Beaucoup de chose à dire aujourd’hui. J’en oublierai sûrement.
D’abord, je viens de signer un contrat de 8 pages. Je vais recevoir mes cahiers demain ; on peut le dire officiellement ; je commence mon travail de professeur de français le 8 septembre prochain. J’ai hâte, et à la fois, je suis angoissé comme un gamin de dix ans qui refuse de faire sa toute première communication orale. En fait, j’ai compris mon problème. Je mise trop sur le métier d’enseignement. J’ai l’impression que si je n’aime pas ça, je vais voir ma carrière entière s’écrouler et je ne serai plus bon à rien. Ce n’est pas la bonne attitude. Une autre chose, malgré le stress, j’ai l’impression (étrange oui) que ce travail pourrait me rendre plus zen, peut-être même plus patient. Une chose est certaine, je m’y lance vraiment de bon cœur, en souhaitant que ça marche, et si ce n’est pas ça, eh bien ce ne sera pas ça, c’est tout, je l’aurai fait, je l’aurai essayé.
Bref, il fallait fêter ça, et comme ma meilleure amie était en ville, on s’est dit que c’était l’occasion parfaite de refaire ce qu’on fait à chaque année ; la lecture de nos prédictions de vie. En effet, chaque année, avec trois autres de mes amis, on se fait un souper, on va parfois dans un chalet quand nos vacances fonctionnent ensemble, on va resto, bref, on boit de l’alcool, et on vit toujours un espèce de moment de grâce surréaliste. Je m’explique. Le but du « jeu » est de se prédire ce qu’on pense qu’on va devenir en août de l’année suivante. On se le prédit d’abord pour soi-même, puis ensuite on le prédit aux trois autres amis. On fourre nos 4 pages de texte dans une enveloppe et j’apporte les enveloppes à mon père pour qu’il les range dans son coffre-fort. On en entend plus parler de l’année. Jusqu’à ce que l’habituelle rituel recommence ; on ressort les enveloppes, etc…
On fait l’exercice depuis 2005, et croyez-moi, cet exercice devrait être quelque chose que tous devraient faire (du moins pour eux-même au minimum). Je vous le dis, faites-le avec un ami, la première année, ça paraît un peu idiot, vous allez voir ; vous n’écrirez presque rien. Mais à force de faire l’exercice, et de relire les autres années avant de commencer les prédictions pour la nouvelle, il y a un espèce de vérité qui s’installe et tout devrait « réel ». On laisse de côté les « mais mon dieu, qu’est-ce qu’il ou qu’elle va penser de moi si j’écris ça ? », car on sait que la personne ne le saura pas avant une année…avant que même nous nous l’ayons oublié.
Bref, hier soir c’était le soir. Et nous n’étions que 3 pour la première fois. On a eu des vives discussions pendant une semaine si on devait invité un de nos amis qu’on a pas vu depuis le mois de décembre dernier. Au final, alors qu’on allait presque tous acceptés, un de nos amis a dit non. Personnellement, ça ne me dérangeait pas de l’inviter. Il est évident que ça aurait été un peu étrange, il est évident qu’on aurait eu de la difficulté à prédire l’avenir de quelqu’un qu’on a pas vu depuis près d’un an. Mais au final, on était là devant nos lettres, et on sentait qu’il manquait quelqu’un. On le sentait tellement que malgré son absence, on a repris du papier pour écrire ce qu’on pensait de sa prochaine année.
Beaucoup d’émotion encore durant cette soirée. C’est vraiment de rares soirées « mets tes tripes sur la table ». J’ai entre autre lu une prédiction que j’avais fait à mon amie, une prédiction à propos d’un drame familial. Et durant la dernière année, son père a eu le cancer. Donc c’était un peu larmoyants de lire ça de vive voix. Mais bon, tout ce qu’on se dit dans ces lettres ne peuvent juste pas être synonyme de rancune ou de colère. On se connaît beaucoup trop pour ça.
Et puis après avoir fait l’exercice. On a écrit un message commun sur Facebook à cet ami. Signé par nous trois. Je ne sais pas ce que ça vaut pour l’avenir, je ne sais pas trop si ça va donner quelque chose. De toute façon, c’est déjà assez difficile de voir mes amis ainsi. Je crois que j’ai vu mes amis 5 ou 6 fois gros maximum durant l’été. On a tous des trucs à faire, tous des obligations, et quand on se revoit, on est toujours heureux de prendre un verre. C’est bon signe.
