Abandonner

L'abandon est souvent vu à la manière d'un échec. Quand on parle d'abandon, la déception n'est jamais loin. On abandonne un cours, un rêve, un amour. Mais l'abandon, je pense, peut également être signe de renaissance. Le fait de poser l'acte d'abandon est en soi un geste de confiance envers soi-même, c'est se connaître, voir qu'on stagne et que notre chemin est peut-être ailleurs.

Durant les prochains mois, je vais abandonner. Des choses, des gens, des rêves, des habitudes, tout ce qui fait de moi la personne que je suis. On dit souvent qu'on aimerait bien vivre la vie d'un autre pendant 24 heures. Je me propose plutôt la révision totale de mon être.

Ce ne sera pas facile tous les jours, mais j'abandonne mon ancienne vie, ce passé que j'aime tellement qu'il ne me permet pas de vivre le présent convenablement. Je pourrais me tromper, regretter ou vouloir revenir en arrière bien vite. Peut-être. Une chose à la fois.

Je commence ma septième semaine d'abstinence. Moi qui ne jurais que par le sexe, j'ai réalisé qu'à force d'en avoir du mauvais (souvent causé par moi d'ailleurs!), je préfère ne pas en avoir du tout. Mes rêves me pressent de baiser. Ils m'envoient des images de plus en plus intenses, mais je me refuse à elles. La branlette me suffit pour le moment. En fait, je dois retrouver une certaine stabilité dans mon corps et dans ma vie avant même d'être enclin à m'offrir à quelqu'un d'autre. M'offrir... ça semble si beau et naturel de la façon dont j'en parle ! C'est aussi un autre côté que je désire perdre. Enfin, disons que je révise mes priorités. Les trips de domination/soumission amènent rarement une belle relation de complicité, sauf s'ils ont été construits à partir du début de la relation, sans être recherchés à tout prix. Le problème dans cette sexualité, c'est que l'idée du fantasme est plus excitante que la réalisation même de ce fantasme. Peut-être que j'y reviendrai un jour. Pour l'instant, je ne cherche plus. Tous les moyens technologiques de rencontrer m'ennuient terriblement.

J'ai recommencé le Bixi aujourd'hui. Rempli de crainte de toute sorte, surtout que de partir de Bonaventure ne me rassure pas trop (les voitures et les piétons sont assez idiots, oui oui, je sais, on transforme notre perception selon le véhicule que l'on conduit (ou non)). J'appréhendais beaucoup la remontée, et j'avais raison. Quelques mois sans sport extrême et plusieurs centaines de cigarettes plus tard, le cardio n'y est plus. Il faut que j'abandonne la douleur, ou que je la laisse m'envahir en fait. Je sais que demain mes cuisses vont vouloir mourir, mais ça fait partie de la game.

Mon prochain roman n'a pas avancé depuis un mois. Arrêté à 75 pages environ. Je me pose toujours la même question: cela vaut-il la peine de me retrouver dans un passé que je veux abandonner? Il faut que je m'interroge réellement sur le sujet. C'est une histoire à suivre. Tout est une histoire à suivre.

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