La réalité

La réalité, c’est se demander si l’argent prime sur la qualité de vie. Je n’ai pas envie de chialer, parce qu’on est presque tous dans le même bateau, mais je me demande si le travail à temps plein est vraiment une vie. Je me pose la question, parce que depuis que je travaille en tant qu’adulte, il n’y en a que pour ça. Je me sens pathétique, car j’ai recommencé à manger du pain. Du pain santé 14 céréales, certes, mais du pain pareil. Ça n’aura pas pris trois semaines que j’ai repris tout le poids que je m’étais acharné à perdre avec « Insanity ». Retour à la case départ, donc. Retour au sentiment de ne pas bien se sentir dans sa peau. Maintenant, je comprends mieux les gens que je traitais de paresseux. Comment avoir la motivation de s’entraîner quand on n’a que cinq heures par jour à nous ? Il faut que je trouve une solution : ma solution. Pas question de regarder les chiffres monter sur la balance sans agir. Histoire à suivre…

Malgré tout, j’aime mon travail. Mais je pars de loin. La traduction est un art, et puisque je n’ai aucune expérience, il m’est plutôt difficile de bien cerner cet art. Surtout quand on traduit des petits caractères que personne ne lit, ou des trucs de cartes de crédit. Bienvenue dans le monde des grands, Max. Un monde où l’amour n’existe pas, où le temps file à toute vitesse et où on ne sait plus où placer ses priorités (ça fait pas mal de « où », hein ?!) Ça me fait quand même sourire, car il y a à peine un mois, c’était la dépression parce que j’avais trop de temps et que je ne savais pas quoi en faire. Je constate que le juste milieu n’existe pas. Pour trouver mon équilibre, je devrais travailler un gros 30h/semaine max.

Je suis sobre depuis bientôt 25 jours. Je croyais que tout cela allait être une révolution, que j’allais me sentir complètement changé, mais au final, je vois très peu de cette illumination. Je ne regrette pas mon arrêt complet, mais je m’attendais à plus. Plus de je ne sais quoi. Peut-être que je suis trop impatient aussi. Outre les rêves complètement fuck top que je fais la nuit, je ne peux pas dire que je vois beaucoup de différence. Comment réussir à écrire quand on touche à l’écriture (d’une certaine manière oui) à longueur de journée ? Encore quelque chose que je devrai travailler, je suppose. I hope it’s not too late.

Parlant d’écriture, mardi dernier, c’était le moment d’ouvrir les lettres annuelles. Simon et Annie étaient ici, l’alcool aussi. Je savais déjà ce que j’allais lire : « J’espère que tu auras arrêté de fumer du pot. J’espère que tu auras cessé d’être la maîtresse de ton ex. » Deux réalisations qui se sont finalement passées. Et ça ne m’a fait ni chaud ni froid. Enfin, disons que je croyais que j’allais vivre une certaine fierté. Pas vraiment. Je me cherche toujours autant, c’est juste que je perds des illusions d’année en année. La prochaine fois, on devrait écrire les lettres avant de lire les anciennes, parce que ça commence à être un peu trop long. Lire toutes ces lettres depuis 2005, à haute voix, pour les autres aussi… il était 23h30 et on n’avait pas encore commencé à écrire, ce qui fait qu’on a un peu « botché » le truc, ce qui est triste quand même. Mais bon, j’ai encore passé une excellente soirée, avec deux personnes qui ne me jugent pas, qui sont tellement authentiques. Elles sont si peu nombreuses maintenant. Parlant de personnes authentiques, je m’ennuie de mon ami Thomas. Il ne donne plus de nouvelles, comme si c’était de ma faute si je savais tout sur sa relation avec ma meilleure amie. On dirait que je ressens sa frustration, sa distance envers moi. J’aurais préféré que tout éclate quand Annie serait partie en voyage, mais on ne peut pas contrôler les relations des autres.

Ce qui me fait repenser à ma propre relation avec mon ex. Il est revenu dans le décor dernièrement (sur Internet) pour me dire que j’allais bientôt devoir corriger ses travaux d’université. Je lui ai dit clairement que le « deal » de correction qu’on avait, c’était que je le corrigeais en échange de cul (eh oui, on était toujours en train de faire des deals du genre). Je lui ai dit que le deal tenait toujours, ou sinon d’aller voir son chum. Il voulait qu’on en rediscute en personne, mais honnêtement, je sais très bien que si je le vois, je vais vouloir le baiser. Et pas question que je l’entende me refuser. Alors, ça s’est terminé comme ça. Sans réponse. Je ne me suis pas fait foutre depuis plus de trois mois. Déjà. Et je développe l’obsession du pénis. Honnêtement. Il me faudrait un « fuckfriend » régulier, mais ce sont des choses plus rares que l’on ne le pense dans notre cher monde gai. Je rencontre plutôt des mecs « à jeter après usage ». Triste.

Il faut quand même je glisse un mot sur l’exception de samedi dernier. Un beau mec du 450, en plein mon genre physiquement (imberbe et slim). Ça faisait plus d’un mois qu’on jasait sur MSN. C’était l’heure de la rencontre. Enfin, avec un peu d’avance. Rencontre étrange : il avait 1h30 d’avance, j’étais allé faire mon marché et j’avais des sacs pleins les mains, je suais dans le métro, j’étais habillé décontracte/laid. Je m’assois dans le wagon du métro Sauvé, et tout à coup, je croise son regard. Je reste figé et surpris, mais je le reconnais sur-le-champ. C’est lui. Je prends du temps à comprendre, mais il s’approche déjà. Drôle de hasard quand même que de rencontrer sa future date en avance dans le métro. La glace s’est vite brisée, et honnêtement, on s’est tout de suite bien entendu. On a passé l’après-midi ensemble, puis je lui ai fait à souper, puis le vin et la bière ont coulé à flot. Il était dix heures et rien ne s’était passé, et il a suffi qu’il dise qu’il devait rentrer pour que le tout s’enclenche. Baisers, caresses, jeans qui se dézippent. Pour la première fois depuis longtemps (est-ce l’alcool ?), je n’ai pas eu de seconds questionnements. J’ai vécu le moment présent, j’ai profité de ce corps merveilleux, je l’ai léché partout, et lui jouait à la proie difficile. Il remontait constamment ses jeans en disant qu’on était déjà allé trop loin. Mais mon désir était trop vaste. Je le confrontais, je l’aguichais, et les jeans retombaient à ses chevilles. C’est la première fois que je plaquais un mec dans un mur, qu’il se vengeait en me plaquant dans le mur ensuite, que je m’amusais à me pencher le cul sur sa fourche, en plein couloir d’appartement, pour l’aguicher. Alors, ce qui devait arriver est arrivé, et il est ensuite parti. Ça faisait du bien de rencontrer ce type d’homme. Et de voir que tout se passait à peu près comme je l’avais fantasmé. Mais bon, la triste réalité, c’est qu’il vient de la Rive-Nord et que nous n’avons pas de voiture ni un ni l’autre. Difficile d’être régulier. J’espère quand même le revoir (je vis peut-être dans mon conte de fées là). Histoire à suivre…

Alors, voilà pour les nouvelles de ma vie. C’est donc fini le temps où je gagnais ma vie sur le web. Je ne fais que des miettes, maintenant. C’est la vie. Le « surf » monétaire aura duré quand même cinq ans. Je ne peux pas chialer là-dessus; plusieurs personnes auraient aimé être à ma place. Prochaine étape : me concentrer sur l’entraînement, me trouver du bon sexe et vivre des moments magiques avec les vrais amis. Payez mes dettes également, oui, il faudrait bien.

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