Sinon, je reviens d’un 5 à 7 à McGill. Retrouver le bain de foule d’une université anglaise. Les partys sur le campus, avec alcool, folies, junkfood et autres débilités.
Revoir des visages qu’on a pas revu depuis le mois de mai. Revoir sa directrice de mémoire aussi. Et tout de suite, être jeté par terre. Jeté par terre, parce que j’ai eu l’impression que cette petite rencontre m’a soufflé de l’énergie. Je ne veux pas « bitcher » le secteur des lettres, mais je trouve qu’on se prend beaucoup trop au sérieux. Trop d’arrogance (ou est-ce réellement de la gêne ?), trop de fierté peut-être, ou serait-ce simplement parce qu’on est sous la gouverne d’un bâtiment universitaire ? Je ne sais pas, mais tout ce que je sais, c’est que je veux faire mon temps une dernière année, pas la dépasser. Je veux déposer. Réussir du mieux que je peux et plus. Puis prendre ce papier cher payé et avancer ailleurs, loin de la dureté universitaire. Car oui, au final, l’impression que me laisse la maîtrise, c’est la sévérité. Je vais être le plus honnête du monde ici, mais si je devais repasser une maîtrise, je crois que j’en serai bouleversé, voire démoralisé. Je suppose que j’ai fais mon temps à l’école.
Bref, la prochaine session risque d’être éprouvante. Je n’ai même pas terminé mes révisions et ma directrice de mémoire me parle déjà de « couper, couper, couper ». J’ai l’impression qu’elle va arriver à me faire déteste mon texte, le haïr, l’abandonner, lui dire que je m’en fous, coupe, coupe, coupe où tu veux. C’est peut-être pour le mieux aussi. Une chose est sûre, l’émotion que j’ai ressenti en sortant de là, c’était une émotion du genre : « Je veux partir au plus vite ». C’est étrange pourtant, car les gens qui ont été dans mes cours étaient super gentils et pas du tout snobs. Alors voilà comment ça se dessine : Travail de prof, correction d’épreuve de création, cours de création littéraire de soir, rédaction de mémoire critique (et donc lecture de plusieurs choses que je ne touchais plus qu’avec un long bâton ! lol), travail sur WorldTop aussi, bref… une autre année qui va fourmiller et où je vais me lancer tête folle un peu partout pour réussir à être dans les « deadlines ». Mortel.
Maxime Collins, 27/08/08 18:00 PM
Le 25 août 2008
Comme dans une nouvelle de Bukowski
D’abord, alors allons-y directement, droit au but : j’ai un grave problème d’alcoolisme ! Ça peut paraître anodin, et pas du tout réaliste, mais pourtant, c’est ainsi que je le sens. Bon, c’est évident que je ne me couche pas toujours saoul et que je ne me lève pas à dix heures le matin pour m’ouvrir une bouteille, mais l’alcoolisme revêt plusieurs modes de vie, et je crois que j’en incarne un !
Hier, ce fut la preuve de ce que j’écris. Chez mon chum, avec lui, maintenant que la fumette est interdit, on s’en donne à cœur joie dans l’alcool, ce qui n’est pas mieux, peut-être même pire en fait.
Après quelques courses au supermarché l’Adonis ainsi que dans une SAQ (bien évidemment), nous sommes revenus à son appartement vers deux heures trente. Déjà, l’heure des « drinks » avait sonné. Premier verre. On l’accompagne de codéine. On joue à Mario Party. On discute, c’est cool, tout va bien. Deuxième verre. Troisième verre. 4e verre. Encore un autre. On mange un peu. Encore un autre. On mange encore un peu. Puis un dernier. Et déjà, on vient de finir 750 ml de Vodka. Le temps court, et on marche croche, on divague, on continue à jouer. Enfermé dans un salon, presque dans le noir, devant un téléviseur. Complètement saouls, complètement accro à tout ce qui se boit. On a soif, toujours plus soif, même si la gorge est en feu.
