En apprendre un peu plus

Well, well, well… S’il y a une chose de vraie dans la vie humaine, c’est qu’on en apprend toujours sur soi. Je me reprends donc sur mon texte précédent et je reviens sur ce que j’ai pu dire. Si j’ai un problème physique, ce n’est pas réellement vrai, car tout fonctionne à ce niveau-là, c’est plutôt psychologique, c’est encore une peur ancrée, mais une peur que j’ai tout de même beaucoup de difficulté à analyser. Ça part toujours de l’estime de soi, certes, mais ce qui me choque le plus, c’est que l’estime est là jusqu’à ce que mon cerveau se mette à réfléchir à ce que pourrait penser une autre personne de moi. Et bon Dieu que c’est ironique, puisque je publie ma vie en entier ici; c’est comme si j’assumais et je n’assumais pas à la fois. J’oublie rapidement le pouvoir des mots et leur portée, oui, mais je ne suis pas dupe non plus.

Je dis tout ça parce que j’ai soupé avec un ami (un ancien amant d’il y a bientôt deux ans) vendredi soir. Et c’est bien là qu’une certaine forme de vérité s’est pointé le bout du nez. Parce qu’il n’y a pas eu d’hésitation, parce qu’il n’y a pas eu de questionnements ou de peur. Je connaissais bien cet ami, on avait partagé beaucoup avant. C’est tout naturellement que j’ai proposé de prendre un bain, parce que c’est une activité que j’adore faire avec un garçon (habitude que j’ai prise étrangement avec une femme !)

Je crois qu’il y a vraiment des gens avec qui ça connecte, mais qu’ils sont plutôt rares. De toute l’intimité que j’ai vécue depuis deux ans, je ne retiens malheureusement pas beaucoup d’épisodes où j’ai eu l’impression d’être moi-même, sans justement me le demander directement en pleine action. Et tout ça me ramène vers une analyse de la « fellation », comme s’il s’agissait d’un sujet d’étude important (!)

Je crois que j’ai découvert ma façon de fonctionner avec les hommes. Quand je ne suis pas bien dans ma peau, quand je ne me sens pas à l’aise, quand je manque d’estime en moi, je deviens un donneur. Un donneur qui s’oublie, qui ne vit son excitation que par l’excitation qu’il procure. Dans un premier temps, je n’ai aucun problème avec ça. Je ne peux pas non plus cacher mes désirs et mes préférences, je suis une personne qui aime donner et faire plaisir dans l’intimité, justement parce que j’y trouve mon compte. En m’occupant d’un homme, je m’assure qu’il ne s’occupe pas de moi, et donc que je ne me retrouve pas dans une situation où je peux réfléchir, où je peux me questionner. Mais ce qui est magique dans la vie, c’est que les grandes lignes que l’on pense si solides peuvent s’écrouler facilement devant une simple constatation. Il suffit que je devienne à l’aise pour ne plus vivre ce genre d’intimité. Pour vouloir explorer autre chose. C’est un peu ce qui est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi, où je me suis retrouvé dans les bras de cet ancien amant, comme si on s’était vu la veille, comme si ce côté naturel avait toujours existé avec tout le monde. Et j’y prends goût. En fait, je suis blasé des rencontres maladroites, où on ne sait jamais vraiment ce que l’autre pense de nous, où l’échange se veut plutôt sexuel qu’humain.

La sexualité est vraiment du cas par cas. Et nos comportements sexuels se transforment radicalement selon que nous soyons avec une personne ou une autre. Ce peut être magique, mais aussi terriblement angoissant. Ça m’apprend quand même une chose; je crois que j’ai passé l’étape des rencontres purement sexuelles, parce que je me rends compte qu’elles ne m’amènent que des questionnements, de l’angoisse et des déceptions (déceptions que j’ai créées souvent moi-même, justement parce que je cherchais ce genre de relation, me disant que si je réussissais à trouver le bon « match », on pourrait commencer à travailler à partir de là). Mais voilà où je fais erreur; je recrée la même rencontre chaque fois, tout en m’attendant à ce que les choses se déroulent enfin différemment. Illogisme.

Il n’y a pas de solutions miracles. Et il n’y a pas de décision radicale à avoir. Je sais très bien que je ne peux bannir les rencontres virtuelles dans ma vie amoureuse, c’est presque impossible. Pourquoi ? Parce qu’autre mes amis proches et mon milieu de travail, je n’ai pas vraiment l’occasion de rencontrer de façon hasardeuse. Je ne suis plus un grand fervent des bars et il faut le dire, je vieillis. J’ai souvent admiré mon ex, avec sa gueule d’ado, d’être capable d’enchaîner les relations amoureuses sans même se poser une question. Mais là on s’en va dans un autre chemin que je ne voudrais pas suivre, car je ne crois pas non plus à cette façon d’être incapable de rester seul dans sa vie.

La seule chose qui me vient en tête, c’est de me dire que plus je vieillis, plus j’accepte mes travers et mes petites imperfections. Après tout, il y a des gens qui ne s’en font pas et qui réussissent à trouver chaussure à leur pied tout de même. Ce n’est pas comme si j’étais désillusionné de la vie amoureuse, non. Mais je sais que « True love waits », et que les chances pour que le prochain amour cogne à ma porte demain matin sont très minces. Il faut forcer le « destin », il faut vivre des expériences plus ou moins agréables pour savoir ce que l’on désire et veut réellement. Je considère quand même que j’ai vécu un lot d’expériences assez poussé et qu’il serait temps de m’accorder une pause, histoire de voir celui qui se présentera à moi. Là où je fais encore erreur, c’est que je parle présentement le ventre « plein ». Dans le sens où je me pose en philosophie au-dessus de ma vie et je tente la grande analyse, sûrement (et simplement) parce que j’ai vécu un échange intime avec un mec il y a quelques heures. Les hormones libérées, le calme qui m’enveloppe, tout ça, ce sont des « sentiments » de courte durée. Les pulsions ne sont jamais loin. Et c’est bien là le hic. Mes pulsions me ravagent toujours plus que mes bonnes intentions. Faut apprendre à doser. Mais je crois qu’au moins, je peux me déculpabiliser d’une chose : quand je me sens maladroit ou hésitant dans mon intimité avec quelqu’un d’autre, c’est souvent signe que c’est trop tôt. Ou que ce n’est simplement pas le bon.

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