C’est fou comme la vie se transforme parfois rapidement. Il y a à peine quelques jours, je pleurais sur mon sort en me demandant comment je faisais pour être malheureux alors que j’avais tout pour réussir. Eh bien, après un long hiver terne et morne, me revoilà dans la course, avec plein d’échéance, de projets et de positivisme.
D’abord, ce qui a changé, c’est que ça fait plus de deux semaines que je ne bois pas une seule goûte d’alcool ! Fini. Niet. Plus rien. Et c’est fou, mais j’ai l’impression que le fait de ne plus boire me donne une nouvelle énergie sexuelle assez intéressante haha ! Ce n’est pas mon mec qui va s’en plaindre ! Mais lui, pourtant, c’est tout le contraire. On dirait qu’il boit maintenant pour deux. C’est presque déjà devenu une habitude pour lui de boire alors que je ne bois plus. Et ça ne me dérange pas outre mesure. Ça me fait rigoler, je dirais. Je pensais vraiment que ça allait être plus difficile que ça que de résister à l’alcool, mais au contraire, je trouve ça beaucoup plus facile que je croyais. Je ne dis pas que je ne retoucherai plus jamais à l’alcool, mais disons que ce sera seulement dans les grandes occasions (genre la St-Jean).
Sinon, je chialais beaucoup sur le sort de ma vie, sur son avenir incertain… Je suppose qu’il faut des passes comme ça. Et je dois dire que ça faisait un bail que ce n’était pas arrivé. J’ai même pensé retourner à l’école dans une autre branche d’études. Mais me voilà revenu sur terre, d’abord parce que j’ai décroché un contrat de correction avec le gouvernement. Un nouveau défi qui commence le 7 mai. Ça va faire changement de ma job de prof, ça va me faire voir autre chose, et ça va être ma première job de plus de 30 heures par semaine depuis… des années haha ! Et côté travail, j’ai beau chigné un peu que ma job de manager sur Internet est parfois pénible, je ne l’échangerais pour rien au monde ces temps-ci. Un de nos sites Outrouver est devenu très populaire dernièrement, et c’est maintenant qu’il faut en profiter, car on ne sait jamais si ça dure ce genre de truc !
Ensuite, parlons de ma rédaction de mémoire un peu. J’ai rencontré ma directrice la semaine passée, et finalement, ce n’est pas si mal que ça. On a signé une feuille que je signe deux fois par année pour indiquer le processus de ma recherche et où j’en suis, et quand j’ai écrit les mots : « mémoire en phase d’être complété », je dois dire que je n’y croyais pas. Mais bon, je ne suis pas en avance (et surtout pas avec ce qui arrive prochainement), mais je pense que je suis dans les temps, en espérant que tout aille bien pour la suite. Parce que la suite va être folle (j’ai presque envie de dire « enfin! »). Dès le mois de mai, tout va s’enclencher très vite, je le sens. Et en plus, comme ma directrice est enceinte, il faudra compléter le tout pour début juillet (et je termine le contrat avec le gouvernement le 23 juin !). Donc je vais devoir travailler sur mon mémoire, travailler comme correcteur, travailler pour la job sur le web, travailler comme professeur de français; ouf ! Mais je crois que c’est ce que j’avais besoin, un nouvel élan, de nouveaux buts. Et entre tout ça, je déménage le 2 mai ! Alors, voilà, c’est le début d’une autre vie. J’espère qu’elle me réserve de bien belles surprises. Du moins, je crois que je me sens mieux dans ma peau. Bon, je pensais que j’allais perdre du poids en ne buvant plus d’alcool, mais Pâques est arrivée et bon… Pâques n’arrive qu’une fois haha !
Maxime Collins, 20/04/09 23:00 PM
Le 7 avril 2009
Droit Devant
Ce soir, je suis allé au concert de Sébastien Tellier. Seul. Pas ma faute si mes amis ont des goûts de chiotte et qu’ils ne savent pas ce qu’est la vraie musique (!). Et c’est toujours lorsque je vais voir un concert seul que le concert est excellent. Tant mieux en un sens. Cependant, regarder un concert seul au milieu d’une foule vous fait définitivement réfléchir à votre vie. Parfois un peu trop.