Puis on tente de baiser. C’est un échec monumental. Et même si la jouissance est au rendez-vous, tout est désordonné, on ne se comprend pas, on ne s’accorde pas. Et tout à coup, je deviens presser de partir. Pas que je veux me sauver. Seulement, je veux juste prendre l’air, retrouver un calme, essayer de m’éloigner de la folie alcoolique dans ma tête. L’autobus qui m’amène chez nous passe dans moins de 15 minutes. C’est presque une course pour arriver à prendre cet autobus. Et là, on ne comprend plus rien. Mon chum cherche son linge. Je m’impatience à réunir le mien. On se lance des trucs qui n’ont pas de sens. On ne les comprend même pas. Et on devient frustré sans raison. Il me lance de « sacrer mon camp » et je joue à la drama-queen en claquant la porte dans une violence voulue.
Sur le chemin du retour, dans l’autobus, j’essaie de comprendre ce qui s’est passé, mais je n’en ai vraiment aucune idée. C’est comme un « blackout », un « blackout » de saoul. Je rentre chez moi, et je téléphone à mon chum, qui lui aussi ne comprend pas ce qui vient de se produire. On en rit. On en rit, mais mon dieu que c’est pathétique non ? Oui. Ce l’est et fortement à part ça. C’était comme une scène d’une nouvelle de Bukowski, complètement saoul, à ne plus savoir où l’on est, ce qu’on dit ou ce que l’on fait. Un énorme non-sens. Enfin, pas de rancune de couple, juste de l’incompréhension étrange. Et je suis rentré chez moi, pour continuer à boire. Encore et encore. Me coucher complètement assommé, ne plus savoir qui je suis, vers où je vais.
Aujourd’hui, je me lève car je reçois un appel vers neuf heures. Il s’agit d’une dame qui me demande si un emploi de professeur de français m’intéresse toujours. J’accepte. Je dois passer un test d’une heure en français. C’était à 13h30. J’ai laissé passer plusieurs fautes de français, et je n’en suis pas très fier. En fait, je me rends compte que même si je suis au-dessus de la moyenne en français, j’ai encore pas mal de chemin à faire dans ma connaissance de la langue !
Bon, je ne croyais pas en parler si rapidement, mais quel drôle de hasard que la vie. Mon MSN vient de « popper » et voilà que quelqu’un me dit qu’il a vu mon nom sur le « listing » d’une entreprise aujourd’hui ! C’est en plein celle où j’appliquais aujourd’hui. Voilà ce qu’il me dit :
Lui dit :
Hey maxime!
Max dit :
oui ?
Lui dit :
Ca va??
Max dit :
oui et toi ?
Lui dit :
Bien sure!!!
Lui dit :
j'ai vue ton nom au bureau aujourd'hui!
Max dit :
humm ou ca ??
Lui dit :
****!
Max dit :
oui en effet
Max dit :
je viens de passer un test
Lui dit :
tu as parlé avec ma collégue Isabel!
Max dit :
oui !
Lui dit :
Oui et tres bien passé aussi!
Max dit :
Eh ben ! J'étais presque sur de m'être complètement gourré dans le premier test !
Max dit :
merci c'est super gentil !
Lui dit:
Ah vrai dire non tu as vues l'erreur Majeur! lool
Bref ! j'ai continué à parler avec ce charmant Matthew et on trouvait que le hasard de la vie était très drôle ! Comme quoi, les contacts (même sur MSN ou Facebook) peuvent servir ! Il m’a dit qu’il avait même montré mon profil Facebook à la dame qui m’a fait passé le test ; elle me trouve très cute ahah ! Cette histoire me fait vraiment sourire !!
Bref, voilà qui me donne un peu d’espoir face à mon avenir. Cette expérience, j’en ai vraiment besoin si je veux rentrer au gouvernement. Alors pratiquons pratiquons ! Ma prochaine espérance : être capable de cesser de boire de l’alcool la semaine. Que je m’amuse la fin de semaine, me saoulant bien raide si je veux, peu importe, mais je dois vraiment cesser de boire. Mon entraînement ne me sert à rien. Genre que je m'en vais faire du sport chaque matin de la semaine, mais qu’en fin d’après-midi, je perds tout mon travail physique en buvant comme un trou. Il faut que ça cesse !!
