu une lettre de leur part me disant qu’ils m’avaient disqualifié. Quand j’ai appelé pour avoir plus d’informations, on m’a dit que c’était une erreur, que mon dossier avait été étudié trop rapidement. On m’a remis dans le concours, alors tout ça me semble plutôt un geste aléatoire envers des particuliers plus chanceux que d’autres. On verra bien…
Et j’en arrive enfin au dernier point de mon post. J’ai reçu mes droits d’auteurs. On m’a payé pour les livres vendus de « Comme si de rien n’était ». Évidemment, il y a eu des complications, des problèmes de chiffres, des retours, des erreurs de la comptable. Ce qui fait en sorte qu’on a enlevé 800$ du montant total que l’on me devait. Je n’ai pas envie de revenir là-dessus. Pour moi, c’est une histoire réglée. Une histoire qui m’a donné un portrait de ce que serait une unique carrière d’écrivain (à 27 ans), soit « pas grand-chose » finalement. C’est sûr qu’avec ce genre d’expérience, cela bouleverse toujours un peu notre écriture, notre élan à écrire même. Mais je crois qu’un vrai écrivain se relève de ce genre de constat, et un jour ou l’autre, il pond l’œuvre de sa vie. « Comme si de rien n’était » est tellement mineur à comparer à tout ce que je pourrais livrer. Et pourtant, j’en suis encore à ces questionnements. Je ne sais toujours pas quelle orientation prendre pour le prochain livre. Je tente des esquisses, j’écris des centaines de pages pour me rendre compte que ce n’est pas « ça ». Mais bon, avec cette histoire de droits d’auteur derrière moi, je peux au moins me dire que je commence un nouveau départ. J’ai tout à prouver maintenant. Et c’est seulement à moi de me prendre en main, de jeter ce qui m’empêche de me concentrer à l’écriture, de jeter le passé toxique dans lequel je m’accroche encore aujourd’hui. Si facile à dire… si difficile à tuer.

je le repete prend soin de toi max... focalise, sors de la, assumme toi, commet toi.. et deviens toi meme.