Voilà le topo : j’ai tout pour être heureux. Vraiment tout. La famille, la santé, l’amour, l’argent, les études, le charisme, la parole, la vue, l’ouïe, name it. Pourtant, je sens qu’il y a quelque chose qui « tic ». Je ne peux pas dire que je suis malheureux, mais je dois dire que je m’ennuie. Je m’ennuie du « max » d’avant, de celui qui était fonceur, de celui qui n’avait pas froid aux yeux, de celui qui se foutait du jugement des êtres. Non pas qu’il est parti pour de bon, mais ce « max » me semble caché, caché derrière un mur de « je ne sais quoi ». J’écoutais Pierre Lapointe parler à la radio aujourd’hui, et il disait quelque chose comme : « J’ai compris que la vie était tellement courte, mais qu’elle pouvait être tellement longue et ennuyante à la fois. Voilà pourquoi j’ai décidé de faire quelque chose. » Je crois que c’est ce « quelque chose » qui me manque. J’ai bien beau continuer à écrire (je fais plutôt de la réécriture depuis 2 ans). J’ai bien beau avoir les moyens de pouvoir écrire, je n’écris presque plus. Est-ce parce que je n’ai rien à dire ? Je ne le crois pas. Mais la vie vous avale, elle s’engouffre en nous sans qu’on soit capable de s’en rendre rapidement compte et de dire stop. Les horaires deviennent réglés au quart de tour, tout est prévu, tout est programmé, alors ce qui reste en mémoire, ce sont des chiffres flous, des dates qui défilent et dont on ne se souvient même plus de leur contenu.
Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir (Bon Dieu que je peux la dire souvent cette phrase-là), mais je me laisse une année encore. Jusqu’en mai 2010. Histoire de voir si je suis plus heureux de ma vie (quoique je le répète, je ne suis pas malheureux). Je pense que je voudrais que ça bouge plus; côté emploi je crois. Je me rends compte qu’il faut une très grande force de caractère pour travailler à domicile. J’adore ça ! Oui, certes ! Mais je me rends compte que les « challenges » manquent gravement à ma vie. Le côté social en prend un coup aussi. Et je me mords les lèvres de dire ça, car je sais que mon emploi présent n’est pas éternel. Il peut cesser demain matin, et je vais avoir l’air d’un beau « cave » à ne plus savoir où faire de l’argent. Je suis fier en un sens : pour l’instant, je réussis à vivre de l’écriture (avec beaucoup de Management en prime). Pourtant, ça cloche. Je voudrais avoir plus d’influence. J’envie les jeunes de 25 ans qui ont déjà des disques à leur CV, ou ceux qui ont réalisé des films, scénarisé des séries, qu’importe : pour une fois, ils ont influencé le cours d’un instant. Même si ce n’était qu’une heure trente. Il y a quelque chose de palpable, quelque chose de beau, même si l’œuvre n’est pas un succès. Quand je regarde derrière moi, je vois certes l’écriture. La « fausse » publication de livres plus ou moins réussis. C’est tout.