Maxime Collins, 25/08/08 16:00 PM
Le 18 août 2008
Dernier chapitre
Je viens d'écrire le dernier chapitre de mon mémoire. La réunion. Je me suis mis à pleurer en écrivant les dernières lignes. Rien à voir avec le fait que j'ai fini le projet jusqu'au bout (surtout que je dois réécrire encore une partie au complet). Mais le récit me parle, je me considère comme le personnage central, et je vois beaucoup de mes amis dans les autres personnages. Ce que j'ai écris me semble touchant et vif. C'est sûr qu'il y aura énormément d'écriture. Peut-être même que ma finale ne sera pas la même lors de la remise. Mais peu importe, pour l'instant, j'ai eu une idée il y a deux ans, et j'ai réussi à la mettre sur papier jusqu'au bout. C'est quelque chose d'extraordinaire en soit.
C'est difficile écrire. C'est difficile, mais c'est tellement beau quand on réussi à dire ce qu'on voulait dire. C'est sûr que ce n'est jamais comme cela l'était dans notre tête, mais peu importe, c'est quand même un pas de géant de réussir à l'écrire, à le poser sur papier, à le vivre deux fois.
Pour ceux qui ne savent pas, mon prochain roman parle de l'exil, du départ pour échapper à ses problèmes, du départ pour tenter de vivre une vie meilleure. Mais qui quitte pour du meilleur pour se sauver du pire retrouvera tous ses problèmes au bout du monde. Voilà, c'est pas nouveau, mais c'est dit d'une autre manière dans mon texte.
Encore une fois, je me surprends. Je pensais qu'avec ma trilogie de mes premiers romans, j'avais mis la question "sexuelle" de côté. Hors, c'est tout le contraire qui arrive. Presque tous mes personnages... Non je reprends; tout mes personnages vivent des problématiques sexuelles. Comme quoi ça me parle je suppose.
Bon, je suis complètement saoul. Je viens de mettre fin à une histoire tragique. Mais je l'ai écris de façon légère. Je suis fier de moi. C'est ce qui compte.
Maxime Collins, 18/08/08 17:00 PM
Le 17 août 2008
Up & Down
La semaine qui vient de se terminer s’est vraiment scindée en deux parties. D’abord, une partie joyeuse, où j’ai profité du moment, où la joie était parfaite et intense. Tout allait bien, dans tous les domaines et même l’écriture débloquait !
Jusqu’à la soirée du mercredi, où j’avais invité plusieurs personnes à faire la fête dans ma cour arrière. J’ai bu beaucoup (trop) et j’ai perdu un peu le fil. Quand j’y repense, je peux dire que je me sentais vraiment très « zen » avec moi-même durant cette soirée. J’ai analysé trois personnes, les admirant tous en proclamant ma joie.
Le lendemain fut difficile. D’abord je me suis réveillé totalement dans les vapes et j’avais un surprise près des lèvres ; un ami feux-sauvage. Dès ce moment, tout s’est enclenché vers le down. J’ai vu mon chum le soir, lui annonçant que je comptais aller danser sur Tiesto à Québec. Chicane de couple. Chicane parce que j’ai osé dire que peut-être que j’allais prendre un « speed » pour réussir à rester éveillé toute la soirée.
Résultat ? Il m’a fait la gueule pendant près de 4 jours. Je déteste cette attitude, celle où je lui demande de foutre ses tripes sur la table, mais il me répond que tout est okay, alors que son visage dit autre chose. Ça me fatigue de toujours avoir à lui tirer les vers du nez. C’est épuisant.
Et évidemment, j’ai réussi à lui faire cracher le morceau juste avant qu’on arrive pour un souper dans ma famille. Ce ne fut pas plaisant. Ce qu’il m’a dit a été vraiment dur. Il m’a dit qu’il était résigné. Que ma parole ne valait rien et qu’il ne me faisait plus confiance. Tout ça sans aucun communication depuis quelques jours. Tout ça parce que, il y a quelques semaines, j’ai dis plusieurs fois que j’arrêtais totalement la drogue. Je parlais surtout de la fumette. Je ne consomme déjà plus rien d’autre ! Entk, je déteste quand il se fait des conclusions sans parler. Ça m’agresse. Bref, il m’a shooté ça en plein métro, juste avant d’arriver.
