L’année avait pourtant si bien commencé… et elle se termine avec un malaise répandu : tout le monde semble avoir trouvé 2010 affreux. Dure fin de siècle.

J’ai décroché mon calendrier 2010 du mur. Je me suis mis à l’observer, histoire de voir ce qu’a été l’année qui vient de s’écouler. Des noms de garçons par-ci par-là, des noms déjà bien loin dans ma mémoire. Des crochets sur des dates précises; petits signes de sexualité, empreinte d’un autre temps. Ce qui me rappelle combien j’avais de relations intimes il y a à peine quelques mois. Mais ne soyons pas ingrats; ma vie intime n’est pas à chier. Seulement, j’en suis venu à une triste conclusion : autant prendre ce qui passe et laisser tomber les espoirs de couple. J’ai l’impression qu’on vit à une époque où les relations de couple sont mises sur un piédestal, mais que personne n’est prêt à faire les efforts nécessaires pour arriver à tenir le coup. Je pense qu’on vit dans une société trop individualiste et axée sur le plaisir pour qu’une relation de couple puisse survivre longtemps. Et je ne parle pas que du côté homosexuel. D’ailleurs, je me pointe moi-même, car je me rends compte que je suis souvent trop exigeant envers les autres. On fait toujours une idéalisation de la personne que l’on recherche; dès que cela diffère un peu trop; hop ! Au suivant ! Je me suis fait faire le coup plusieurs fois, et je l’ai probablement fait également.

 

Je reprends l’écriture une journée plus tard; un petit 24h vient de s’écouler, et voilà que ma vision de la fin de 2010 se transforme. Aujourd’hui, je dois avouer que j’ai vécu une expérience humaine fort intéressante ! Comme je ne veux plus raconter ma vie intime sur ce blogue, je me contenterai de dire que j’ai eu beaucoup de plaisir au 18e étage d’une tour à bureaux dans le Vieux-Montréal, devant une fenêtre donnant sur le Vieux-Port.

Parfois, la vie étonne. Elle étonne, parce qu’on ne sait pas exactement ce qui nous pousse à agir, à faire un choix et à décider d’aller jusqu’au bout. Il s’agit peut-être d’un regard, d’une image, d’une impression. Tout cela est trop flou pour que l’on sache réellement ce qui nous motive à nous dire : maintenant j’y vais; je tente le coup, je me lance dans le vide et je vais voir ce que ça donne. Parfois, le regret. Parfois, l’illumination.

Et quand l’illumination s’amène; on dirait que plus rien n’a d’importance. J’ai passé par plusieurs étapes cette dernière année. D’abord, le déni. Le refus de me dire que mon couple s’était écroulé; et c’était facile de se convaincre, puisque nous vivions encore ensemble. Ensuite, la perte. Le fait de comprendre que la 2e chance a déjà eu lieu, que c’est terminé pour de bon maintenant. Puis est venu l’abandon; rencontrer des gens, en trouver certains intéressants, mais ne pas garder tant de souvenirs des autres. Plusieurs espoirs en vain, je pense que j’étais trop concentré à chercher le couple, alors que la vie me prouve de jour en jour que je ne suis pas si prêt à me réinvestir, même si l’envie y est. C’est plutôt une envie nostalgique; histoire de dire à la face du monde que je peux présenter mon chum quelque part. Je crois sincèrement qu’il faut arrêter de voir le célibat comme un tort. Chaque rencontre entre célibataires ouvre une brèche, un petit quelque chose de nouveau qui transforme minimalement une personne. Et c’est en se ressourçant ainsi de chaque rencontre que l’on réussit à se construire, que l’on réussit à comprendre un peu plus qui l’on est dans ce bas monde.

2011 s’amène, et je pense que je viens tout juste de faire la paix avec l’année qui vient de s’écouler. J’ai décidé d’en garder les points positifs. Un diplôme en maîtrise à McGill, un roman publié, c’est déjà beaucoup pour un mec de 26 ans (27 maintenant je sais !). Restons humbles, et tournons-nous vers l’avenir. Il y a beaucoup de choses à changer dans les mois à venir, et pour une fois, je n’ai pas peur, je ne crains pas cette espèce d’abandon que j’ai tant eu du mal à imaginer quand je regardais le futur.

Les gens nous marquent, puis ils disparaissent. Certains mettent des années avant de s’effacer complètement, mais, peu importe leur laps de temps dans notre vie, ces gens nous marquent, et c’est tout ce qu’il y a à retenir. On ne vit plus à l’époque de nos grands-parents qui restaient ensemble durant 35 ans. Alors, soit. Vivons comme la nouvelle génération, mais laissons tomber le superficiel. Tentons de garder une parcelle d’intelligence, tentons de nous souvenir de tous ceux qui ont croisé notre chemin et qui ont changé notre parcours faussement dessiné.

Bonne Année 2011 à tous. Si vous n’avez qu’une chose à vous dire, c’est que 2011 sera meilleur que 2010. On y arrivera, on réussira à oublier l’année qui vient de s’écouler.