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Le 18 août 2009

Évolution


Je suis présentement dans le temps de l’année où je voudrais être ailleurs. Pas parce que ma vie ne me plaît pas, pas parce que je me sens mal dans ma peau, pas parce que je suis dépressif. Non, simplement parce que tout arrive en même temps, alors que septembre n’est même pas encore arrivé, alors que le premier septembre, en soufflant, je vais devoir me poser la grande question : Où va ma vie ? Où vais-je avec tout ça ?

C’est la folie des corrections de mémoire. 13 jours avant le dépôt final. Et moi, comme je fais toujours tout différemment; au lieu de prendre ces 13 jours pour moi, voilà que je travaille à corriger des épreuves uniformes de français au gouvernement. Ajoutez à cela le travail sur Internet (mais surtout répondre à mille courriels par jour ! Et dire que je ne fais même plus mon objectif de 100% par jour. J’oscille entre le 70 et 80%. Ce n’est pas mauvais, mais j’espère que c’est seulement l’effet vacances, et que ça remontera. Je croise mes doigts, on verra bien !) et le gym régulier : je dois constater que je n’ai plus une seule minute (et pourtant; me voilà qui écris ici ! Belle ironie haha !)

Ces « pics » intenses de stress et de « rush » ne m’affectent pas négativement. Avec la chaleur qu’il fait dehors, j’ai l’impression de vivre à 200 à l’heure, et en effet, la sueur dans mon dos m’indique bien que ces prochains jours seront fous, complètement barrés, hallucinant.

Une preuve de ce que j’avance; la fin de semaine dernière, nous sommes descendus chez les parents de mon chum sur un coup de tête. Le « timing » était tout sauf bon pour moi. Et voilà que la famille complète allait être réunie. Ce n’était pas arrivé depuis Noël dernier, je crois. Bref, je revois mes deux belles-sœurs et leurs chums. Honnêtement, je les adore. J’ai beaucoup de plaisir avec eux. Et j’apprécie de plus en plus le chum d’une de mes belles-sœurs, parce qu’avec lui, on peut repousser les limites familiales (ce qui veut dire « se laisser aller aux excès d’alcool »). Pour faire un résumé bref, j’ai décidé de leur faire ma Sangria magique… résultat ? On en a refait 3 fois, vidant 4 bouteilles de vin !!! Ma belle-mère a trouvé qu’on s’excitait pas mal. Oui, mais bon, on se voit si rarement !! Certes, cet après-midi fut plaisant, à discuter « cours de français » et à tenter de corriger vainement une partie de mon mémoire de création. En plus de cela, je devais réétudier mon cahier de correction pour l’emploi de lundi. Et j’ai bu, j’ai ri, j’ai mangé et à onze heures j’étais au lit.

Cependant, vers 2h30 du matin, les yeux grands ouverts. L’angoisse qui me prend à la gorge. Il faut me lever. Il faut travailler. Je sors de la chambre sur la pointe des pieds, je me rends avec mon sac à dos dans la petite véranda intérieure derrière la cuisine. Et là, je me plonge dans la correction. Le temps disparait; je me sens absorbé. Je corrige jusqu'à cinq heures du matin, et en voyant la luminosité du jour commencer, je décide d’aller étudier mon livre de correction dehors, pour attendre le lever du soleil. Je m’étais dit; j’arrêterai mon étude lorsque le soleil sera apparent. Ah ! Ah ! C’était oublié qu’il y avait une montagne dans cette direction !! Alors, je me suis dandiné en écoutant ma musique et en étudiant de la grammaire jusqu'à six heures trente du matin. J’étais dans un état si agréable que j’ai trouvé l’expérience d’un ressourcement sans nom. J’ai eu l’impression de toucher la spiritualité. Je ne suis pas un habitué des levers de soleil, et quand ça m’arrive, je suis toujours ébloui par l’effet que je ressens. C’est comme si je défiais le soleil, comme si je le narguais parce que je le surprenais en pleine levée. Sentiment de puissance étrange, qui donne l’impression que l’on peut tout réussir.

Je suis allé me coucher satisfait. J’avais réussi à faire la moitié de ma révision et à étudier mon cahier de correction au complet. Sur le chemin du retour, j’ai dormi dans l’autobus, et je me sentais libéré d’un poids, prêt à me relancer dans les corrections dès le lendemain. Et voilà à quoi ressemble ma vie cette semaine; me lever le matin à sept heures, travailler sur Internet jusqu'à huit heures, partir au centre-ville pour travailler de 8h30 à 15h30, me diriger vers le gym ensuite, rentrer chez moi et me retrouver sur mon ordi à faire des corrections; entre les tâches ménagères bien évidemment. Et une autre belle ironie; ma directrice de mémoire se remet de son accouchement. Elle a été super rapide ces derniers jours pour m’envoyer toutes les corrections. Pour une fois, c’est elle qui attend après moi. Mais le temps urge. Demain je dois déjà lui renvoyer une nouvelle version du mémoire de création. Je vais passer un mercredi de fou, je le sens. Mon ancien prof de cégep voulait que je change la fin de mon roman, mais je crois que le « timing » sera tellement serré que je n’ose pas expérimenter la chose tout de suite. Peut-être après le dépôt (en souhaitant que ça ne joue pas contre moi).

Hier soir, j’ai fait le pas. J’ai acheté un billet d’avion vers la France. Départ à la fin octobre. La France ne m’avait pas marqué en novembre, mais comme je déteste ce mois, je me dis que ce sera peut-être différent. En réalité, la vraie raison, c’est que je me mourrais d’envie de voir Arctic Monkeys en concert (eh oui). J’en ai aussi profité pour acheter des billets pour Massive Attack et Sébastien Schuller. Je crois que ça va me faire du bien. Décrocher de cet été étrange, un été où j’ai eu l’impression de ne rien faire et de tout faire à la fois. Voir les vieux amis aussi sera intéressant. Voir mon ancienne ville aussi. Écrire. Le dire pour de bon : Je commence mon nouveau roman ! (mais pas pour l’instant haha ! Une chose à la fois!)

Sinon, j’ai été surpris de retrouver tous mes camarades du mois de mai à la correction gouvernementale du mois d’août. Faut croire que personne ne s’est trouvé une autre job haha! Un stresse de moins quand même que de connaître déjà les gens. Ils me paraissent encore plus sympathiques. Sinon, la qualité du français est encore plus dégueulasse que la session passée. Quand tu dis que les élèves font huit fois la même faut, soit celle d’écrire « Sont » œuvre, au lieu de « son » œuvre, pas fort là ! C’est niveau primaire, osti ! Bah, je suppose que je devrais m’y faire. Vous ne savez pas ce que j’ai appris en plus ? Il n’y a plus de cours de création littéraire dans les cégeps ! C’est affreux ! Moi qui avais pour rêve de donner un cours de création à des jeunes un jour… Enfin, la vie a encore le temps de changer. Pour l’instant, aucun rappel de la part des cégeps. Honnêtement, pour l’instant, ça ne me dérange pas plus que ça. Je pense bien me faire un nouveau défi à l’automne, soit de prendre un groupe d’étudiant pour l’enseignement aux anglophones. Ça va me permettre de voir comment je réagis en face d’un groupe; si je bloque et si je ne suis pas capable de parler comme du monde. Il faut tellement que je me pratique avant de passer des entrevues au cégep (c’est mon impression). Bref, je retourne à mes travaux !

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