Le souper s’est passé relativement bien. Mais mon chum s’emmerde toujours. Et ça me fait sérieusement chier. Lorsque je suis dans sa famille, même si c’est parfois chiant, je ferme ma gueule et j’endure (pour la fin de semaine en plus). Lui, il voit ma famille à peine une petite soirée, et c’est l’emmerdement total. C’est sûr que je ne peux pas dire que c’était fantastique. C’est relativement plate. Hormis mes parents, passer du temps en famille ne m’a jamais vraiment faire tripper. Bref…
Retour à l’appartement. Il est toujours froid. Je commence à me poser des questions. Qu’est-ce que ça veut dire quand on se fait dire qu’on ne fait plus faire confiance ? Est-ce la fin du couple ? À voir son attitude, je me le demandais vraiment. Et tout ça, ça crée de la haine. Surtout que depuis 4 jours, on ne s’est pas embrassé du tout à cause de mon feu sauvage. C’est comme si on avait plus aucun contact intime. Je sens sa peur d’attraper mon truc. Ça ne me met pas bien dans ma peau, dans mon corps.
Alors qu’on se couche, il prend ma place dans le lit et me dis bonne nuit. Je ne réponds même plus. Je crois que c’est l’insulte suprême, qu’il cherche à me faire fâcher genre. Je me résigne aussi et je me couche. 30 minutes plus tard, il comprend qu’il n’est pas à sa place et on change de bord. Je me couche alors dans son dos, et je lui demande s’il m’aime encore. Il répond oui. Et je finis par abdiquer. Voilà. C’est ce que je fais pour tenter de régler les choses. Je lui dis que dans ce cas, je n’irai pas. Je ne sortirai pas. Je ne consommerai pas. Bye bye Tiesto.
Je ne sais pas trop quoi en penser. En même temps, je ne peux pas lui en vouloir. Il a raison, ma volonté n’est pas la meilleure au monde. Il m’a dit : « On s’est dit qu’il fallait arrêter la drogue. Il faut que quelqu’un mette son pied à terre et le fasse pour de bon. Ce ne sera surtout pas toi. Moi, la drogue, c’est fini. J’écarte ça de ma vie. Je ne veux plus en entendre parler, je ne veux plus fréquenter des gens dessus ou en lendemain de veille. » C’est donc clair. Et je sais qu’il ne dit pas ça à tout hasard.
Il faut aussi l’avouer. Je n’ai plus seize ans. Je n’ai plus l’excuse de l’expérience, de l’innocence ou de la naïveté. Je suppose qu’il est temps de dire au revoir à ma jeunesse, de la laisser partir avec ses vices et ses excès. Plus j’y pense, et plus je me dis que oui ; en effet, les raves, les pilules chimiques et les excès de substances ne sont plus pour moi. Je remercie mon chum… même s’il y avait des manières plus délicates de me le faire comprendre. Il m’a dit : « C’est tellement facile te manipuler. Ta cousine te manipule, tes amis te manipulent, moi je te manipule, et tu t’en rends toujours compte le dernier. » Eh bien chapeau ! Une petite voix à l’intérieur de moi me dit que je viens de me faire manipuler. Mais une autre voix s’impose et elle me dit que la manipulation a parfois du bon.
Morale de l’histoire ? Je sauve 120$, je garde mes oreilles en santé, je ne fatigue pas mon corps et je ne lui donne pas de substances artificiels. Bon dieu que je vais me saouler le soir du 30 août…
Maxime Collins, 17/08/08 19:00 PM
Le 13 août 2008
Déblocage littéraire
Ça ne fait qu'une semaine aujourd'hui que je n'ai plus d'emploi chez Desjardins, et je me sens revivre dans ma créativité littéraire. C'est fou ce qu'un travail peut être anihilant. J'avais beaucoup d'appréhensions au début: je dois terminer l'écriture de mon mémoire de création avant début septembre, c'était la date décidée avec ma directrice de mémoire. Compte tenu que je n'ai quasiment rien fait de l'été, j'avais vraiment peur du syndrome de la page blanche (ou du syndrome: je détruis tout ce que j'écris, car c'est trop nul!).
