Je reviens tout juste de voir Federico Aubele au Festival de Jazz de Montréal… deux fois de suite. Que de souvenirs sous ces mélodies mi-mélancoliques et mi-ensoleillées. Je revois la plage, le port, mon grand sac à dos du canada, la bière, la cigarette, une carte postale écrite à Catherine, pour lui dire que la vie ne pouvait pas être mieux rêvée, que la solitude ne pouvait pas être vécue d’une façon plus formidable.
C’est fou comme la musique nous fait revivre des moments passés. Qu’ils soient tristes ou joyeux, cela importe peu; le médium reste puissant, et chaque fois que j’entends « Diario de Viaje », je ne peux m’empêcher de penser à Port Bou, un petit coin de terre que j’aurai visité une heure ou deux, au milieu de nulle part, une ouverture sur la mer, une ouverture sur l’année d’exil que j’allais vivre.
Le roman achève. J’en suis à l’avant-dernière révision. Oui, ça parle d’exil, oui ça parle de séduction qui ne fonctionne pas, oui c’est triste et grave, mais en même temps, je me rends compte que c’était en plein ce que je voulais, que c’était en plein le sentiment que je voulais faire passer. Les souvenirs de jeunesse, les rires naïfs, ceux qui existaient avant l’alcool et les drogues. Bon Dieu que le temps file, que je vieillis et que je ne me demande plus assez où je m’en vais comme ça.
Oui, je roule sur l’or, je vis un luxe, celui de ne pas avoir à compter. Je termine un grand chapitre de ma vie bientôt (et je croise les doigts pour que tout se passe bien). Je ne connais pas la suite, non pas encore. J’ai été tenté un moment… par le Brésil. Un stage, de mars à juillet : allez donner des cours en français dans une université brésilienne. Mon chum n’est pas trop chaud à l’idée. Au lieu de prendre l’occasion d’en profiter et de me motiver, j’ai plutôt eu droit à un : « Je t’ai attendu pendant un an déjà, si tu repars, je ne crois pas que je vais réussir à être fidèle. » C’est honnête au moins. Et puis, je me suis questionné à nouveau un peu. J’ai envie de quoi exactement ? Aucune idée. Seulement de me sentir ailleurs, dépaysé, pour faire couler les mots, pour me forcer à écrire, encore et toujours.
J’ai terminé de corriger les copies pour le ministère. Des paies bien heureuses encore. Je recommence à donner des cours de français lundi prochain. J’ai maintenant plus de 90 employés à ma charge. La vie roule, le tout se déroule comme je l’aime, pour l’instant. Et ça me va. Je me rends compte que je n’ai pas encore besoin de m’exiler. Je sens que je laisse ça de côté, pour les moments où ça ira mal. Même si la fuite n’est pas la bonne solution, vivons les moments heureux qui se produisent sous mes yeux. Ce sont mes meilleures années qui se déroulent présentement. Profitons-en.
J’ai eu un petit problème de santé au Gym dernièrement. Trop « pusher » fort comme on dit. Étourdissements, nausées, respiration folle. Les propriétaires du Gym m’ont donné du sucre, m’ont fait respirer mieux. Reconnaissance. Je vois mon médecin de famille à la fin juillet. Faudrait bien que je pile sur mon orgueil, que je lui demande des conseils à propos de ma vessie qui ne peut se retenir plus de 15 minutes. J’ai des problèmes de filles. Toujours. Le poids, le poil, l’amour des hommes lol ! Et viens un moment où on s’en fou, où l’on se dit que ce n’est plus trop grave. Pourtant, je m’inquiète de ma santé tout de même. Toutes ces clopes fumées…
Je suis quand même fier de moi pour une chose. J’ai cessé de fumer de la drogue. Bientôt deux semaines déjà. Faire une croix. Même si le sexe est immensément bon, même si la musique me parle plus. Ça ne vaut pas les psychoses qui se développent de plus en plus. Je tente de ralentir le rythme de l’alcool aussi, mais je sais qu’en été, je suis plus volatile. C’est normal. Je crois. Chaque occasion est bonne pour boire. Quoique le soleil se fait plus rare ces temps-ci. Tant mieux pour le mémoire; mémoire qui se complète de plus en plus. J’en ai marre, mais en même temps, je sais très bien que je pourrais continuer à le travailler pendant des mois. Il y a toujours un mot, une explication, une coupure que l’on pourrait effectuer. Ma directrice de mémoire est enceinte; elle accouche fin juillet. Deadline obligatoire. Tant mieux. Je me demande quand même ce qui va m’arriver en août. Une entrevue dans un Cégep ? J’ai cette impression que je vais me planter direct. C’est triste d’avoir cette impression avant même d’avoir les résultats. Je devrais me pratiquer. En fait, il faut que je me pratique. À mieux parler. À A-R-T-I-C-U-L-E-R. Car c’est mon plus grand problème. Je marmonne, je marmonne tellement. Effet pervers des joints fumés à l’excès. J’aimerais retrouver le sens de la parole, de l’expression. Parler comme j’écris. C’est étrange, mais au contraire de plusieurs personnes, j’écris mieux que je parle.
Ma mère m’a confié qu’en faisant du ménage, elle avait mis une chaise haute de bébé à la poubelle, puis par culpabilité, elle était allée la rechercher. Culpabilité ? Pas sûr. C’est un appel aux enfants. Déjà. Je ne l’attendais pas si vite. Mais vous savez ce qu’on dit; après le chat… les enfants. Je ne suis pas prêt. Pas encore. Mais j’ai l’étrange impression que ça viendra. Weird.
Est-ce que je profite assez de mon été ? Je me le demande. Il est à peine commencé. On penserait même qu’il n’est pas là. Mon rythme de vie me convient. Ce que j’aime dans mes emplois, c’est que la plupart du temps, je peux décider des heures. Travailler un peu là, décider de décrocher quand je veux. Même ma job de prof ne sera pas trop pénible (enfin, je le souhaite !). C’est quand même seulement 3 cours par semaine. Rien à s’ouvrir le crâne et à hurler de fatigue. Mais bon, avec la job du net, le mémoire et la vie de couple; tout tire bien du jus.
Je pensais que j’allais réussir mon but cette semaine. Je le croyais vraiment. Dépasser 100$ par jour avec Internet. Mais non, toujours pas. J’ai promis à mon chum de l’amener manger au Tapeo quand ce serait fait. Pourquoi pas une bouteille de champagne avec ça ? Peut-être que je me fais trop d’illusion, peut-être que ça n’arrivera pas. Bah… si ça pouvait continuer sur cette même lancée, je ne me plaindrais pas du tout.
Je compte bien publier mon prochain roman. À compte d’auteur s’il le faut. Je m’en fou. Serez-vous du lancement ?