Je m’en fais peut-être trop aussi. Certains diront que je suis jeune encore. Mais je ressens le moment comme un « deadline », comme une coupure qui va me faire choisir un camp ou l’autre. La croisée des chemins; le destin de ma vie. Guy A. Lepage disait qu’il n’a eu que deux bonnes idées dans sa vie. Qu’un humain n’en a habituellement pas plus. Je suis bien d’accord. Et j’attends encore cette idée, celle qui fera de moi l’être accompli que j’aimerais être. Mais j’attends peut-être trop, en faisant autre chose en attendant. Est-ce que je perds mon temps ? Je me le demande parfois. Je suis devenu à l’image du héros de mon 3e roman, celui qui vivait grâce à l’ordinateur, en restant devant l’écran toute la journée, avec des milliers de minutes qui s’écoulent doucement, mais qui passent vite, parce que le temps se perd, s’oublie. Je ne suis pas au point de faire comme lui, et de prendre un marteau pour détruire la machine, mais je sens que j’ai besoin d’un choc. Le plus grand choc que je me suis donné dans ma vie, c’est de tout quitter pour aller vivre en France. Mais ce choc me semble déjà si lointain. Aujourd’hui, il est devenu presque banal. Je ne ressens plus qu’il me démarque. Alors quel sera le choc suivant ? Je n’ai pas nécessairement besoin de douleur ou de drames. Je voudrais un choc positif, quelque chose qui me fasse avancer en tant que personne.
J’ai décidé d’arrêter de boire. Pas nécessairement de ne plus jamais prendre une goute de ma vie. Mais de boire seulement dans les grandes occasions. Ça risque d’être difficile au début, mais ça ne peut plus continuer comme ça. Dimanche dernier, j’ai encore eu une autre preuve de l’être étrange que je deviens sous l’effet de l’alcool. D’abord, les excès sont toujours là. Comme si le but n’était que de se saouler le plus durement possible. Et je dois dire que j’ai réussi. Je n’ai presque aucun souvenir du concert des Presets. Mais je me rappelle une chose. Une chose nouvelle. Des actions qui ne me ressemblent pas. Je me suis mis à voler. Sans aucune raison apparente. Accoudé au comptoir du bar, à commander des « rhums & cokes », et dès que la « barmaid » avait le dos tourné, je prenais ses pourboires qui traînaient. Pourquoi ? Je n’en ai pas la moindre idée. Pour le « thrill », pour l’effet effervescent ? Si je l’avais fait une seule fois, j’aurais trouvé cela banal. Mais je l’ai fait à maintes reprises. C’est honteux. Même si c’était à peine dix dollars, même si j’ai finalement tout redonné au bar pour boire encore. Je perds les pédales, je perds la carte, je deviens un « Autre » qui voudrait s’évader ailleurs, qui voudrait aller voir encore une fois si la vie serait mieux où je ne suis pas. J’ai pourtant eu une réponse claire lors de mon périple à Aix. On reste celui qu’on est, peu importe le pays dans lequel on se trouve.
Enfin, voilà. Après l’histoire des quatorze points de suture, voilà maintenant que je deviens kleptomane alcoolique. Et puis, l’alcool me fait vieillir, me fait perdre mes horizons. Je sais que nos plus grands rêves se réalisent rarement, mais je me souviens quand j’étais jeune, j’écoutais l’émission Dawson ‘s Creek. Et la finale de cette émission m’avait marqué. Bien qu’aucun des personnages ne réalisait son rêve le plus ultime, ils réussissaient tous à réaliser un rêve moindre, tout de même relié à leur désir. Et je crois que c’est ça la vie. Remarque, peut-être que je suis trop amer. Mais j’ai plus tendance à dire que vieillir nous rend réaliste.
Bref, je commence à m’éloigner du sujet. En résumé, il faut que ça change. Quoi au juste ? Je ne sais pas exactement quoi encore. Je me laisse une année pour l’apprendre. Dans quelques jours, j’ouvre un nouveau chapitre de ma vie. Je retourne vivre en appartement avec mon homme. D’abord, ça va me faire du bien de bouger de mon sous-sol. Quoique j’ai énormément peur de regretter cet appartement. N’y pensons pas. Fonçons, et analysons ensuite. Je vois le mois de septembre comme le prochain but de cette nouvelle étape. Fin du mémoire. Fin de l’université. Début de la vie adulte. Recherche d’un emploi plus stimulant. Mais… ai-je vraiment envie de me tourner vers l’enseignement ? Je ne crois pas. Que faire alors. Une chose à la fois. Oui. Voilà. Une chose à la fois.