Cela a pris du temps, de nombreuses pages raturées, mais je crois que je recommence tranquillement à remonter à la surface. J'ai écris 15 pages en deux semaines. Je sais que la qualité ne se compte pas en nombre de pages (et qu'en restera-t-il au final de ces pages, on ne peut le savoir tout de suite), mais je dois avouer que je suis beaucoup plus satisfait qu'il y a quelques mois (j'angoisse tout de même de retourner sur le récit de Dana, que j'ai abandonné lâchement). Pour l'instant, je travaille au récit d'Éric, un gay amoureux de son meilleur ami. (Oui, je sais, ça n'a pas l'air original comme ça). Mais hier, pour la première fois en... 6 ans, j'ai écris une scène gay entre deux hommes. Torride. Je n'avais plus osé en écrire depuis les deux scènes qui prennent place dans le roman "Pile ou Face". Déjà, je me trouvais trop cru à cette époque. Évidemment, avec l'âge, on nuance, mais j'ai tout de même gardé un côté dépravé et brutal à la scène, quelque chose d'animal, d'instinctif... de naturel tient !
Voici comment mes journées se déroulent (une journée sur deux); Je me lève tôt, vers six heures, parfois sept. Je m'assoie devant mon ordinateur en déjeunant, je travaille un peu sur mon emploi de rédacteur publicitaire, puis soit je décide d'aller m'entrainer, soit je décide de faire de la rédaction (je ne peux malheureusement pas faire les deux dans une même journée, ça ne fonctionne juste pas. Mon cerveau est à off après un entraînement). Si j'écris, j'écris entre 3 et 5 heures. Puis je prends une pause. Je vaque aux autres occupations (ménage, épicerie, etc...), puis vers 17h, je reprends le texte (écrit à la main), et je le recopie à la machine, en changeant bien évidemment mille et un détails ! Je me couche complètement épuisé le soir, mais pour moi, la journée a été chargé et s'est bien fignolée.
Je me rends compte que depuis que j'ai recommencé à lire et à écrire, mes rêves s'emballent. Mon imagination a fait un bond immense. Je recommence à faire toute sorte de rêves complètement fou et complètement surréels. C'est magique et angoissant à la fois. Le cerveau travaille, c'est bon signe quand même.
Suis-je en retard de rédaction ? Un peu, on l'est toujours un peu. Mais je crois que je suis bien la route. Si tout se passe bien, je devrais être capable de remettre quelque chose (désigné comme un premier jet bien sûr).
Ma motivation ? Les gens autour de moi. C'est drôle parfois les signes de la vie, mais quand je suis en période d'écriture, j'obtiens toujours des révélations sur mes anciens écrits. Surtout des compliments. D'abord, le site nousvelles.com (j'y ai publié 2 nouvelles) et je reçois des commentaires fantastiques de gens passionnés. Motivant. Ensuite, une ancienne collègue de travail, qui me dit qu'elle a dévoré mes livres en une fin de semaine, qu'elle adore mon écriture, qu'elle me souhaite de vite connaître un éditeur au Québec (je me le souhaite aussi d'ailleurs). Puis un ami sur MSN, à qui j'ose faire lire un bout de texte (ma scène torride entre deux mecs) pour avoir ses commentaires. Il adore. Et il me fait rire. Il n'a même pas encore lu "X" et il croit que je tue le personnage d'Alex, parce que je n'utilise plus mon alter-égo "Alex" dans l'écriture. La trilogie est terminée hein !
Bref, je suis heureux. Heureux d'être de retour vers les études, vers les choses qui comptent pour moi. Présentement, je réussi à me débrouiller avec l'argent que j'ai. Certes, je ne vis pas dans le luxe et je ne fais pas des sorties par millier, mais je ne me prive pas, et je crois que c'est l'essentiel. Vive les déblocages littéraires !
Maxime Collins, 13/08/08 14:00 PM
Le 7 août 2008
Radiohead et les pucelles
Quand Radiohead vient à Montréal. Je ne les rate jamais. Pourtant, je ne suis plus aussi fan qu’avant. Jamais plus je ne dépenserai de l’argent pour aller les voir en Angleterre, comme j’ai fait quand même 2 fois ! S’ils passent à Montréal, tant mieux, j’y serai.
Reste qu’avec un show du genre. On n’est jamais content à 100%, mais je n’ai pas à chigner, parce que Saint-Antoine m’a entendu. Je crois sérieusement que j’ai un ange gardien au-dessus de ma tête. Je lui avais demandé qu’il cesse la pluie pour le show complet de Radiohead. Dieu qu’on y a goutté avant par contre !! Sérieux, c’était invivable ! Je plains les gens qui étaient là depuis le début de l’après-midi. En plus, j’ai eu la brillante idée d’aller pisser AVANT de m’installer. Je suis sorti des toilettes ; deux secondes, trempés ben raide ! On était tous mouillés malgré nos imperméables achetés au dollorama ! Le temps a été plutôt long, et évidemment, mes allers et venus vers les toilettes ont été continuel lol.
C’était très différent des ambiances antérieures. Le soleil y est pour beaucoup. Mais je n’ai rencontré presque personne. Et les discussions spontanées ne se sont produites que dans le métro, avant le show.
Mais bon, je continue avec Saint-Antoine ; il était bien présent, parce que je lui ai demandé fort fort que Radiohead joue « Fake Plastics Trees », la chanson qui m’avait fait fondre en larmes en 2001 au même endroit. Et elle fut jouée. Ma première réaction fut un court « Oh non ! », puis les larmes instantanées. J’ai eu deux grosses vagues. Entrecoupé de quelques images. Pas assez à mon goût. Mais il faut toujours « dealer » avec le chieur de côté ou la folle qui gueule à l’arrière. C’est ce qui me rend le plus triste avec Radiohead. L’agrandissement des foules. Le parc Jean-Drapeau était rempli de la butte au raz du stage. Une marrée de gens. Une marrée de gens avec des personnes vraiment idiotes, et beaucoup de pucelles. En fait, j’ai l’impression que le scénario est : « Papa ! Toutes mes amies, elles vont à Radiohead ! Moi aussi Moi aussi ! Je les connais pas mais c’est pas grave ». Et papa paie le billet, et voilà qu’une centaine de petites fillettes gueulent et crient comme des gamines qui laissent tremper leurs lèvres un peu trop longtemps dans leurs premières bières. Bref, on a dû changer de place (amen, parce que les fesses commençaient à souffrir énormément !). Mais une fois n’était pas assez. Je pense qu’on s’est déplacé trois fois avant de trouver un bon équilibre (qui pouvait chavirer n’importe quand !).
Bref… Ils ont joué « Optimistic » (belle surprise), l’autre chanson à laquelle je ne m’attendais vraiment pas a été « Like spinning plates » (bouché-bée). Ensuite j’étais heureux d’entendre « Reckoner », « All I need », « The Gloaming » était une belle surprise. J’ai quand même trouvé ça un peu trop « space » comme show. Et beaucoup trop de temps creux avec des trucs comme « Faust Arp », « Videotape », même « Nude » était un peu molle.
Mais bon, en général, c’est l’une de mes plus mauvaises expériences de concerts de Radiohead. Il y a bien sûr beaucoup de choses qui rentrent en ligne de compte. La setlist (pas d’exit music ou de « street spirits ». La foule (trop de gens, trop de cons et de drogués lol). Et l’emplacement : je n’ai jamais aimé le Parc Jean-Drapeau ; encore moins sous la pluie !
Et j’ai trouvé ça triste. Je me rends compte que j’ai encore des réticences à afficher mon homosexualité. J’avais juste envie de coller mon chum, mais je me retenais. Comme si j’avais peur de paraître déplacé devant d’autres gens. Je me dis qu’on ne sait jamais avec tout le monde qu’il y avait là… Bref. C’est un peu triste que je ressente encore ce genre d’angoisse, c’est comme un signe qui me dit que la société n’a malheureusement pas encore tout à fait accepté ça à 100%.
En tout cas. Là je suis crevé. Je suis officiellement en travail continu sur mon mémoire. Fini la job chez Desjardins. Je dois maintenant me concentrer à écrire. Et ça m’effraie. C’est fou comme la facilité du travail peut parfois nous éviter de penser aux choses « sérieuses » qui nous tiennent à cœur ; comme écrire finalement. En tout cas, je dois me bouger le cul. Au plus vite. Je suis énormément en retard. Ça semble être un syndrome de McGill assez fréquent lol.